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Tolède 447

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447 : Troisième (?) et mystérieux concile de Tolède

Cette date de 447, année où le pape Léon appelle à un nouveau concile de Tolède, correspond à une nouvelle étape d'une longue guerre civile, de type religieux et dont l'intensité varie aux cours du temps, opposant le clan des nicéens aux nouveaux hérétiques refusant d'adhérer à la nouvelle doctrine du Filioque.

Dans son ouvrage publié en 2012 : Attila et le complot du pape, Jean Bosmorin écrit :

"L'année 447 se termine au Vatican. Une année de préparation à ce qui sera l'oeuvre maitresse du pape : éradiquer définitivement l'arianisme de toutes les provinces des deux Empires.'' (p.95) 

https://books.google.cz/books?id=Urln8iLdJlEC&dq=l%C3%A9on+Ier+447&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Dans son article consacré au pape Léon Ier, Jean-Paul Coudeyrette présente le concile de Tolède de 447 comme le lieu de l'affrontement entre d'une part, les thèses soutenant la croyance en la Trinité et d'autres part, toutes les autres hérésies chrétiennes.

http://compilhistoire.pagesperso-orange.fr/LeonIer.htm

Jean-Paul Coudeyrette se réfère essentiellement à la lettre de Léon Ier Quam laudabiliter à Turribius d'Astorga du 21 juillet 447 - par laquelle le pape convoque un concile :

" Il faudra donc convoquer dans le lieu le plus convenable un concile général auquel assisteront les évêques des provinces voisines, afin d'examiner avec la plus sérieuse attention si quelques évêques ne se trouvent point souillés de quelques-unes des hérésies. "

http://laportelatine.org/bibliotheque/encycliques/LeonI/Quam_Laudabiliter.php

Théophile Daguindeau dans L'esprit chronologique de l'histoire sacrée et prophane (1673- page 147)tout en précisant qu'il a pour but de lutter contre le priscillianisme (manichéisme, astrologie, les trois noms désignent la même personne) présente le troisième concile de Tolède se réunissant en 447. Il réaffirmera le symbole de Nicée en l'enrichissant du Qui ex Patre Filioque procedit (l'Esprit procède du Père ET du fils)

https://books.google.cz/books?id=vY9iEZlHq-8C&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

En 1713, Lenain de Tillemont fait publier à Paris des Mémoires pour servir l'histoire ecclésiastique, dans lequel il dénonce déjà une confusion entre les conciles de 400 et 447 : 

"On ne doute point que la confession de foi attribuée au concile de Tolède en l'an 400, ne soit celle d'un autre concile, tenu aussi à Tolède sous Saint Léon (vers l'an 447) - p.796

https://books.google.cz/books?id=qphjAAAAcAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

En 1758, le Dictionnaire portatif des conciles, fait toujours référence à un concile de Tolède se tenant en 447 (p.472-473) et affirme que c'est le concile de 589 (toujours à Tolède) qui vise plus particulièrement l'hérésie de l'arianisme.

https://books.google.cz/books?id=29Q_AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

L'abrégé chronologique des conciles généraux de 1836 fait toujours mention du concile de Tolède de 447.

https://books.google.cz/books?id=5wfzaKszZJ0C&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

Dans la première partie du siècle dernier, Tolède 447 et l'ajout du filioque était toujours mentionné :

"Lisant dernièrement un article de l'archevêque Georges Wagner (1930-1993) intitulé Le dogme pneumatologique du deuxième concile et son contexte théologique dans la tradition patristique, contenu dans l'excellent recueil La liturgie, Expérience de l'Eglise. Etudes liturgiques. Edition des Presses Saint-Serge - Institut de théologie orthodoxe, Paris 2003 ; j'y découvrait la mention d'un concile de Tolède en 447 où aurait été adjoint pour la première fois le filioque."

http://www.forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=523&start=30

Même si, sous la plume de certains auteurs, il commençait déjà à disparaitre dans la seconde moitié du 19ème siècle :

"Comparaison faite avec l'ouvrage de Lampryllos qui lui fait état du concile de 589, je remarquais une chose quelque peu étrange. Comment le concile de 589 pouvait être le IIIe de Tolède comme l'écrit C. Lampryllos, tout en ayant eu un concile en 400, 447, 527 (ou 531), et 589 ? Ce qui m'amena à entreprendre quelques recherches.
Un Dictionnaire des Conciles par Alletz, Filsjean, Paris, 1835 (disponible sur internet) fait bien état de ce concile de 447 où "les Pères y confessent que le Saint-Esprit y procède du Père et du Fils." Quant au concile de 589 l'on y apprend que parmi ces ordonnances fut proclamé le chant du "symbole du concile de Constantinople, à l'imitation des Eglises orientales, mais avec l'addition du Filioque. Au reste c'est dans ce concile qu'il en est parlé pour la première fois."
Ce qui est pour le moins contradictoire et étrange, mais qui en tout cas je pense, répond à votre question quant à ce fameux concile du Ve siècle entre 440 et 460, et qui fait remonté l'insertion d'un peu plus d'un siècle dans le temps.

Mais comme les bizarreries concernant les conciles de Tolède ne s'arrêtent pas là, voulant vérifier ces données, j'ai consulté le Dictionnaire des conciles par Peltier, Migne, tome II, 1847, qui lui ne parle pas du filioque en 447 mais seulement en 589.
Par contre l'on apprend qu'entre 396 et 589 (je ne tiens pas compte des conciles suivant ici) il n'y eu pas trois ni quatre concile à Tolède comme pouvait le laisser suggérer le nom de IIIe pour celui de 589, mais bien cinq conciles de Tolède en 396, 400, 447, 527 (ou 531), 589, ne tenant pas compte du conciliabule ariens de 581 (ou 585), ni la rencontre de 587 entre ariens et orthodoxes. Celui de 400 étant dit Ier, celui de 527 IIe et celui de 589 IIIe.
Bref, désolé d'avoir été si long mais tout cela me semble vraiment étrange.

Il semble que la thèse de Lampryllos est pour le moins osée et il me semble aujourd'hui plus cohérent de croire à la falsification quasi-totale des actes de ces conciles, comme vous l'écriviez ici : viewtopic.php?p=2818#p2818"

http://www.forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=523&start=30

En 1943, Henri Charles Puech mentionne le concile de Tolède de 447 et le fait suivre d'un point d'interrogation :

https://www.persee.fr/doc/ephe_0000-0002_1943_num_56_52_17529

Dans son article L'origine espagnole du Filioque, E. Mangenot suppose que
la négation de l'existence du concile de Tolède de 477 date du début du
20ème siècle : 
" M.Karl Künstle,professeur de théologie à l'Université de Fribourg-en-Brisgau, 
reprenant et confirmant tous les doutes anciens, vient de démontrer que 
ce synode n'a pas eu lieu. 
(Anlipriscilliana,Fribourg- en-Brisgau,1905,p.30-35.)"

https://catholicapedia.net/Documents/Revue-de-l.Orient-chretien/11-1906_revue-de-l.orient-ch_paris.pdf

Aujourd'hui (le 12 mars 2019) ce concile de Tolède de 447 n'a pourtant pas totalement disparu des pages de Wikipédia, même si l'article consacré à la liste des conciles s'étant tenus à Tolède mentionne un 3ème concile de 589, année de la conversion des Wisigoths au symbole de Nicée et que l'hérésie priscillianiste relèverait du premier concile de Tolède qui se serait tenu en 400...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Conciles_de_Tol%C3%A8de

... l'article consacré à Priscillien continue de supposer son existence :

Turibius, l’évêque d’Astorga agit pour faire réprimer cette hérésie, en faisant convoquer un nouveau concile à Tolède en 447 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Priscillien

Les archives du forum catholique.org pourraient expliquer pourquoi l'événement Tolède 447 relèverait désormais du négligeable :

Le ridicule Concile de Tolède (447) qui ne rassembla que 19 évêques, a l'insu du pape et des 4 autre patriarcats, n'est en rien représentatif de l'Eglise entière; de plus il va a l'encontre des prescriptions des Saints Conciles oecuméniques; il n'a donc aucune autorité.

http://archives.leforumcatholique.org/consulte/message.php?arch=2&num=7235

 

En observant dans cette courte bibliographie, on peut nettement observer une tendance à rendre invisible cet événement Tolède 447. Aux yeux des Catholiques, il serait devenu négligeable à force de ridicule, alors que, nous avons vu les Orthodoxes continuer à le prendre très au sérieux. Dès lors, force est de constater une bataille idéologique, dont certains des belligérants ont intérêt à son oubli.

J'ai omis de citer dans cette courte bibliographie toutes les références à des contenus concernant l'astrologie. Toutes, sans exception, dénoncent ce concile de 447 qui bannît sa pratique, au même titre que la magie et autre divination. Pour reprendre la thèse développée par Jean Bosmorin dans son Attila et le complot du pape, remarquons qu'il est effectivement possible de considérer cette excommunication autant comme une attaque personnelle contre le roi des Huns et ses chamanes, que comme une réponse idéologique à ses troupes d'Alliés, essentiellement ariennes, qui se ruèrent à l'assaut de Constantinople dès le début de l'année 447.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Attila

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