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La Vouivre

25. 9. 2017

La vouivre (ou wyverne/ vuivre / fête de la vivre/ « Biscione » ou « bissa » en patois milanais du latin vipera (« vipère »)...en héraldique, elle est aussi appelée guivre) est une créature fantastique mythologique. Elle prend la forme d'un dragon ou d'un serpent ailé, selon les traditions régionales ; souvent, elle est supposée porter une escarboucle sur le front  :

- Le village d'Equevillon dans le Jura: héraldique

- Le village de Mouthier, fiche didactisée ; l'histoire de Nicolas Morel dans : Contes et légendes de Franche-Comté - Jean Defrasne - Nathan - 1962 - D'après le texte mis en ligne sur le site de Nicolas Petit  http://npnet.chez.com

- Conclusion :  la folklorisation de l'histoire

- La "Coulobre" comme équivalent provençal de la "Vouivre"

- La Mélusine

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39 210 - EQUEVILLON
(Jura)

equevillon-39.jpg

(2011) D'argent à deux filets écotés de sinople passés en sautoir, cantonnés: en chef d'une vouivre au vol de dragon éployé de gueules, ayant pour unique oeil une escarboucle de même rayonnante d'or reliée à sa tête par un appendice de gueules; à dextre, d'un filet en bande brochant sur un filet en barre, écotés et cantonnés en chef, à senestre et en pointe de trois feuilles, leur pétiole mouvant de la pointe de leur quartier, le tout de sinople; à senestre, aussi d'un filet en bande brochant sur un filet en barre, écotés et cantonnés en chef, à dextre et en pointe de trois feuilles, leur pétiole mouvant de la pointe de leur quartier, le tout de sinople; en pointe, d'un fanum octogonal de gueules ouvert et ajouré d'or, sur un mont de sinople mouvant de la pointe.



Devise: « toujours fidèle au Mont Rivel ».

 

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Le village de Mouthier-Haute-Pierre

Le village de Mouthier, dans le Doubs, le long de la vallée de la Loue sert de décor à l'histoire de Nicolas Morel dans : Contes et légendes de Franche-Comté - Jean Defrasne - Nathan - 1962 - D'après le texte mis en ligne sur le site de Nicolas Petit  http://npnet.chez.com

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C'était la fin d'une belle journée d'automne. La vallée entrait peu à peu dans l'ombre, l'air devenait plus frais, un brouillard léger courait sur la Loue. Nicolas Morel rentrait au village de Mouthier, dont il apercevait déjà les maisons aux longs toits en pente, tassées comme des tortues sous leur carapace.

mouthier2.jpg

C'était un curieux petit homme, maigre comme un sarment (rameau de vigne d’un an) avec un visage anguleux, où brillaient des yeux vifs. Il était un peu voûté car en bon vigneron il ne ménageait pas sa peine. Il fallait voir avec quel soin il piochait entre les ceps (le pied de la vigne, le tronc de l’arbuste) ou remontait à la hotte la terre emportée par les eaux. On le savait laborieux, solide, tenace, mais on lui reprochait un défaut grave : le désir immodéré des richesses, défaut que l'on appelle la cupidité et dont il était le premier à souffrir, car il n'était jamais satisfait de ses gains.

Avec l'amour de l'argent, son autre passion - celle-là bien innocente - état la pêche et, dès qu'il avait un moment, oubliant travail et soucis, il courait pêcher des truites moucheté, au vif reflet d'argent. Il connaissait à fond les endroits de la rivière où le poisson aime à se tapir sous une pierre, à se glisser furtif sous un bouquet d'herbes. Il était patient, opiniâtre, habile à ruser avec l'animal frétillant.

Nicolas revenait justement ce soir-là des gorges de Nouailles et il rapportait quelques belles pièces. Il marchait à grands pas, quand il aperçut dans le ciel noir un trait lumineux, glissant à vive allure, une longue traînée brillante.

- Mon Dieu, se dit-il, c'est «Elle».

Car il savait bien que son vol dans la nuit ressemble à une étoile filante. Bouleversé par cette apparition, il se mit à courir à toutes jambes. Arrivé chez lui, il reprit son souffle, donna à manger à ses bêtes, but un verre de rosé et sortit. Il gagna une des dernières maisons du village.

 

 

texte : http://npnet.chez.com/25/culture/lavouivre.htm

d'après Contes et légendes de Franche-Comté - Jean Defrasne - Nathan - 1962

image : http://www.cartesfrance.fr/carte-france-ville/25415_Mouthier-Haute-Pierre.html

 

***

 

 

I – Compréhension. Répondez aux questions suivantes :

- Où ? Les lieux de l’action, etc.:

- Quand ? La saison, l’époque, etc.:

- Qui ? Le personnage, sa description, ses qualités, ses défauts, etc.:

- Quoi ? Le bestiaire: les animaux aquatiques, les phénomènes luminueux:

II – Lexique. Décrire la personnalité, retrouvez les „contraires“ :

1-Un homme maigre

a-Impatient

2-Laborieux

b-Fragile, faible

3-Solide

c-Éteints, sombres

4-Patient

d-Généreux

5-Cupide

e-Rond

6-Satisfait

f-Impatient

7-Un visage anguleux

g-Fainéant

8-Des yeux vifs

h-Gros, bien portant, bien en chair

III – Le travail de Nicolas Morel:

Les lieux

les outils

les verbes

les plantes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IV – La passion de Nicolas Morel:

Les lieux

les outils

les verbes

les animaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

V – La vision de Nicolas Morel:

Les noms /prénoms personnels

Les adjectifs

 

 

 

 

 

 

 

 

VI - à quoi se prépare-t-il, imaginez la suite ?

***

La veillée

Nicolas allait à la veillée chez les Chapuis. A cette époque - on était au début du XIXe siècle - l'usage voulait que l'on se rendit volontiers l'un chez l'autre pendant toute la morte saison. On se retrouvait entre amis après le souper et les veillées réchauffaient la fraternité paysanne. Quand Nicolas arriva, il y avait trois familles réunies autour du feu : les Chapuis, les Parrot, les Faivre. Les hommes, tout en devisant, égrenaient du maïs ; les femmes papotaient en filant de la laine ou en teillant du chanvre. On parlait du temps, des récoltes du vin de l'année ou de quelque ragot du village. Deux des enfants de Chapuis : Tiénette, âgée de quinze ans et Jeannot, un gaillard de onze ans, triaient de l'orge, en retirant la nielle.
- Bonsoir la compagnie, fit Nicolas à son entrée.
Et il vint s'asseoir à côté des hommes sur le banc. On lui demanda si la pêche avait été bonne et il expliqua ce qu'il avait pris, mais avec moins de détail qu'à l'ordinaire. Il paraissait gêné, comme s'il avait envie d'avouer quelque chose ; il semblait hésitant, inquiet.
- Dites donc, père Chapuis, fit-il soudain, croyez-vous à la Vouivre ?
Le mot magique amena un grand silence, car la Vouivre était en Comté, et à Mouthier surtout, un être mystérieux et terrible, que l'on ne nommait pas sans frisson. Le père Chapuis, un homme déjà âgé, large et solide comme un de ces rochers qui surplombent la vallée, répondit sans hésiter.
- Oui, mon garçon, et fou qui n'y croit pas.
- C'est que, dit Nicolas, d'un ton peu rassuré, en rentrant des gorges de Nouailles, je l'ai vue ce soir, avec son oeil...
- Mais c'est impossible, intervint Parrot, il y a longtemps, très longtemps qu'elle a quitté le pays.
- Alors, elle y est revenue, fit le père Chapuis.
Les femmes écoutaient, tout en continuant leur ouvrage ; les enfants s'approchaient, curieux. La Vouivre ! Chaque fois qu'il en avait été question jusque-là à la veillée, on avait par un accord tacite évité d'insister. Chacun craignait, en la nommant, de lui donner une réalité, de provoquer son apparition soudaine ; mais, ce soir, il en allait tout autrement. Puisque Nicolas l'avait vue, il fallait savoir ce qu'elle était vraiment et les enfants que l'on autorisait assez peu d'ordinaire à se mêler aux conversations avaient eux-aussi le droit de connaître la menace qui pesait sur Mouthier. Oui, il fallait savoir.

***

- Oh! papa, fit Jeannot, dites-nous comment elle est ?
- C'est vrai, ajouta Tiénette, on sait juste que c'est un serpent.
- Mes enfants, reprit Chapuis, je vais vous dire ce qu'on sait d'elle. C'est un serpent, oui, mais d'une taille extraordinaire, avec une cuirasse d'écailles, une gueule rouge, une langue effilée et aussi des ailes de chauve-souris noires et larges.
- Mais où habite-t-elle ? demanda Jeannot.
- Elle gîte sans doute dans une grotte ou dans les ruines d'un château. On dit qu'elle garde des trésors et c'est possible. Il paraît que des seigneurs ont essayé de s'en emparer et qu'ils ont lutté contre elle comme l'archange Saint Michel contre le Dragon. En tout cas, ils n'ont certainement pas réussi à la tuer.
- Est-ce qu'on peut la voir, intervint Tiénette, quand on sort ?
- Non. De jour, elle reste dans son trou. Mais dès que la nuit tombe, elle prend son vol et l'oeil unique qu'elle porte au front jette une vive lueur.
- Oui, précisa Nicolas, une lueur rapide aux reflets rouges. C'est cela que j'ai vu ce soir et il n'y a pas à s'y tromper.
- Cet oeil, déclara Faivre sentencieusement, voilà la merveille.
- Comment cela ? demandèrent les enfants.
- En effet, reprit Chapuis, l'oeil de la Vouivre est une pierre précieuse, une escarboucle d'une valeur extraordinaire.
- Qu'est-ce qu'une escarboucle ? interrogea Tiénette.
- C'est une pierre rouge, répondit Nicolas, un rubis scintillant. Celui qui pourra s'en saisir possédera une immense fortune...
- Mais ce n'est pas facile, dit Chapuis. Il faut profiter du moment où la Vouivre va baigner son corps souple dans les eaux fraîches ; elle laisse alors son oeil sur le bord, dans la mousse.
- Et elle est méchante ?
Chapuis hocha la tête d'un signe affirmatif, mais Parrot, qui jusque-là s'était contenté d'écouter, osa affirmer résolument.
- On a bien sûr exagéré. On dit qu'elle commandait à tous les serpents du pays et qu'elle était la cause de tous les maux là où elle passait. Elle existe peut-être, mais elle ne doit pas avoir toute la puissance qu'on lui prête.
- Avec elle, répliqua Chapuis, sait-on jamais !
- Et d'où vient-elle ? demanda Tiénette.
- Bah! répondit Chapuis embarassé, ma foi, je n'en sais rien.
Mais sa femme, délaissant un moment son rouet, intervint :
- Moi, je connais là-dessus une vieille histoire.

***

L’histoire de Madame Chapuis

« Il y avait autrefois au château de Vadans, dans le Jura, un riche et puissant seigneur qui partit à la guerre et mourut au combat. Sa veuve s'appelait Merluzine. Elle était jeune et jolie, mais son coeur était dur comme la pierre. Malgré son deuil, elle invita au château toute la noblesse de la région et donna des fêtes magnifiques, où elle montra toute sa vanité, son goût du luxe et du plaisir.

Un jour, elle revenait d'une chasse en forêt, fière de la beauté de sa meute de chiens. En traversant un village, les manants s'inclinaient sur son passage quand une très vieille dame lui demanda l'aumône. Elle la repoussa violemment :

- Arrière mendiante, ou je te fais frapper par mes soldats.

Quand elle arriva au château, elle avait déjà oublié l'incident, tant sa dureté de coeur était normale. On lui annonça alors qu'une grande dame désirait lui parler. Elle la reçut très cordialement et lui offrit l'hospitalité. Elle lui fit servir pain, vin et viande de gibier.

- J'ai vu, dit la dame, à la porte du château, une vieille femme du village. Elle a l'air misérable et je voudrais lui porter un peu de nourriture que vous m'avez offerte.

- A quoi bon ! répondit Merluzine. Ne vous abaissez point à considérer ces gens-là.

- Pourtant, noble dame, protesta courtoisement l'invitée, il faut bien aimer nos frères en Jésus-Christ.

- Les aimer ! fit Merluzine indignée, Mais vous n'y pensez pas !

- Ne pouvons-nous au moins les aider ? Ce n'est point vice que la misère.

- S'ils sont pauvres, qu'ils le restent, et s'ils ne peuvent vivre, qu'ils meurent !

Quand Merluzine finit sa phrase, qui montrait toute sa cruauté, son invitée - une fée puissante - prononça ces mots terribles :

- Merluzine, tu as été trop longtemps sans pitié pour les pauvres. Tu ne mérites pas ta richesse, dont tu fais si mauvais usage. Tu seras aussi basse que ton âme. Tu deviendras d’abord un serpent et tu ramperas cent ans dans les fossés du château. Ensuite, tu deviendras une vouivre pour toujours.»

- C'est ainsi, voyez-vous, mes enfants, que la Vouivre a été punie pour sa dureté d'âme, mais si elle a changé de peau, elle n'a point changé de nature.

Il y eut un moment de silence, comme toujours à la fin d'une belle légende. Chapuis pensait aux chiens de meute, Parrot à la misère des paysans, Nicolas à l'escarboucle dont il évaluait le prix.

L’univers du moyen-âge : retrouvez les définitions correctes

1 – Un château

A – Haut personnage féodal possédant une terre

2 – Un seigneur

B- Paysan, vilain, habitant d’un village

3- La noblesse

C- D’une manière raffinée, avec civilité

4 – Un manant

D- Demeure féodale fortifiée, défendue par un fossé, des murailles et des tours

5 - Courtoisement

E- Être légendaire, féminin, capable de magie

6 – Une fée

F- Traque des animaux pour les capturer ou les abattre

7 – La guerre

G- Lutte armée entre deux belligérants

8 – La chasse

H- Classe sociale de la chevalerie et des métiers d’armes

 

***

L’histoire de François Dole

Chapuis ramena de la cave une bouteille de vin, sa femme alla chercher une tarte au fromage et des beignets. Tiénette mit les verres et de fit passer le café - un privilège réservé aux femmes -. Tout le monde commença à manger. Mais les enfants pensaient toujours à la Vouivre :

- Existe-t-il une ou plusieurs Vouivres, demanda Tiénette ?

- On ne sait pas, répondit Parrot. Quand je roulais autrefois sur les routes du pays, j'en ai entendu parler dans bien des endroits à Arlay, à Dramelay, à Cicon, à Cubry, à Mouthe aussi. Il y en a sans doute plusieurs.

- Ce n'est pas sûr, répliqua Chapuis, c'est peut-être la même qui change de repaire.

- Voila pourquoi nous n'en avons pas entendu parler depuis si longtemps, ajouta sa femme.

- Et personne n'a jamais pu la tuer ? demanda Jeannot.

- On a bien essayé, reprit Faivre, mais c’est un adversaire très dangereux qui a bien vite fait de dévorer un homme. Bien sûr, il y en a qui se sont vantés de lui avoir tenu tête, mais beaucoup devaient être comme ce François Dole, dont on parle dans le pays de ma femme. François était un brave garçon mais s'était un fanfaron. Un jour, il décida de tuer la Vouivre, qui se cachait dans le ruines du château de Montrond. Il alla partout raconter son projet et, quand on lui dit de faire attention au danger, il se mettait à rire :

- N'ayez pas peur. Qu'elle vienne seulement. Je lui casse la tête avec ma pioche.

Il partit et quand il arriva dans les ruines du château, il entendit un sifflement.

- Diable ! se dit-il, c’est elle ?

Malgré la peur, il continua à avancer, mais d'un pas moins assuré. Tout d'un coup, il se trouva devant le monstre, beaucoup plus grand et beaucoup plus fort que François Dole ne l'avait imaginé. Il ne pensa plus à le tuer. Il se sauva à toutes jambes en faisant tourner sa pioche autour de sa tête. L'animal sifflait derrière lui. Ah! il n'était pas fier, le François !

Il réussit à s'échapper. Mais quand il fut rentré au village et qu'il s’eut calmé , il déclara dans une fanfaronnade :

- Ah! si vous aviez vu comme elle a eu peur. Dommage qu'elle se soit sauvée, car je l'aurais tuée avec ma pioche.

*

Retrouvez la définition du vocabulaire :

Lexique

Définition

A : Un sifflement

  1. S’opposer, résister, ne pas céder, ne pas reculer face à quelqu’un

B : Une pioche

  1. Tirer orgueil, vanité de quelque chose, en être fier

C : Tenir tête

  1. Pièce située en sous-sol des immeubles d'habitation et servant à conserver du vin, à ranger des produits divers, etc.

D : Se vanter

  1. Son aigu et prolongé que peuvent produire certains animaux

E : Un beignet

  1. Outil formé d'un fer allongé, aux extrémités pointues ou tranchantes, solidement emmanché, servant à creuser, à défoncer, etc.

F : Une tarte au fromage

  1. Mets ou entremets composé de viandes, légumes, fruits, poissons, enrobés de pâte à frire et passés ensuite à la friture chaude.

G : Une cave

  1. En France, ce plat existe dans de nombreuses variantes régionales comme le tourteau fromager du Poitou avec sa forme bombée et sa croûte noire caractéristiques, le käskùche lorrain aussi connu sous le nom de tarte au me'gin, ou le käseküeche Alsacien.

 

L’histoire de Nicolas Morel

 

Nicolas avait quitté la maison des Chapuis. La veillée était terminée. Les enfants étaient allés se coucher avec une certaine angoisse. La nuit était claire et la lune brillait au milieu des étoiles.

Nicolas pensait à la Vouivre.

- Certes, il y a des dangers, mais celui qui possédera l'escarboucle sera riche, très riche... Et si c'était moi, je n'aurais plus à peiner dans les vignes, je serais considéré, puissant... Est-ce si difficile de prendre l'oeil du monstre, pendant qu'il nage  ? Il suffit de faire vite, comme pour attraper une truite...

Nicolas, toujours pensif, était arrivé devant chez lui  ; mais il n'entra pas. Il retourna vers la Loue, là où il espérait retrouver la Vouivre. Sa cupidité l'attirait par une force irrésistible vers la rivière, là où il verrait l'escarboucle qu’il convoitait.

Bientôt, il reconnu le trait de feu et, la Vouivre, après avoir déposé son oeil sur la rive, se laissa ………. dans l'eau. Nicolas put voir l'escarboucle à quelques pas devant lui. Elle était bien telle qu'on l'avait décrite, grosse et ronde comme la tête d'un petit enfant, avec des facettes scintillantes. Nicolas avança lentement la main. Il resserra ses doigts sur le joyau et le cacha sous sa blouse, puis il s'enfuit.

La Vouivre avait senti qu'il se passait quelque chose d'anormal  ; elle retourna vite sur la rive et, ne retrouvant pas son oeil, elle poussa un cri terrible. Nicolas, en s'enfuyant à toutes jambes, pensait en lui-même  :

- Tu peux toujours crier, c’est moi qui l'ai ton oeil,maintenant. Maintenant je suis riche...

Soudain des milliers de serpents, répondant aux appels de leur reine, se lancèrent à la poursuite du voleur. Il en sortait de partout, des ………… de terre, des ………….et des …………… et ils poussaient des ………………. aigus qui bourdonnaient aux oreilles de Nicolas  :

- …………..-le, ………………..-le... A mort le voleur  !

Les reptiles ne ………………….. plus, ils semblaient voler.

Nicolas courait, tombait, se relevait, retombait. L'escarboucle lui semblait aussi lourde qu’une boule de plomb. Il finit par la lâcher, espérant calmer les serpents. Mais ils restaient derrière lui. Quand Nicolas arriva à la première maison du village, il se crut sauvé... mais il tomba une dernière fois sur le sol… épuisé.

C'est là qu'on le trouva au lever du soleil. On l'amena chez lui. Dans la matinée, toujours terrorisé, il raconta son histoire. Puis il délira, il voyait des serpents et des rubis. A midi, il mourut.

Au creux de sa main droite, on voyait deux petits trous bleuâtres laissés par les …………….. des serpents.

Le lexique du serpent : retrouvez les définitions et complétez le texte :

Une motte

A- Se déplacer d'un mouvement uniforme et continu sur une surface lisse

Ramper

B- Percer la peau de quelqu'un, d'un animal avec quelque chose de pointu

Glisser

C- En parlant de certains animaux (reptiles, vers, gastropodes, etc.), progresser par reptation, c'est-à-dire par des mouvements divers du corps qui prend appui par sa face ventrale ou inférieure.

Un sifflement

D- Bloc ou masse constituant la matière des roches et des rochers

Piquer

E- Dent des serpents venimeux

Une pierre

F- Masse de terre plus ou moins volumineuse, détachée du sol par un instrument de labour (charrue, bêche, etc.) et gardant une certaine cohésion. Masse de beurre pour la vente au détail. Masse de terre prête à être mise sur le tour du potier.

Un crochet

G- Planter ses dents dans quelque chose

Une souche

H- Son aigu et prolongé que peuvent produire certains animaux.

Mordre

I- Organe de la vue

Un oeil

J- Partie d'un arbre qui reste en terre quand l'arbre a été coupé au ras du sol

 

***

 

Conclusion :  la folklorisation de l'histoire.

La fonction de la légende de la Vouivre est de refouler un passé historique en le couvrant d'un voile mythologique/folklorique.

S'échanger des mots d'oiseaux.

Cette locution sert d'exemple à la définition de l'insulte comme une négation de l'humanité de l'autre, il n'est plus un humain, juste un animal emplumé...

La Vouivre est aussi un animal plein d'écailles, il déshumanise le nouvel étranger et depuis 1328 le transforme en objet mythologique, gomme son existence des narrations historiques au pays de Nicolas Morel, ces régions de Saint Maurice et de la colonne thébaine, là où l'implatation des Sarrasins et des autres Africains a sans doute été autant massive que tardive.

Il en demeure de nombreuses traces.

Toponymiques et / ou héraldiques,

le massif des Maures , Maureville, Morville, Maurecourt, Mauremont, Maurens, Le Cannet des Maures, etc,

Corse (et Sardaigne / Aragon) - Altagène, Argiusta-Moriccio, Sartène , Azilone-Ampaza, Cauro, Corte , Vico...

Sur le continent : Adast, Lascazères, Layrisse, Louey, Madiran, Sadournin, Soublecause ( Hautes-Pyrénées) Morancé (Rhône) - Moret  sur Loing (Seine et Marne) - Castelsarrasin (Occitannie), Avenches (Suisse), le famille Pasquier de Franclieu, la famille Le Normand De Bretteville, famille Musquinet de Beaupré,  baron Leclerc des Essarts, famille Etcheverry, César Berthier, le pape Pie VII, famille Boixo de Meritens, Bourrée de Corberon, famille Abbé, famille Elliot, comtes Minto, famille Allard, Villemaur-sur-Vanne (Aube, Troye), Haussignémont (Marne), Tilques (Pas de Calais), Richemont (Lorraine), La Jonchère-Saint-Maurice (Haute-Vienne), Martignat (Ain), Fouquières-les-Béthunes (Pas-de-Calais), Vémars (Val-d'Oise), Barisey-au-Plain (Meurthe et Moselle), Vaux-Marquenneville (Somme), Moirans en Montagne (Jura), La Rochette (Seine et Marne), Marault (Aude), Maizeroy (Moselle), Thoiry (Yvelinnes)

Une légende veut qu'Ottone Visconti, alors commandant dans la croisade de 1187, prit ce symbole sur l'étendard d'un Sarrasin qu'il avait vaincu. Il rapporta ce trophée à Milan qui devint l'un des symboles de la ville, sous le nom de « Biscione » ou « bissa » en patois milanais qui est la traduction de « vipère ».

Dans les temps reculés, il y eut sans aucun doute en France, en de nombreux endroits, de culte à la Terre-Mère dont le serpent est l'attribut. Certains, comme à Longpont-sur-Orge ou à Montmorillon, furent des lieux de culte à Isis. (Dissertation sur les Parisii ou Parisiens, et sur le culte d'Isis chez les Gaulois. Jean Nicolas Déal. 1826  / Temples d'Isis de Rome)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vouivre#cite_ref-1

Architecturales : Les tours sarrasines (Bozel,  Savoie),

Culturelles / la gastronomie : Les galettes de sarrasin , les morilles, le couscous comme plat national.

Littéraires (copie du 15ème d'un original datant peut-être du 12 ou 13ème) :

Roman d'Aquin

La conqueste de la Bretaigne armoricque

par le roy Charlemaigne

Cy ensuit le discours d'une conqueste du royaulme de Bretaigne Armoricque, faicte par le preux Charlemaigne roy de France, avant son coronement à l'empire environ dix ou douze ans, contre un roy sarazin nommé Acquin qui  habvaoit possédé le dit réaulme par l'espace de XXXans.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k81586s/f132.image

 

Louis le Pieux, successeur de Charlemagne,entreprend également de conquérir la Bretagne, une note de Wikipédia faisant référence au travaux de Joël Cornette, semble entendre, prétextant le camouflage nocture, que les chevaliers bretons étaient noirs :

"Attaquant souvent de nuit, les troupes bretonnes teignent en noir leurs habits et leurs boucliers..."

https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Bretagne#cite_note-86

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"la Coulobre" comme équivalent provençal de la "Vouivre" :

1- Admission au minima du facteur africain comme racine de la culture européenne :

Lingots et pierres précieuses enfouis par les Sarrasins

En Provence, les animaux gardent aussi des trésors. Ainsi en est-il de la chèvre d'or.

Il existe de nombreuses versions de la légende de la "cabro d'or", et autant de grottes devant lesquelles elle aurait été aperçue, gardant des lingots et des pierres précieuses que les Sarrasins auraient enfouis vers l'an 980, avant de quitter la région, après deux siècles d'occupation. On la retrouve à Saint- Rémy-de-Provence, où elle campe au sommet du mausolée des Antiques, gardienne du trésor d'Abd al-Rahman, mais aussi à Laudun-l'Ardoise, dans le Gard, veillant sur les richesses d'Hannibal, "roi des Sarrasins d'Afrique".

https://www.lexpress.fr/tendances/voyage/provence-mythes-et-legendes_1708605.html

2- Fabrication d'une narrative albinos pour effacer l'antériorité de la présence africaine et non nicéenne en Europe:

A Fontaine-de-Vaucluse, c'est une salamandre géante et ailée qui créa autrefois un vent de panique parmi les habitants des alentours. Surnommée "la Coulobre" (du latin coluber (couleuvre), variantes couloubre, colobrice, colobrix ou cobraz), elle vivait sous un rocher recouvert par les eaux de la Sorgue et égorgeait hommes et animaux qui avaient le malheur de passer à proximité de son logis. Saint Véran affronte la bête immonde, la terrasse, avant de la catapulter dans les Alpes. "Les exemples d'expulsions de bêtes maléfiques sont légion en Provence, confirme Elisabeth Bousquet-Duquesne. Quand l'une d'elles est évincée, les habitants érigent souvent une chapelle sur le lieu où elle a frappé, pour signifier la victoire du christianisme." 

https://www.lexpress.fr/tendances/voyage/provence-mythes-et-legendes_1708605.html

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Mélusine en son bain, épiée par son époux
Roman de Mélusine par Jean d'Arras. Manuscrit enluminé, XVe siècle.
Bibliothèque nationale de France, Manuscrits.
© Bibliothèque nationale de France

 

Jan d'Arras compila l'histoire de Mélusine à partir de récits folkloriques variés.
Sur commande, il promouvait l’idée d’une origine commune et surnaturelle aux familles Lusigan, Valois et Luxembourg unifiées face à l’ennemi commun ottoman.

(d'après : https://cs.wikipedia.org/wiki/Meluz%C3%ADna_(mytologie)#Pozad%C3%AD_vzniku_p%C5%99%C3%ADb%C4%9Bhu

 

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Première mise en ligne : 25. 9. 2017

Dernière mise à jour : 6. 4. 2018

 

 

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