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Le pendule de l’histoire de la d.l.e.

Un regard épistémologique porté sur la didactique des langues étrangères (DLE) entraîne nécessairement à s’interroger sur la valeur rationnelle de l’objet de cette discipline.

La DLE constitue-t-elle un champ scientifique, capable de modéliser la réalité extra-subjective qu’elle étudie, ou se contente-t-elle de vagues métaphores, incapable d’évoquer d’autres réalités que celles de son propre discours ?

Une de ces métaphores pourrait être celle du pendule de l’histoire à propos duquel les avis des historiens divergent. D’après Wilfried Decoo « L’image traditionnelle du pendule est appropriée. » (DECOO, 2001)1; au contraire Christian Puren estime que cette image ne peut mettre en branle qu’une « sorte de vaine agitation. » ( PUREN:1988,393)

Mais avant de décrire le mouvement pendulaire de l'histoire des méthodologies, comme ma grille d’analyse se voudrait de nature bachelardienne, ma première question portera sur l’existence d’une conscience historique chez les acteurs contemporains de la DLE.2 Quels sont les éléments qui la fondent en rationalité ? Sous quelle forme les auteurs décident-ils de représenter cette histoire et comment la modélisent-ils ? Quelles sont les implications de ces représentations ? Pour finir, je chercherai la valeur et l'origine de la représentation des phénomènes par une oscillation pendulaire.

 

I. La place de l’histoire de la DLE dans la cité scientifique

Les chercheurs en DLE affichent-ils dans leur démarche une prise en compte historique ? Les avis des historiens ne concordent non plus sur ce point :

  • alors que C. Puren suppose que « l’accélération brutale, au cours des trente dernières années de l’évolution de cette discipline…tend à imposer à tous ses acteurs contemporains la perspective historique comme une composante première de leur propre existence individuelle » (PUREN, 1988:395);

  • au contraire W. Decoo constate « un manque de cours universitaires sur l’histoire des méthodes…et encore pire, si jamais on vous en donne un aperçu, c’est toujours une image limitée et fausse du passé. » (DECOO, 2001)3

Je souligne dans ces trop longues citations l’aspect de l’idée de W.Decoo s’opposant aux conclusions de C.Puren. Comment décider ?

 

Un premier argument consiste à décrire l’histoire de la DLE comme une discipline constituée de chercheurs coopérant au sein d’un système social auto contrôlé : la cité scientifique, ainsi nommée par Bachelard. Elle se compose d’un certain nombre de citoyens-chercheurs réunis librement au sein d’une assemblée universitaire, parfois dans le cadre d’un colloque, garantissant la scientificité des résultats publiés. La valeur rationnelle de la connaissance est donc normative. Les catégories de la pensée scientifique se construisent au travers de la coopération des acteurs de la discipline qui forment « une union des travailleurs de la preuve. » (BACHELARD, 1951 : 56) Et à la condition que ceux-ci n’échangent pas des « arguments », mais des « renseignements. » (BACHELARD, 1951 :1), alors la science échappe au vain discours de la métaphysique dogmatique.

Puisqu’il y a des historiens de la DLE, Decoo, Puren… et une pratique sociale garantissant l’intercompréhension des renseignements échangés, je suppose avec C. Puren l’existence d’une image rationnelle de l’histoire de la DLE et je vérifie cette supposition en donnant corps à cette image. C’est à dire une forme permettant à l’intersubjectivité des chercheurs de se construire.

Pour conclure cette partie sur la cité scientifique, je noterai enfin que justement avec la représentation pendulaire, la nécessité du changement de méthodologie s’impose par force de gravitation pendulaire. Le progrès des connaissances est alors doté d’un dynamisme interne. La responsabilité essentielle en revient aux chercheurs de la DLE.

 

II. Les divergences des modélisations historiques

Voila comment Wilfrid Decoo présente l’histoire des méthodologies: « Les méthodes directes à peu près de 1880 à 1910, les méthodes éclectiques de 1910 à 1940, l’audio-oralisme de 1940 à 1970, avec un court retour de principes cognitivistes dans la dizaine d’années autour de 1970, les méthodes communicatives depuis le début des années septante jusqu'au milieu des années nonante, les méthodes post-communicatives depuis lors » (DECOO, 2001)4

Il est possible de représenter simplement ce résumé de W. Decoo sous la forme d’une chronologie approximative.

 

-5000

5 

 

1880-1900 1910-25 1940-50 1970-5 1995

Traditionnelle

directe

éclectique

A-O/SGAV

comm.

éclectique

 

   

De son côté, Christian Puren défend que « la méthodologie des documents authentiques, le travail sur les actes de paroles ou encore la pédagogie par groupes restreints sont insérés progressivement dans les cours audiovisuels de la troisième génération. » (PUREN, 1988 :353).

Ainsi, par ces trois critères qui forment le noyau dur des approches communicatives, successeurs par opposition de la méthode béhavioriste et structurale et dénommée par W. Decoo, à l’instar d’Henri Besse, méthode « cognitive et communicative » (BESSE, 1985 :45)6, n’apparaissent que comme simple réformisme pour C. Puren. On peut alors déduire des ces travaux une seconde chronologie légèrement différente.

 

- 5000  1880-1900  1910-25 1940-50  1990

Traditionnelle

 directe

éclectique

  A-O/SGAV

 éclectique

 

De toutes les époques historiques mises en exergue par ces deux chronologies, seules les premières font l’objet d’un consensus. Les légères variations résultent d’une différence dans la géographie des terrains d’étude:

  • pour W. Decoo anglo-saxon et davantage axé sur les pratiques universitaires,

  • francophone et mettant l’accent sur l’évolution des circulaires ministérielles en France pour C. Puren.

Après la période structurale, les frontières historiques deviennent floues. L’éclectisme de l’un est le communicatif, voire post-communicatif, de l’autre. Il y a flottement d’un auteur à l’autre.

Le modèle historique de C. Puren présente une méthodologie SGAV se dissolvant en éclectisme sans passé par la phase communicative. Et même si la conclusion de l’évolution historique est semblable dans les deux modèles (l’éclectisme ou post-communicativisme), le second a tendance à gommer la rythmique pendulaire.

 

III. Le pendule comme imaginaire rationnel

En isolant un paramètre particulier caractérisant des méthodologies, on peut en fait facilement visualiser le mouvement pendulaire des idées en DLE. Je reprends le critère besoin langagier dont l’importance au cours de l’histoire est analysée par Robert Galisson (GALISSON, 1980 :20) et que je présente dans un tableau marquant une estimation de la présence (+) et de l’absence (-).

 

Critère : besoin langagier

traditionnelle

 directe  éclectique MAO-SGAV

comm.

Présence --- + - + +++

 

Le paramètre choisi marque effectivement une présence intermittente. Il est soit remis en cause ou davantage développer d’une époque à l’autre. Cette alternance rappelle bien le mouvement régulier d’un pendule.

Cependant le choix d’un paramètre particulier est déterminant. Tous ne donnent par cette impression d’existence alternée. Par exemple, avec le « mouvement post-communicatif émergent de nouveaux mots-clé, tel que processus orienté, holistique, tâches cognitives de plus haut niveau, constructivisme… » (DECOO, 2001)7 En choisissant d'observer le caractère "holistique" des méthodes, j’obtiens donc la table de présence suivante :

 

Holistique       - - -       - - -       - - -       - - -       + + +

Dans ce cas l’image pendulaire est totale absente de la chronologie. En fait la catégorie rationnelle, affranchie de l’empirisme, isole elle-même le paramètre en le créant sans jamais ne l’avoir observé auparavant. Elle construit des métaphores descriptives de l’objet.

Mais le statut métaphorique des représentations n’exclut sans doute pas systématiquement le caractère rationnel de l'événement qu'il désigne.

En histoire des sciences, on peut par exemple remarquer que le pauvre mot "spin" de l’anglais ne vise pas une rotation réelle tel que la fournissent les catégories empiriques. « Il est frappant d’ailleurs que les auteurs français aient gardé ce mot en anglais comme s’ils voulaient laisser aux intuitifs la responsabilité de leur imagerie. » (BACHELARD, 1934 :135) Peu importe, mathématiciens anglophones et francophones travaillent avec les mêmes équations de Dirac et n’accordent qu’une valeur pragmatique de communication aux métaphores du langage commun.

Je vais donc pour finir chercher à évaluer la métaphore du pendule.

 

IV. La valeur explicative de l’image pendulaire

Bien que suspectes, les métaphores n’en sont pas moins utiles. Elles peuvent même faire preuve d’une certaine positivité. Elles autorisent en effet l’historien a prendre le risque de prédire une évolution possible, prouvant la confiance du chercheur en ces modèles rationnels.

Ainsi Wilfrid Decoo n’hésite pas à décrire l’étape de 2010 qui assistera à l’avènement d’une nouvelle méthodologie. Comme à chaque fois les critiques porteront sur les options mises en avant par la méthodologie précédente : trop d’importance accordée au travail d’initiative personnelle, mauvaise évaluation des habitudes scolaires des élèves, traduction et grammaire systématique et progressive trop délaissées. Les nouvelles tendances auront un petit air de déjà vu : retour de l’importance de la production écrite, un langage non plus conçu comme une fin en soi mais comme moyen d’atteindre des objectifs de formation générale.

Outre sa valeur de prédictibilité, l’image du pendule possède un avantage supplémentaire.

L’image du pendule évoque aussi un processus empirique d’un apprentissage par essai-erreur. Un principe phare d’une époque est corrigé après expérimentation dans les classes. Ces affinages successifs correspondent à une vision particulière d’un développement des connaissances se construisant autour du concept d’approximation.

 

V Critique de l'image du pendule

Pourtant certains historiens de la DLE, à l’instar de Christian Puren, jugent sévèrement cette image du pendule ou du balancier dans laquelle on ne pourrait que déceler « une figuration en définitive fort pessimiste de la marche de l’histoire, comparée ainsi à une sorte de vaine agitation sur place.  » (PUREN, 1988 :393). En citant les travaux de Michel Candelier, C. Puren évoque aussi l’image de progression en spirale qu'il emprunte  à la philosophie de l'histoire de Hegel. En définitive, il accorde sa préférence à la représentation du progrès des connaissances par l’image du déplacement. Les étapes se distinguant les unes des autres dans l’histoire en posant de nouveaux problèmes (PUREN, 1988 :393).

Cette idée de déplacement se précise plus justement dans la conception classique de l’histoire des sciences : le décentrement. En évoquant la relation entretenue par la mécanique newtonienne et la relativité einsteinienne, Gaston Bachelard conclut que « l'astronomie de Newton est donc finalement un cas particulier de la Pan Astronomie d'Einstein, comme la géométrie d'Euclide est un cas particulier de la Pan Géométrie de Lobatchewski. » (BACHELARD, 1934:46). En progressant, la connaissance fait du général d’hier le particulier d’aujourd’hui.

En DLE cette conception est également défendue par Robert Galisson puisque si « la compétence de communication [se situe] à la fois dans le champ du linguistique et de l’extra-linguistique » (GALISSON, 1980:21), il faut bien conclure que la notion de forme linguistique est un cas particulier de la notion plus générale d'acte de parole, que le "dire" n'est qu'un cas particulier du "faire"8.

Dès lors on n’a pas seulement affaire à un modèle d’approximation par excentration, mais par synthèse englobante de l’ancien par le nouveau, par élargissement du champ du réel ouvert par les nouvelles théories.

Dans ce cas l’impression de régression dans les pratiques de classe, le mouvement de retour en arrière ou de piétinement sur place engendré par l’oscillation pendulaire, le fait que d’anciennes coutumes, qu’on croyait définitivement enterrées, ressurgissent à l’avènement d’une nouvelle théorie, pourrait justement venir du fait de la décentration. En changeant mon corps de référence (O ou O') dans lequel je mesure mon objet, il apparaîtra successivement positivement ou négativement. Le modèle de décentrement peut donc bien expliquer l’impression de retour en arrière de la périhélie de la planète didactique.

http://asy.marris.fr/asymptote/Changement_Repere/fig_aa01_030308_deux_reperes.png

B est positif dans le repère O mais négatif dans le repère O'

Source image :http://asy.marris.fr/asymptote/Changement_Repere/fig_aa01_030308_deux_reperes.png

 

VI L’image du pendule comme catégorie phylogénétique de la perception

 

Si l’image pendulaire fait preuve de tant de faiblesses, on peut se demander quelle force subjective l’a imposée dans la pensée des auteurs. Loin de revêtir un caractère objectif, elle s’ancrerait davantage du côté des habitudes de penser. Qu’est-ce qui dans la psychologie intime du sujet peut expliquer cette forme spécifique des phénomènes historiques ?

Une question pertinente de Wilfrid Decoo éclaire justement d’un jour nouveau, cette problématique des liens unissant les citoyens de la cité : « combien de temps dure l’oscillation du pendule»9 La réponse donnée « entre 20 et 30 ans »10 devient particulièrement significative quand cette espérance de vie de la théorie est comprise comme « la vie professionnelle de ses défenseurs » (Decoo :2001)11. Le terme de défenseur d’une théorie, renvoie à une conception combattante de l’argumentation scientifique qui n’impose ses résultats qu’après les avoir soumis au feu de la critique. Bien que par la suite elle échappera à tout droit d’auteur, au moment de son élaboration, l’auteur défend sa théorie comme le propriétaire son territoire.

Or Konrad Lorenz dans son Histoire naturelle du mal fournit un certain nombre de descriptions des rapports de force qu’entretiennent les individus d’une même espèce. L’image de l’oscillation pendulaire est bien présente comme caractéristique d’un processus à autorégulation dont le déroulement est retardé (LORENZ, 1969 : 42)

Ce processus de délimitation des territoires entre deux individus se retrouve au niveau des luttes entre les théories scientifiques. A la page 321 de L'envers du miroir, le fondateur de l'éthologie précise :"ainsi que nous l'apprend l'histoire des sciences naturelles, le domaine d'application d'un nouveau principe explicatif a presque toujours été surestimé par celui qui l'a découvert." Cette première étape de la découverte est suivie par "une récusation excessive." Ce sont les disciples, qui par esprit d'analyse permettront "d'amortir l'oscillation et de ramener les choses à leur juste milieu."

On en arrive a conclure que ce mouvement pendulaire est caractéristique d'une fonction cognitive sociale puisqu'elle est "caractéristique de la société humaine" (LORENZ, 1975: 321)

 

Conclusion

Si le mouvement pendulaire  semble apparaitre dans la description générale des méthodologies, il est en revanche tout à fait possible de faire disparaitre cette image d'oscillation en étudiant un paramètre isolé.

D'autre part, certaines disparitions apparentes peuvent s'expliquer par le changement du corps d'analyse et par le fait que le phénomène observé à une époque soit devenu un cas particulier d'un phénomène plus général à l'époque suivante. Se fondant dans une catégorie plus large, il pourra donner l'impression de sa disparition.

Pourtant, malgré les difficultés qu'elle présente lorsqu'on tente d'en donner une description concrète, l'oscillation pendulaire dans le domaine des théories, autant que dans celui des pratiques de classes correspondant sans doute plus au simple aller et retour entre l'essai et l'erreur qu'on cherche à corriger, trouve de profondes racines dans le domaine de l'évolution des comportements.

Une question qui n'a pas été abordé dans ce court article reste en suspend. Il s'agit de la question de la continuité de l'évolution implicitement contenu dans la description oscillatoire. Faudrait-il lui préférer une description discontinue contenue dans la notion de "rupture épistémologique" de Gaston Bachelard ?

 

 

 

Notes:

1The traditional image of the pendulum is appropriate.

2 La priorité de cette question se justifie car pour Bachelard, s’appuyant sur l’exemple de la découverte de Louis de Broglie, les révolutions scientifiques sont des synthèses historiques (Bachelard, 1951: 23)

3 A lack of academic courses in the history of methods… Even worse, if a short historical overview is given, it is often the limited and false picture of a past.

4.Direct methods roughly from 1880 to 1910, eclectic methods from 1910 to 1940, audio-lingualism from 1940 to 1970, with a short cognitive-code reaction in the decade around 1970, communicative methods from the early seventies to the mid-nineties, post-communicative methods since then.

5 Les Akkadiens organisèrent le premier enseignement systématique d’une langue étrangère: le sumérien. Voir GERMAIN, Claude. Evolution de l’enseignement des langues : 5000 ans d’histoire. Paris: Clé international, 1993.

6 Cité par Decoo

7 Post-communicative movement is emerging with new keywords, terms such as process-oriented, holistic, higher-order, constructivism…

8 AUSTIN, J-L. Quand dire c'est faire.

9 How long does one swing of the pendulum take ?

10 20 to 30 years seem an average.

11 The professional lifespan of the advocates.

 

Bibliographie

  1. BACHELARD, Gaston. L’activité rationaliste de la physique contemporaine. Paris: P.U.F, 1951. 223s. ISBN B0000DL70V

  2. BACHELARD, Gaston. Le nouvel esprit scientifique. Paris: P.U.F, 1934. ISBN 2130542492

  3. BESSE, Henri. Méthodes et pratiques des manuels de langue. Paris: Didier; Saint-Cloud: Ecole normale supérieure de Saint-Cloud, Centre de recherche et d'étude pour la diffusion du français, 1985. ISBN 2278036807

  4. BOURDIEU, Pierre. Questions de sociologie. Paris: Les éditions de minuit, 1984. ISBN 2707318256

  5. DECOO, Wilfried. On the mortality of language learning methods [online]. Antwerpen : R&D in Technology Enhanced Language Learning, Teaching and Testing, 2001 [cit. 31. srpna 2005]. Dostupný z WWW: < http://www.didascalia.be/mortality.htm#_Toc532274101 >.

  6. GALISSON, Robert. D’hier à aujourd’hui la didactique générale des langues étrangères. Du structuralisme au fonctionnalisme. Paris: Cle international, 1980. ISBN 2-19-033256-7

  7. GERMAIN, Claude. Evolution de l’enseignement des langues : 5000 ans d’histoire. Paris: Clé international, 1993. ISBN 2-19-033353.9

  8. LORENZ, Konrad. L’agression : une histoire naturelle du mal. Paris: Flammarion, 1993. ISBN 2080810200

  9. LORENZ, Konrad. L'envers du miroir. Paris Flammarion, 1975.  ISBN 2081238594

  10. PUREN, Christian. Histoire des méthodologies de l'enseignement des langues. Paris: Clé International, 1988. ISBN 2.19.033266.4

  11. AUSTIN, J-L. Quand dire c'est faire. Trad. Gilles Lane. Paris: Seuil, 1991. ISBN 978-2020125697

 

 

Dernière mise à jour : 24/08/2016

 

 

 

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