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La défense de l'héritage culturel comme obstacle épistémologique

27. 7. 2016

 

Napoléon a ramené l'obélisque de la Concorde !

Les perles des profs et des autres dissidents

Vidéo : Henri Guillemin sur Bonaparte : Le Sphinx avec moi !

 

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Juillet 2016

 

A l'époque du baccalauréat, l'un des marronniers favori de la presse est une rubrique qu'on appelle "les perles du bac", et qui présente au lecteur, toujours avide de trouver plus idiot que soi, les énormités, les absurdités, les bêtises en tous genres résultant des souvenirs désordonnés des pauvres têtes blondes soumises à la torture de la question.

Un site internet s'en est même fait une spécialité : http://www.perlesdubac.fr/

Que de jeunes esprits, en état de stress puissent se mélanger les pinceaux au mauvais moment, on peut bien en sourire...mais que les professeurs assènent leurs contre-vérités tout en refusant systématiquement de reconnaitre leurs erreurs, alors que ces erreurs qu'on enseigne à corriger, devraient constituer les briques même du processus de construction de la connaissance, voila qu'en les ignorant, qu'en refusant de les admettre, on empêche tout simplement l'apprentissage. Ce refus, manifesté individuellement par les enseignants, résulte directement de la formation actuelle des "pédagogues", héritée de la politique mise en place par la restauration de 1815.

Dans ma carrière d'élève, j'ai eu la chance de subir les cours d'un prof. de géographie qui nous affirmait que Genève était la capitale de la Suisse, ou encore ceux d'un prof. d'histoire qui nous expliquait le choc psychologique considérable provoqué par la victoire des Japonais en Birmanie en 1942, première victoire de "Jaunes" sur des "Blancs". A l'époque j'avais déjà lu La Corée en feu de Jack London, et la victoire des "Jaunes" Japonais sur les "Blancs" Russes lors de la guerre de 1905 ne m'avait pas totalement échappé !

Je me souviens aussi de ce prof. d'allemand, féru de propagande gaulliste et adepte de la mythologie nationaliste, qui voulait a tout prix nous convaincre que la France avait gagné la Guerre en 1940. Sans doute pensait-il 1945. Mais cela ne change pas grand-chose à l'affaire. Après avoir perdu une première fois en 1940 contre l'Allemagne, la France perdit une seconde fois en 1944 contre les Américains. Cette seconde défaite fût d'ailleurs bien plus couteuse en vies humaines que la première...

Je passerai sans les développer les éternels et très partisans Jérusalem capitale d'Israël, les médiévaux de la Terre plate, ou les cognitivistes de la théorie du complot.

Il faudrait se demander si l'atteinte manifeste à l'autorité, un enseignant devant son public "perdant la face", serait une explication suffisante au refus obstiné d'admettre l'erreur.

C'est dans l'étude de l'intimité de ce "refus" que nait la notion "d'obstacle" épistémologique (dans le cadre scolaire, on peut le nommer "obstacle pédagogique.")

Il arrive que l'enracinement psychologique des conditionnements soit si profond, que la démonstration par le discours ne suffise plus à faire percevoir l'erreur.

Un collègue de la région, parangon de sérieux au travail, enseigne depuis 20 ans la préposition ''au-dessous." Après m'être demandé d'où lui était venue cette cocasserie locale, Je finis par m'apercevoir, qu'en tant que très bon apprenant, mon collègue utilisait, et utilisera jusqu'à sa retraite, la variante employée dans les dictionnaires bilingues du pays, la première qu'il apprît à l'école.

Ici l'erreur ne résulte pas uniquement d'un "més-apprentissage" individuel, elle possède aussi un enracinement dans la psychologie collective. Elle se transmet de génération en génération. Elle devient une partie d'un héritage culturel.

La revendication de cet héritage culturel, quand il s'agit de le défendre, impose à  l'individu un comportement issu d'un niveau d'une telle profondeur dans l'histoire du développement psychologique, qu'il reste totalement hors d'atteinte des évènements issus des niveaux cognitifs supérieurs comme celle de la démonstration logique...ou même empirique !

Au refus de comprendre, s'ajoute le refus d'entendre, de voir, d'observer. Quand dans l'histoire, ce "refus" adopte les formes fournies par l'appareil cognito-discursif, il devient une inquisition, chargée de la défense à tout prix d'un dogme.

Ce recours au ressort psychologique, pour expliquer la défense acharnée du dogme, permettra de se dispenser d'imaginer un grand complot, c'est à dire une action coordonnée de légions de comploteurs. On pourra donc rassurer les archéologues qui se retrouvent sur l'excellent et passionnant  forum http://fr.soc.histoire.antique.narkive.com quand ils abordent le problème de la localisation d'Alésia

Bien sûr que le site choisi par Napoléon III, entérinant la tradition littéraire inaugurée par la traduction de la Guerre des Gaules par Robert Gaguin en 1485, relève de l'ineptie topologique. Comment expliquer cette inquisition académique sans imaginer de cabale :

" Tout cela est fort convainquant, même si l'hypothèse du "grand complot" m'a toujours un peu énervé et me donne, sinon des aigreurs, au moins un a-priori défavorable ... Allez savoir pourquoi ?" Neopolis

http://fr.soc.histoire.antique.narkive.com/uNsnWh1o/alesia-n-interesse-plus-personne-suite

 

Même s'il donne l'occasion de laisser libre-cours à leur cynisme aux royalistes, monarchistes, papistes et autres fripouilles du pouvoir et du mensonge, le mythe de la localisation d'Alésia en Bourgogne n'en reste pas moins une pièce essentielle de la perception de soi du citoyen de la République française d'aujourd'hui. C'est autour de ce mythe, culturellement acquis, que les Français auront construit leur identité. Être Français n'exige pas qu'on ait des ancêtres qui auraient vécu ce mythe. Puisqu'il il s'agit d'un mythe, personne ne l'a réellement vécu. Être Français, c'est se soumettre à l'autorité de ceux qui entretiennent le mythe. Devenir membre d'une nation, avant même que de participer à tout projet national, c'est faire vivre les mythes nationaux, éternels obstacles à la liberté des individus et des peuples.

Le candidat à la présidence de feue la République, Nicolas Sarkozy ne pourrait pas mieux résumer la situation :

«Ça veut dire qu'il y a un roman national, que ce roman national ce n'est pas forcément la vérité historique dans son détail mais c'est un roman national peuplé de héros qui ont fait la France, et quand on est fils d'un hongrois ou fils d'un algérien et que vous arrivez en France, on ne vous apprend pas l'histoire de la Hongrie ou de l'Algérie, on vous apprend l'histoire de France!»

http://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/primaires-droite/2016/09/21/35004-20160921ARTFIG00036-nos-ancetres-les-gaulois-nicolas-sarkozy-repond-a-la-polemique.php

Pour en revenir à la localisation d'Alésia, pour que la comparaison entre Charles VIII et Jules César soit pertinente, il a fallu que le moine Gaguin déplace le lieu de l'ultime victoire d'une bonne centaine de kilomètres plus à l'ouest, du bon côté de la frontière imaginaire de la France éternelle.

Le problème du refus de réformer l'orthographe française s'explique exactement de la même façon. Être français, c'est aussi écrire en français !

Nous connaissons tous un grand professeur de linguistique, un romancier, un historien, ou un joueur de football se référant à un Que sais-je ? de Nina Catach pour expliquer que l'orthographe française ne serait pas réformable.

Aujourd'hui une telle mauvaise foi peut tout simplement s'assimiler à du négationnisme, c'est à dire à un refus d'observer une réalité évidente et de nier son existence.

En effet l'orthographe réformée, l'orthographe raisonnée qui suit le principe phonologique fondamental associant un et un seul signe écrit à chaque son de la langue parlée, cette orthographe existe déjà. Elle s'est largement répandue dans la société française et chez une grande partie des locuteurs depuis les années Minitel. Elle trouve toujours son application dans les échanges sur internet et les SMS, on l'appelle communément la cyberlangue.

Cette affirmation de l'impossibilité logique d'un objet, existant déjà physiquement par ailleurs, ne constitue-t-elle pas un parfait exemple de la "double pensée" de George Orwell?

Une dernière perle, qui m'a donné l'idée de ce post, et que je viens d'entendre sur les ondes de Meta.tv : l'obélisque de la Concorde.

Celle-ci relève de la ré-écriture mythologique de l'histoire qui veut faire passer les vessies pour des lanternes et les défaites pour des victoires.

Pour tenter de nous faire croire que Bonaparte (qui n'était pas encore Napoléon à l'époque) aurait vaincu en Egypte, on nous raconte qu'il en aurait ramené, en signe de triomphe, un des obélisques de Louxor, trônant désormais sur la place de la Concorde, entre le jardin des Tuileries et les Champs-Elysées, faisant face à la Chambre des Députés.

Henri Guillemin rappelle clairement que le bandit Bonaparte, ce déserteur, avait abandonné son armée en Egypte, d'où il n'avait ramené..qu'une cuisante défaite :

 

Le sphinx avec moi !

Ajoutée le 8 sept. 2012 par Alain Berger

 

Le dictionnaire nous apprends que :

C'est Méhémet Ali, vice-roi d'Égypte, en signe de bonne entente qui, à l'instigation du baron Taylor puis de Jean-François Champollion, offre à Charles X et la France au début de 1830 les deux obélisques érigés devant le temple de Louxor

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ob%C3%A9lisque_de_Louxor

 

 

C'est en 1836 que l'obélisque fût finalement érigé à Paris...soit 15 ans après la mort de Nabot Léon!!

Que les mythes soient servis par les plus fidèles larbins de l'éducation nazionale fossoyeurs de l'instruction publique...gangrenée de verbiages sur la contradiction

rien d'étonnant...

mais imaginez ma surprise d'attendre les "dissidents" de la toile nous servir la même soupe indigeste...

A partir de 15min 51 :

Ajoutée le 9 juin 2016 par Meta TV

 

...et vous comprendrez pourquoi je suis parti à la pêche à la ligne sous le beau soleil d'été :-)

 

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Dernière mise à jour : 21/09/2016

 

 

 

 

 

 

 

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