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Du Rex Francorum au roi de France II

Roman national et documents sigillaires. Les Plantagenêts Rex Franciae

https://www.fr-tul.cz/clanky/recherches---publications/du-rex-fracorum-au-roi-de-france-ii.html

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Du Rex Francorum au Roi de France III

Roman national et documents sigillaires. Louis XIII devient Roy de France

 

1633, année terrible !

pour Charles de l'Aubespine et la Lorraine !

 

Si Edouard III Plantagenêt aura probablement été le premier Rex Franciae (en latin), le premier Roi de France (en français) n'aura jamais été, contrairement à ce que prétend une légende tenace,  Philippe Auguste.

Il semble alors plus prudent de considérer que, sur le continent, le changement de titre se soit effectué beaucoup plus tardivement que 1222, date de la mort de Philippe II Auguste.

L'hypothèse -Louis IX (Saint Louis), évoquée par Claudette Beaune, ne trouve sa confirmation ni dans la légende du sceau, ni dans celle de la monnaie royale (notamment l'écu d'or frappé en 1266) qui font usage du canonique DEI GRATIA FRANCORUM REX (depuis1056 et Henri Ier)

 

premier_sceau_de_majeste_de_louis_ix_detoure.png

LUDOVICUS DEI GRATIA FRANCORUM REX 

Pour expliquer cette erreur de Claudette Beaune, il faut sans doute se référer à cette remarque de Louis Carolus-Barré (1976) qui constate qu'à l'époque de Louis IX, de rares actes adressés à des administrations territoriales du nord-est de Paris, ou les traités diplomatiques adressés aux Plantagenêts, sont rédigés en langue vulgaire et le Roy de France n'y apparait que comme traduction de Francorum Rex :

Dans cet ensemble rédigé en langue latine, il m'est arrivé [...] de trouver quelques actes en langue vulgaire [...] mais le texte de ces divers documents est conservé seulement en copie, et l'on n'a pas de mal à déceler qu'il s'agit de traductions faites sur des originaux rédigés en latin.

https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1976_num_120_1_13222

On peut également tenter d'expliquer la confusion de Claudette Beaune en remarquant que :

La première monnaie d’or royale française du Bas Moyen Âge est l’écu d’or de Louis IX, frappé en 1270.

Yves Coativy. Les représentations monétaires des rois de France. 2019

https://books.openedition.org/pur/126582?lang=fr#bodyftn1

L'inventaire établi par Natalis de Wailly et publié en 1843, tout comme la base numérique des sceaux (http://www.sigilla.org)

Natalis de Wailly. Sur une collection de sceaux des rois et des reines de France.. In: Bibliothèque de l'école des chartes. 1843, tome 4. pp. 484-485.

doi : 10.3406/bec.1843.451718
https://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1843_num_4_1_451718
Consulté le 31 août 2020

 

- Inventaires et documents - Collection des sceaux. Douët d'Arcq. 1863

https://books.google.cz

démontrent sans ambigüités que, ce titre de  Francorum Rex, dont il est  encore fait mention par le sceau royal jusqu’en 1633 (ou 1617 d'après Douët d'Arcq), ne sera définitivement abandonné que par Louis XIII (1601-1643).

Fondateur de la Raison d'état, du Corps du Roy et de l'Absolutisme - simplement défini par l'Ordonnance du 15 janvier 1629, apportant une réponse "définitive" aux doléances des Etats généraux (convoqués par la régente Marie de Médicis en 1614), jusqu'à leur ultime convocation en mai 1789 -.

Louis XIII passe aussi pour l'une des figures les plus énigmatiques de la royauté française...

https://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-xiii/

... il est néanmoins reconnu comme fin stratège politique, spécialiste des coups d'Etat:

 Louis XIII organise un coup d'État, le  (appelé « un coup de majesté »13), en faisant assassiner Concino Concini par le marquis de Vitry. Prenant le pouvoir, il exile la reine-mère au château de Blois

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_de_M%C3%A9dicis#cite_ref-13

En se basant sur l'inventaire de Douët d'Arcq, on peut formuler la première hypothèse que le Louis devint le nouveau Roy, dans les faits et dans le titre, à partir de 1617.

La journée des Dupes désigne les événements des dimanche 10 et lundi 11 novembre 1630 au cours desquels le roi de France Louis XIII réitère contre toute attente sa confiance à son ministre Richelieu, élimine ses adversaires politiques et contraint la reine-mère Marie de Médicis à l'exil.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9e_des_Dupes

On s'aperçoit rapidement que la tradition commune manifeste une nette tendance à rendre cette figure royale mystérieuse...voire invisible.

Un article de franceculture.fr, retraçant l'historique de l'évolution de la langue française vers sa forme standard actuelle, ne pourra faire l'impasse sur la création de l'Académie Française, dont la mission était de créer une nouvelle norme:

Le français, comme langue écrite, est mis en place à partir du XVIIe siècle, avec la création notamment en 1635 de l’Académie française, chargée d’élaborer une langue normative, une langue de pouvoir.

On "oubliera" simplement de citer le roi à l'origine de la création de l'Académie. L'image d'illustration mettra en avant le fils:

Gravure représentant Louis XIV recevant en 1694 les membres de l'Académie française

https://www.franceculture.fr/sociologie/glottophobie-comment-le-francais-sans-accent-est-devenu-la-norme

Il est cependant indispensable de remarquer à quel point il est difficile de trouver une documentation iconographique adéquate concernant Louis XIII. A ce jour, je n'ai trouvé aucune représentation de bonne qualité de ses sceaux, même s'il existe quelques photos, la légende est pratiquement totalement illisible. L'illustrateur de France Culture s'est très certainement heurté aux mêmes difficultés et s'est résolu à utiliser une gravure du fils en guise d'approximation.

La narrative contemporaine commune lui préfèrera son ministre, Richelieu, qui accapare toutes les attentions de la mémoire historique.

Une autre figure, pourtant fondamentale au sein du cabinet de Louis XIII, brille également par son absence dans certaines mémoires de la narrative (mais, il n'est pas le seul, Claude Mangot et Méry de Vic seront, eux aussi, oubliés de la liste des gardes des sceaux établie par le ministère de la justice!).

Charles de l'Aubespine, héroïque Garde des Sceaux... 

Dans une lettre à Jacques Dupuy, datée du 2 avril 1633, l’éditeur des Epistolae ad Gallos (Hugo Grotius), Claude Sarrau, fit disparaître les noms de Charles de L’Aubespine, marquis de Châteauneuf...

https://www.cairn.info/revue-dix-septieme-siecle-2002-4-page-725.htm

Claude (sic.) de Laubespine, marquis de Châteauneuf, eut les sceaux le 14 novembre 1630 qui lui furent ôtés le 25 février 1633 avec la liberté.

Jean-Joseph Expilly. Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, Volume 6. Liste des Chanceliers et des Gardes-Sceaux de France. 1770Page 698. 

https://books.google.cz/

...dont le destin romanesque ferait pâlir d'envie l'imagination d'un Stendhal, restera tout autant absent de le connaissance commune des dictionnaires...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Garde_des_sceaux_de_France#Sous_l'Ancien_R%C3%A9gime

https://fr.wikipedia.org/wiki/1633

...que des articles des spécialistes.

En effet, quand Daniel Gallet - Guerne publie en 1969 une synthèse des confiscations royales de 1629 à 1641 et qu'elle présente les membres de la Chambre chargée de rendre des arrêts de confiscations des biens et des personnes, elle n'oublie certes pas de citer Charles de l'Aubespine. Mais elle mentionne ce dernier seulement en tant que "chef du conseil du cabinet de la reine", et sûrement pas en tant que Garde des sceaux. Elle oublie tout autant de remarquer que Charles de l'Aubespine ne peut siéger à cette commission après le 25 février 1633.  Cet oubli est d'autant plus surprenant que l'auteur prend soin d'indiquer la limite des périodes, durant lesquelles les autres conseillers siégèrent à la commission.

Daniel Gallet - Guerne. Page 332, note 2 en bas de page:https://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1969_num_127_2_449835

 

Louis XIII a d'abord été sacré roi des Francs en 1610:

Louis XIII. LUDOVICVS XIII DEI GRATIA FRANCOR"Vm REX Au contre-sceau, l'écu de France, timbré d'une couronne et supporté par deux anges assis. 1616.

https://www.persee.fr/docAsPDF/bec_0373-6237_1843_num_4_1_451718.pdf

 

Ce problème du changement de sceaux sous Louis XIII, plonge dans l'embarras, inconsciemment (?), les sigillographes professionnels et académiques de sigilla.org. Alors que les sceaux de la première époque sont parfaitement décrits...

 I - [1612 - 1627]

Le roi est assis sur un trône, sous un pavillon fleurdelisé dont deux anges écartent les courtines. Ses pieds reposent sur deux lions couchés dos à dos sur une estrade. Il porte une couronne sommée d’une fleur de lis et un manteau. De la main droite il tient un sceptre terminé par une fleur de lis et de la gauche une main de justice. Un cartouche situé à ses pieds porte la date de 1610.

louis-xiii-de-france---rex.jpg

Légende théorique: 
[LVD]OVICVS XIII [DEI GRA]CIA (un point) FRANCORV[M REX]
Langue de la légende: latin

http://www.sigilla.org/fr/sgdb/sceau-type/12864

... les sceaux de la seconde époque (dont la datation diffère de celle établie par Natalis de Wailly) pourraient passer pour des objets non identifiés par les observateurs. Ces derniers, malgré toute leur compétence, restent victimes d'un inconscient historique non psychanalysé, les poussant à confondre le latin et le français !
 
II - [1621 - 1628]
 
louisxiiifr.jpg
LOUIS XIII PAR LA GRACE DIEU ROY DE FRANCE ET DE NAVARRE
 
 
Le roi est assis sur un trône, sous un pavillon fleurdelisé dont deux anges écartent les courtines. Il porte une couronne sommée d’une fleur de lis et un manteau. De la main droite il tient un sceptre terminé par une fleur de lis et de la gauche une longue main de justice. (Les deux lions ont disparu ?)
 
Légende théorique: […] DIEV (un point) RO[…]
Langue de la légende: latin (sic !)
http://www.sigilla.org/fr/sgdb/sceau-type/12865

 

D'une manière générale, la précision dans le processus de catégorisation ne semble pas être le premier souci des rédacteurs de Sigilla.org, (tout comme le premier Louis XIII, François Ier, FRANCORVM . REX, y est aussi référencé comme Roi de France...

Déterminer la date du changement, Roi des Francs / Roi de France tel qu'elle apparait dans la catégorisation employée par Sigilla.org, et employée par la connaissance générale du langage commun, relèverait d'une psychanalyse de la connaissance historique. La page de la liste des Rois de France montre Robert II "le Pieux", sacré en 997 comme premier Roi de France, alors que son père Hugues Capet, fondateur de la dynastie est toujours référencé en tant que Roi des Francs:

Roi des Francs (Mérovingiens et Carolingiens + Hugues Capet)

http://www.sigilla.org/roi-francs-170

Roi de France (Capétiens - Hugues Capet)

http://www.sigilla.org/roi-france-15018

Depuis François Eudes de Mézeray, les grands spécialistes manifestent également une certaine "désinvolture" dans l'usage de ces catégories.

J. Le Goff, Pour un autre moyen âge. tel/Gallimard.1977. P.308., résume le début d'une nouvelle en latin rédigée entre 1185 - 1193 par un moine, Walter Map, résidant à la cour du Roi d'Angleterre. Le manuscrit raconte l'histoire du héros Henno, qui porte secours à "une jeune fille rescapée d'un naufrage d'un navire qui la conduisait vers le Roi de France qu'elle devait épouser." Si l'original contenait effectivement la catégorie de Rex Franciae, son authenticité en deviendrait douteuse. Du moins, la transcription en français montre un usage non problématisé de la catégorie, un usage sans précision, trop large, "désinvolte"...un usage d'autant plus désinvolte qu'il ne respecte pas l'expression originale (regi Francorum) de l'édition de 1914 à laquelle se réfère J. Le Goff : M.R. James, Oxford, 1914, p. 175 - consultable en ligne sur l'indispensable et salutaire archive.org :

https://archive.org/details/waltermapdenugis00mapwuoft/page/n217/mode/2up?q=Henno)

On observe la même désinvolture dans l'article de Charles Petit-Dutaillis, Études sur le « Registrum Veterius » et la date de quelques actes de Philippe-Auguste  (1938). Alors que toutes les citations des documents étudiés mentionnent le canonique Francorum Rex, Charles Petit-Dutaillis évoque systématiquement le Roi de France.

 

L'inventaire de Natalis de Wailly (qui permet de déterminer que la névrose historique était moins prononcée au XIXème siècle) nous donne une légende complète :

Louis XIII. LOVIS XIII PAR LA GRACE DE DIEV ROY DE FRANCE
et de Navarre. Dans le bas du sceau on lit : 1633.

https://www.persee.fr/docAsPDF/bec_0373-6237_1843_num_4_1_451718.pdf

 
Le site HeraldicAmerica ne manque pas de confirmer la nouveauté de la langue :
 
pour la première fois en français sur un sceau royal LOUIS XIII PAR LA GRACE DE DIEU ROI DE FRANCE.


http://pages.infinit.net/cerame/heraldicamerica/etudes/louis13.htm

***

 

Quels documents viendraient soutenir l'idée d'une existence du titre de Roi de France avant 1633 ?

 

Louis Douët d'Arcq et le coup de majesté de 1617

Dans sa collection de sceaux, vol.I, 1863 (page 282) Louis Douët d'Arcq présente le troisième grand sceau de majesté comme le premier en français : "Ce sceau se retrouve à des lettres patentes du mois de février 1621, où on lit dans un cartouche la date de 1617."

https://books.google.cz/books?id=EctBAAAAcAAJ&vq=cl%C3%A9mence&hl=fr&pg=RA1-PA282#v=onepage&q&f=false

C'est donc dès le Coup de Majesté du 24 avril 1617 que Louis serait devenu Roy de France. Effectivement, il démet de ses fonctions Claude Mangot, nommé Garde des sceaux après le remaniement du conseil le 25 novembre 1616 pour remplacer Guillaume du Vair, les sceaux lui sont repris après l'assassinat de Concini et remis à du Vair (peut être le 25 avril). 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Mangot

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_du_Vair

Barbiche (p.363), citant Tessereau et Michaud, nous apprend que Louis XIII détint seul les sceaux lors de deux courtes périodes : du 15 au 24 décembre 1621 (à la mort du Duc de Luynes) et du 3 au 23 septembre 1622 (à la mort de Méry de Vic).

https://www.jstor.org/stable/43013829?seq=5#metadata_info_tab_contents

Les Bénédictins de Saint Maur confirment que :

Louis XIII, devant le camp de Montauban, tint aussi le sceau après la mort du Connétable de Luines (p.408)

https://books.google.cz/books?id=0pQm-qZq5IMC&hl=fr&pg=PP9#v=onepage&q&f=false

Cependant, la liste des gardes des sceaux établit par le ministère de la justice, présente un vide entre le 24 décembre 1621 et la nomination de de Caumartin le 23 septembre 1622.

Anselme de Sainte-Marie comble cette lacune chronologique : c'est Méry de Vic qui occupe a fonction du 24 décembre 1621 au 3 septembre 1622.

https://books.google.fr/books?id=ZdlEAAAAcAAJ&hl=fr&pg=RA1-PA539#v=onepage&q&f=false

D'une façon toujours problématique, et démontrant l'épaisseur du voile du mystère qui recouvre le règne de Louis XIII, la liste du ministère de la justice ne fait mention ni de Méry de Vic ni de Claude Mangot !! (Chateauneuf est lui aussi absent de cette liste)

http://www.justice.gouv.fr/histoire-et-patrimoine-10050/le-ministere-dans-lhistoire-10289/anciens-gardes-des-sceaux-partie-1-16989.html

Pour conclure sur cette hypothèse de 1617, il n'est sans doute pas sans conséquence de remarquer la rareté des lettres patentes découvertes par Douët d'Arcq en 1863, puisqu'aucun document mentionnant le Roy de France n'avait été recensé par Natalis de Wailly en 1843.

Les Reines de France

Natalis de Wailly présente une évolution du titre porté par la reine au cours du XIVème siècle. Cette évolution reprendrait la séquence progressive que la doxa imaginait pour Philippe Auguste :

En 1300, le sceau de Jeanne de Navarre, femme de Philippe IV, la présente comme la dernière "Reine des Francs et de Navarre" : IOHANE DEI GRATIA FRANCORUM Z NAVARRE REGINE

En 1317, Clémence de Hongrie, femme de Louis X, deviendrait éventuellement la première "reine de France" (en latin) : DEI GRATIA REGINA FRANCIE ET NAVARRE. Mais la légende est partiellement illisible. Si Douët d'Arc n'hésite pas à franchir le cap, Natalis de Wailly reste plus prudent et refuse de prendre partie. Il laisse la légende incomplète, laissant une libre interprétation : DEI GRATIA REGINA FRANC. ET NAVARRE

En 1395, c'est Isabelle (Isabeau) de Bavière, femme de Charles VI, qui deviendrait pour Natalis de Wailly et Douët d'Arcq, la première "Reine de France" en français : YSABEL PAR LA GRÂCE DE DIEU ROYNE DE FRANCE

Mais cette légende faisant mention de la "Royne de France" n'est pas confirmée par le sceau disponible sur Sigilla.org 

ysabelle_de_baviere.png

YSABEL GEI GRATIA FRANCORUM REGINA

 

On peut supposer que c'est de la référence à l'ouvrage "La Passion de nostre Seigneur Jhesu Crist, que noble et puissant Dame Madame Ysabel de Bavieres, Royne de France, a fait translater de latin en françois l'an 1398 (date de la copie inconnue)" que nait la confusion.

urn:nbn:de:bvb:12-bsb00047310-0

"Royne de France" ne serait dès lors que la traduction en langue vulgaire de "Francorum Regina". 

Dans l'inventaire de Douët d'Arcq, la femme de François Ier, la célèbre Reine Claude apparait comme CLAUDE D.D. ROINE DE FRANCE D.D. BRETAIGNE

Cette nouvelle orthographe ne devient pas canonique, et le Y réapparait par la suite.

Dans l'inventaire de Natalis de Wailly, Catherine de Médicis, femme d'Henri II, est la première reine référencée après Isabelle de Bavière. Si un premier sceau la présente effectivement comme ROYNE DE FRANCE, la légende du sceau de sa régence qui l'associe à son fils, François II, époux de Marie Stuart, fait état de : FRANCISCUS ET MARIA D.G. R.R. FRANCOR. SCOT. ANGL. ET HYBER. (1559) 

Ainsi, l'évolution progressive et la concurrence dans l'usage des titres que la doxa prétendait observer chez les Rois à partir de Philippe II Auguste, s'observe en réalité dans l'usage du titre de la Reine !

 

Le problème des copistes, les traductions et de l'usage en langue vulgaire

En 1888, Elie Berger qui étudiait les Actes de Louis VII, résumait le principe d'incertitude en constatant que "ces lettres, que nous ne possédons plus sous leur forme première, ne prouvent rient contre les actes authentiques."

https://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1884_num_45_1_447246

Le ''roy de France" de la langue vulgaire n'indique pas nécessairement un usage de ''rex Franciae" en latin.

Louis Carolus-Barré (1976) remarque qu'à l'époque de Louis IX, de rares actes adressés à des administrations territoriales du nord-est de Paris, ou les traités diplomatiques adressés aux Plantagenêts, sont rédigés en langue vulgaire et le Roy de France n'y apparait que comme traduction de Francorum Rex -:

Ailleurs, dans la Douce France chantée par les poètes, c'est plus tardivement et de façon plus ou moins sporadique que l'on rencontre des actes en langue vulgaire, dans l'énorme masse des documents rédigés traditionnellement en latin.

La plupart de ces actes, encore assez peu nombreux, émanent d'échevinages urbains (ex. : Douai, Tournai, Metz -) ou bien de seigneurs de petite ou moyenne importance : chevaliers, écuyers, — parfois même (mais plus rarement) d'une autorité ecclésiastique.

https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1976_num_120_1_13222

Mais à partir de la publication de l'ordonnance de Villers-Cotterêt (1539), les lois et décrets rédigés en français devraient normalement faire mention du "Roy de France".

C'est la cas pour cette déclaration de mai 1610 enregistré au parlement de Paris :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6503769r/f16.item

Mais l'usage de l'orthographe moderne "roi" nous montre qu'il s'agit d'une transcription...ne prouvant rien de l'originale...

 

La Neustrie, le nouveau territoire des Francs

MARIUS D’AVENCHES - CHRONIQUE. (455-581) - Traduction et note de Marc Szwajcer

523 Maximo Indictione I. Hoc Consule Sigismundus Rex Burgundionum a Burgondionibus Francis traditus est, et in Francia in habitu monachali perductus; ibique cum uxore et filiis in puteo est projectus.

En général, les mots Neustrie (Francie occidentale) et France s'appliquent à un seul et même territoire. Ici les témoignages sont nombreux et forts. Le premier, le plus ancien, appartient à Marius d'Avenches. Sigismond, roi des Bourguignons, reçut la mort en France. Or divers textes, et entre autres un passage de Grégoire de Tours, montrent que Sigismond fut tué dans l'Orléanais. Il est donc permis d'affirmer que, pour Marius d'Avenches, l'Orléanais, qui n'a jamais fait partie de l'Austrasie, était en France.

http://remacle.org/bloodwolf/historiens/marius/chroniques.htm#_ftnref10

La Douce France de Charlemagne 

"Sous les derniers Carolingiens, les comtes et les ducs furent devenus héréditaires dans leur commandements, et ...  eurent réduit le roi de France à n'être plus que le seigneur de Laon..."

JOURDAN, DECRUSY et ISAMBERT, Recueil général des anciennes lois françaises depuis l’an 420...Paris. 1821. Tome I, préface p.LXXV 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65212800?rk=42918;4

 

L'auteur du Roman D'Aquin délimite la France du Roy Charlemaine: "Laon, Paris, Chartes, Saint-Denis, Orléans, Soissons.'"

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k81586s/f139.item

Charlemaine, Roy de France, y apparait aussi comme Roy de Saint-Denis

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k81586s/f146.item

 

Le pays de France

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pays_de_France

 Charles VIII : le Roi de France de Robert Gaguin (1485):

Au très chrétien et très excellent prince Charles huitième de ce nom roi de France

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111278r?rk=21459;2

https://www.fr-tul.cz/clanky/histoire-de-france/gaule-alesia.html

Le cas du roi Lear

La première trace écrite de la tragédie de William Shakespeare date de 1608, il s'agit du Quarto I, dont la version numérique est disponible en ligne : 

https://internetshakespeare.uvic.ca/doc/Lr_TextIntro/index.html

Il est effectivement fait mention de "France" et de son concurrent "Burgundy". Mais c'est uniquement par métonymie que le lecteur peut inférer qu'il est fait référence au Roi de France (de la même façon, le Duc de Bourgogne est simplement désigné par "Burgundy".) Ainsi "France" désigne, suivant les contextes, soit le territoire, soit le souverain de ce territoire.

Explicitement, le texte évoque le "Prince" de France, des "Lords" de France, ou encore le "Marshall" de France. Mais il n'est jamais fait état, explicitement, du "Roi" de France, sauf dans les didascalies précédant le texte et présentant les personnages (King of France.)

Il n'est cependant pas étonnant de trouver une référence au King of France dans la littérature d'outre Manche. En effet, à partir de 1340 et Edouard III, les souverains Plantagenêts ont porté le titre de Rex Angliae et Franciae.

Les problèmes numismatique et linguistique

Effectivement, l'étude des monnaies royales mène également à des résultats qui, même renvoyant à une époque assez proche, ne pointent pas directement sur cette date fatale de 1633.

Les légendes des monnaies n'apparaissent pas cohérentes.

Une monnaie (un quart d'écu) de Louis XIII portant une légende en latin du type Francorum Rex. et datée de 1616:

en latin:

LUDOVICUS XIII DG FRAN. ET NAVAR REX

https://www.saivenumismatique.fr/monnaies_r1/monnaies-royales-francaises_c49/louis-xiii-1610-1643_p189/g-27-1-4-ecu-a-la-croix-fleurdelisee_t365/1616-9-rennes-ttb-ttbplus_article_18951.html

et à la même date,

en français, du Roi de France comme le montre ce double tournois daté de 1616: 

LOVS XIII . R . DE . FRAN . ET . NAVA . A .

LOUIS XIII . Roi . DE . FRANCE . ET . NAVARRE . Atelier de Paris

https://www.saivenumismatique.fr/monnaies_r1/monnaies-royales-francaises_c49/louis-xiii-1610-1643_p189/g-5-double-tournois-buste-enfantin_t2767/1613-a-ttb_article_9549.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ateliers_mon%C3%A9taires_fran%C3%A7ais

Sous le règne d'Henri IV (Roi de Navarre en 1572 et "Roi de France" de 1589 à 1610) on observe aussi un changement, autant linguistique que titulaire. La légende de cet écu d'argent, frappé à La Rochelle et daté de 1590, utilise encore le Rex latin:

HENRICUS . IIII . D . G . FRANC . ET . NAVAR . REX .

HENRI . IV . DEI . GRACIA . FRANCORUM . ET . NAVARRAE . REX .

http://www.comptoir-des-monnaies.com/product_info.php/coin-henri-iv-14-ecu-1590-la-rochelle-vf3035-silver-sombart-4686-p-491407

Ce double tournois, en cuivre et daté de 1603, porte une légende en français désignant le Roi de France:

HENRI . IIII . R . DE . FRAN. ET . NAVA . A (inversé) .

HENRI . IV . ROI . DE . FRANCE . ET . NAVARRE . ATELIER DE PARIS .

http://www.comptoir-des-monnaies.com/product_info.php/henri-iv-double-tournois-p-30644

Le canonique par la Grâce de Dieu y est absent.

Mais il est bien présent dans la légende du célébrissime Louis d'or, monnaie frappée pour la première fois par...Louis XIII en 1640...mais toujours en latin : LVD.XIII.D.G. FR. ET. NAVAR. REX !

louis_xiii_gold.jpg

https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_(monnaie)#Louis_XIII_(1610-1643)

Vaquette du Béarn - 1612

LVDOVI• 13• D• G• F• ET• NA• REX

https://fr.numista.com/catalogue/pieces37347.html

En ce qui concerne le Double Tournoi, le "buste enfantin à la fraise" daté de 1611, utilise encore une légende en latin  :

LVDOVIC XIII DG FRAN E NAV REX.

https://fr.numiscorner.com/products/louis-xiii-double-tournois-buste-enfantin-au-col-fraise-1611-lyons-gadoury6#

La légende en français sur le "buste enfantin" est déjà présente en 1613 :

louis-xiii-double-tournois-1613-a-paris.jpg

LOYS XIII R DE FRAN ET NAVA

https://www.saivenumismatique.fr/monnaies_r1/monnaies-royales-francaises_c49/louis-xiii-1610-1643_p189/g-5-double-tournois-buste-enfantin_t2767/1613-a-ttb_article_9549.html

Buste lauré - LOYIS.XIII.R.D.FRAN.ET.NA – 1626 - R Villeneuve lez Avignons

https://honorat-numismatique.fr/monnaies/royales/louis-xiii-double-tournois-1626-r-2/

Le problème de François Ier

En plus de ces étrangetés numismatiques, que penser de cette autre incohérence, autant logique que textuelle, concernant l'ordonnance de Villers-Cotterêt (1539) sur l'usage du français et des langues maternelles du royaume, en lieu et place du latin, dans les décisions de justice et d'administration ?

Alors que dans le préambule, le législateur François Ier y prend le titre de Roy de France, il devra nécessairement authentifier son document et lui conférer autorité en y appliquant son sceau...en latin ...mentionnant le quasi éternel...

...FRANCORVM REX.

http://www.sigilla.org/fr/sgdb/sceau-type/2729

FRACISCVS . DEI . GRACIA . FRANCORVM . REX . PRIMVS

francois-ier-de-france---am-dijon---tresor-l-liasse-25-c.-66.jpg

Le roi est assis sur un trône dont les deux hauts montants sont recouverts de draperies, sous un pavillon fleurdelisé dont deux anges aux ailes déployées, placés au-dessus du comble, écartent les courtines. Ses pieds reposent sur deux lions couchés dos à dos sur une estrade s’avançant en demi-lune. Il porte une couronne, une dalmatique, un manteau doublé d’hermine et un camail. De la main droite il tient un sceptre terminé par un motif floral renflé et de la gauche une main de justice. Le pourtour du champ est bordé intérieurement de festons soulignés extérieurement d’un épais filet décoré.

http://www.sigilla.org/sceau-type/francois-ier-france-grand-sceau-2729

 

Le problème d'Henri IV et du Roi de Navarre

Même si des documents originaux présente Henri IV en tant que "Roy de France et de Navarre", comme par exemple : Ordonnance du roy de France et de Navarre, Henry quatriesme de ce nom : sur le faict des marchans fustainiers...(1595)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9753144b/f6.item

Natalis de Wailly et l'emprunte du sceau de présenté par Sigilla.org ne mentionnent le roi Henri que comme Francorum Rex, mais jamais explicitement en tant que "roi de Navarre", en effet si la Navarre apparait dans les armoiries, le titre reste absent de la légende.

sceauhenriiv_france.jpg

HENRICVS QVARTVS DEI GRACIA FRANCORVM REX

Le roi est assis sur un trône, sous un pavillon fleurdelisé dont deux anges écartent les courtines. Ses pieds reposent sur deux lions couchés dos à dos sur une estrade. Il porte une couronne sommée d’une fleur de lis et un manteau. De la main droite il tient un sceptre terminé par une fleur de lis et de la gauche une main de justice.

http://www.cg47.org/archives/Expositions/protestants-agenais-site/zoom/zoom-chapt-01/sceau.htm

http://www.sigilla.org/sceau-type/henri-iv-grand-sceau-12688

La première mention explicite du Roi des Francs et de Navarre, en latin, apparait sur le second contre sceau de Philippe IV, ainsi que sur le sceau à cheval (le Bel, qui épouse Jeanne Ire de Navarre) en 1288 (alors qu'il ne porte que le titre de Francorum Rex sur le sceau de 1286 - datation de Natalis de Wailly).

SIGN(um) PH(ilippi) / P(ri)MOG / ENIT(i) REG(is) FRANC(orum) DEI / GR(aci)A REG(is) NAVAR / R(e)

philippe-iv-le-bel---cheval.png

 

Par la suite, Louis X, Philippe V, Charles IV (1322, avec sa mort, fin des Capétiens directs, Edouard III est écarté du trône) sont tous Francorum et Navarre Rex (soit une courte période qui s'étend de 1288 à 1322, en 1343, Philippe VI (Valois) n'est plus roi de Navarre.)

 

 

Philippe VI, le premier Valois

philippevi.png

PHILIPPUS DEI GRACIA FRANCORUM REX

 

Et si le premier Louis XIII n'est que FRANCORUM REX, le second louis XIII redevient ROY (DE FRANCE ET) DE NAVARRE

Louis XIII mène une expédition contre les protestants qui se sont soulevés dans le Midi, sous la direction de Rohan, après le rétablissement du culte catholique en Béarn et Basse-Navarre et la réunion à la Couronne de ces provinces (1620). 

https://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Louis_XIII/130426

... ?

 

Malgré l'existence de ces documents, antérieurs à 1633, plongeant parfois l'observateur dans une certaine perplexité et laissant supposer la popularité d'une appellation commune désignant un Royaume de France...

Les Antiquitez chroniques et singularitez de Paris : ville capitale du Royaume de France, avec les fondations & bastimens des lieux, les sépulchres & épitaphes des Princes, Princesses & autres personnes illustres. Gilles Corrozet. Paris. 1561.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/5964-les-antiquitez-chroniques-et-singularitez-de-paris?offset=2

...d'autres éléments désignent néanmoins cette date de 1633 comme une année charnière, démontrant l'aspect brutal et inattendu de la rupture historique que constitue l'apparition du titre de Roy de France en lieu et place du Francorum Rex.

 

Nouveauté du titre Altesse royale

L'article Altesse royale (Encyclopédie. histoire. Tome I. Article Altesse royale. 1784. p.7) confirme qu'à cette date, on observe un changement général dans les usages des titulatures.

Altesse Royale : l'usage de ce titre commence en 1633.

https://books.google.cz/books?

Survivance de la Gaule

On observe aussi un changement dans les usages des géographes. En effet, sans Roi de France, il n'y a pas de France, mais des Gaules définies par Jules César.

Les Gaules de Jules César et Charles VIII

Les cartes : la Gaule de César (- 50) et la France de Charles VIII et de Robert Gaguin (1485), continuité ou rupture ?

https://www.fr-tul.cz/clanky/histoire-de-france/gaule-alesia.html

Source:

[Cédric-François] La Gaule a disparu il y a 3 siècles [SciencesCeFrLe]

от Седрик-Франсуа Леклерк

на Rutube.

Nova Totius Galliae Descriptio d'Oronce Finé (1538) :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Oronce_Fine#/media/File:UBBasel_Map_1538_Kartenslg_AA_123.tif

Nova Totius Galliae Descriptio de Gérard De Jode (1578) :

http://alteagallery.com/stock_detail.php?ref=15515&search=subject

Typus Orbis Terrarum d'Abraham Ortelius (1570) :

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/98/1570_Typus_Ortelius_mr.jpg

Gallia de Gerard Mercator (1589):

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b77114276

 

Nova Totius Geographica Regni Galliae Descriptio, d'Isaak Verbiest (1628):

sur cette carte d'avant 1633, Louis XIII apparait encore comme Roi des Gaules et de Navarre.

Ludovicus XIII D. G. Gallia et Navarrae Rex Christ

verbist1628_gallia_1.jpg

verbist1628_gallia_2.jpg

https://sanderusmaps.com/our-catalogue/antique-maps/europe/france/france-by-isaak-verbiest

Même si une description moderne du document évoque très approximativement un "roi de France",

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/caran_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=03686

la carte de Verbiest présente, en plus des villes du pays (en français) et de la liste des armoiries des "Pères de France", des images socio-professionnelles de sa population. Les nobles, les marchants, les avocats (et leurs épouses : Uxor) : NOBILES GALLI, Mercator Gal, Advocatus G mais RUSTICUS FRA - RUSTICI FEMINA !

Ainsi la distinction entre Francs (Paysans) et Gaulois (Nobles) relève du socio-professionnel et pas de l'historique. 

On remarque aussi que les Gaules présentées sur cette carte, sont les Gaules historiques et dépassent largement la France, le territoire dominé par le Roy de France en 1628. Ainsi apparaissent les Gaules Cisalpine et d'Italie, la Suisse et les régions de Franche-Comté, de Lorraine et d'Alsace, ainsi que toute la Gaule belgique, alors que ces provinces n'ont toujours pas été rattachées à la couronne de France en 1628.

La douce France de Charlemagne y est nettement délimitée.

C'est bien en tant que Roi de Gaule et de Navarre (en latin) que Louis XIII (Ludovicus XIII) signe un traité d'alliance ave le roi de Suède Gustave-Adolphe en 1631

http://www2.culture.gouv.fr/Wave/image/archim/0010/dafanch06_s303522n00001_2.jpg

En 1601, Hugo de Groot (Grotius) publie une Lettre aux Gaulois (Epistolae ad Gallos), dans laquelle Gallicum regnum se confond avec Regi Francorum.

Edition de 1648

https://books.google.cz/books?id=DTbuLzr6XAYC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

En 1550, Jean Pillot publie un manuel de français destiné aux étrangers : Gallicæ linguæ institutio, latine sermone conscripta

Editon de 1563

https://books.google.cz/books?id=8M1lAAAAcAAJ&printsec=frontcover&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

Et même si le moine Robert Gaguin en 1485 semble avoir ouvert la voie à l'assimilation entre la Gaule et la France moderne, c'est bien au plus tôt sous le règne de Louis XIII, que l'ancienne Gaule des rois des Francs disparait définitivement des cartes:

Charte de la France de François de La Guillotière : (1613)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b7200263k

Carte géographique des postes qui traversent la France : dédiée... / [par N. Sanson d'Abbeville] (1632)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8490759k/f1.item.zoom

 

Alphabet 

Louis Barbedor exécuta un exemplaire de lettres françaises ou rondes, et Le Bé un exemplaire de lettres italiennes ou bâtardes. Le Parlement, après avoir examiné ces modèles, décida par un arrêt du 26 février 1633 « qu'à l'avenir on ne suivrait point d'autres alphabets, caractères, lettres et forme d'écrire, que ceux qui étaient figurés et expliqués dans ces deux exemplaires ».

http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=3106

Stabilité monétaire

Le tableau présentant l'évolution de la contre partie en or de la livre Tournois montre que sans attendre 1640, la période de stabilité monétaire commença en 1633:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_(monnaie)#/media/Fichier:Contre_valeur_en_or_pur_de_la_Livre_Tournois.jpg

***

Le premier Roi de France, usant dès 1633, d'une nouvelle titulature dans la légende d'un nouveau sceau, frappant une nouvelle monnaie et inaugurant une nouvelle période de stabilité monétaire, garantissant l'immuabilité d'une nouvelle langue (et de son alphabet), grâce à l'Académie française qu'il fonde en 1635, prendra également grand soin de donner un nouveau nom au territoire conquis, qu'il fait inventorier par ses notaires (Courtade 1632) pour tenter de le soumettre à la "directe universelle du Roy".

Tous ces effets observés dans tant de domaines différents, s'imposent à l'esprit dans leur cohérence mutuelle insérée dans une  logique causale.

Ces observations poussent naturellement à se demander si des ordonnances, des monnaies ornées d'une légende, ou tout autre document se référant à un Roi de France (qui plus est en latin ?!?) avant le 25 février 1633, ne seraient pas des faux. Il ne faut surtout pas  exclure la possibilité que le second Louis XIII lui-même, soit à l'origine de leur première diffusion.

Rien de moins étonnant de la part de ce réputé faussaire de l'histoire, qui "restaure" le tombeau de Clovis, invente l'archéologie mérovingienne et inaugure la narrative de la fabuleuse dynastie :

http://www.fr-tul.cz/clanky/histoire-de-france/Clovis-byzantine-rex.html

 

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Du Rex Francorum au Roi de France IV