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Charles de L'Aubespine, marquis de Châteauneuf

15. 5. 2016

- Jules Michelet (1798 - 1874) évoque Charles de l'Aubespine, marquis de Châteauneuf, garde des sceaux (1580 - 1653) in Richelieu et la Fronde (1858)

- Le 28 février 1633 (sic.) par le Mercure François (Tome 19)

Richelieu Mémoires. Tome XIII (1633) 

- le 25 février 1633

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Jules Michelet : Richelieu et la Fronde (1858)

CHAPITRE V

JOURNÉE DES DUPES.—VICTOIRE DE RICHELIEU SUR LES REINES ET MONSIEUR
De novembre 1630 à juillet 1631

- il lui fallut du temps pour se décider à donner les sceaux à Châteauneuf, un homme énergique et capable que lui désignait Richelieu.

CHAPITRE VII

COMMENT RICHELIEU PROFITA DES VICTOIRES DE GUSTAVE
1632

Louis XIII interrogea fort La Porte pour savoir ce que faisait la reine, si M. de Châteauneuf, le garde des sceaux, y allait souvent, et s'il y restait tard, s'il n'allait pas ordinairement chez madame de Chevreuse, etc.
 

CHAPITRE VIII

RICHELIEU, CHEF DES PROTESTANTS—SES REVERS—LA FRANCE ENVAHIE
1633-1636.

- En janvier 1633, quand on le rapporta à Bordeaux, et que Louis XIII alla dix lieues au devant du malade, il paraissait très-fort. Il frappa ses ennemis, frappa ses faux amis. Mais maintenant quels seront les vrais? Nous avons vu comment le P. Joseph l'avait trahi à Ratisbonne. Montmorency, naguère ami à Lyon dans la crise de 1630, a tourné et péri. Châteauneuf, son ami à la Journée des dupes, mais depuis gagné par les dames, a dansé pour sa mort; il le fait arrêter.

- En janvier 1633, pour l'affaire Montmorency, il lui faut proscrire cinq évêques. Il lui faudra bientôt agir contre le pape, qui approuve le mariage de Monsieur avec une Lorraine, qui accorde à l'Espagne les moyens de la guerre, l'argent de l'église espagnole, en refusant à Richelieu de faire payer le clergé français.

Richelieu ménagea au roi l'amusement d'achever l'affaire de Lorraine en entrant lui-même à Nancy.

La conquête fut menée comme une saisie judiciaire; le prétexte en justice, passablement grotesque, fut le rapt commis sur Gaston, un homme de trente ans, par la jeune princesse de Lorraine, qui en avait dix-huit.

En réalité, le roi était mené par la force des choses à se saisir de la Lorraine, comme chemin de l'Allemagne, où il devenait le chef réel du parti protestant.

 

CHAPITRE XVIII

L'AVÉNEMENT DE MAZARIN
1643

- Pour revenir à l'avènement, Mazarin commença dès lors l'éducation de la reine, enfermé toutes les soirées avec elle pour lui apprendre les affaires. La cour, la ville, ne jasaient d'autre chose.

La nouvelle de Rocroy, qui arriva deux jours après pour faire une fête publique, était à point pour Mazarin. Il se serrait sous les Condé. Il écrivit au jeune vainqueur qu'il ne serait que son chapelain, et ferait tout ce qu'il voudrait. Le vieux Condé, sa femme, lui rendaient le service d'exclure du ministère le seul homme qu'il craignît pour concurrent, le très-capable Châteauneuf, prisonnier si longtemps pour la cause de la reine. Lorsque madame de Chevreuse, l'ancienne amie de cœur, revint, proposa Châteauneuf, Mazarin répondit que la princesse de Condé ne laisserait jamais arriver celui qui avait fait couper la tête à son frère, M. de Montmorency.

 

- Pour faire accepter ce gouvernement de Trivelino principe, il y eut une profession de grâces extraordinaire, un débordement de faveurs, un déchaînement de prodigalités. Les admirateurs des faits accomplis appellent cela la détente naturelle du règne tendu de Richelieu; ils diraient presque légitime. Nul doute cependant que, si la reine n'eût pas pris son amant si bas, si elle n'eût pas appelé au suprême pouvoir ce bouffon italien, elle eût eu moins à faire et à donner pour se faire pardonner son choix. Châteauneuf, à meilleur marché, eût été chef du ministère. Il ne déplaisait pas aux ennemis de Richelieu, et il avait été jadis l'ami du grand ministre; il avait sa tradition.

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CHAPITRE XXV

TURENNE RELÈVE MAZARIN.—RÈGNE DE MAZARIN
1652-1657

Le cardinal de Retz, qui, dès septembre, a reçu le chapeau, est accueilli, caressé et choyé. La reine lui déclare que lui seul a mis le roi dans Paris (éloge vrai, il divisa la Fronde). Et lui seul aussi est frappé. Le 18 décembre, on le met à Vincennes. Alors Mazarin, rassuré, hasarde de rentrer à Paris (février 1653).

Ce qui rend dans tout cela l'initiative de Turenne bien étonnante, c'est que, seul à la cour, il s'obstina pour Mazarin. La reine était entourée de gens lassés et excédés de lui. Elle avait sous la main un homme digne et capable, Châteauneuf, qui l'eût remplacé. L'aimait-elle encore véritablement? Elle venait de sentir son ingratitude, sa perversité (dans la tentative de lui enlever le jeune roi par le goût des plaisirs honteux). Dès son premier voyage, elle avait paru vacillante. Combien plus au second! Par quoi la tenait-il? Très probablement par le mariage. Mangeuse et fort sanguine, sensuelle et dévote, le tempérament, les scrupules, la ramenaient à cet homme méprisé, odieux, dont elle avait besoin. Elle le dit nettement dans une lettre, comme les femmes n'en écrivent guère (V. Ravenel, Walckenaër, Sévigné, et Cousin, Hautefort). Elle y avoue «qu'elle n'en peut plus.... Et il sait bien de quoi.»

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Le 28 février 1633 par le Mercure François (Tome 19)

Page 3 (transcription automatique) :

Le commencement de cette année se passa sans autre chose de considération sinon un édit du roi portant création et établissement d'une cour de parlement en la ville de Metz et un règlement pour la milice et gendarmerie de France afin d'empêcher les grands désordres qui se commettaient sur le plat pays par les gens de guerre.

Il y eut bien quelques désordres à la cour, mais seulement au désavantage du marquis de Châteauneuf, lequel fut arrêté prisonnier le 28 février sur le huit heures du soir et envoyé à la citadelle d'Angoulême, où il est encore. Messire Pierre Séguier, président en la Grande Chambre au Parlement de Paris, fut nommé garde des Sceaux en sa place par sa majesté. Le sieur de Bullion fut pourvu de la charge de garde des Sceaux de l'ordre du roi, que le dit sieur de Châteauneuf avait aussi.

Le sieur Boutillier fut fait trésorier du même ordre, et tous trois reçurent le cordon bleu par la main de sa majesté. Nous avons fidèlement rapporté tout cela au dix-huitième tome de notre Mercure François. Ce changement donna sujet à plusieurs de songer à leur conscience.

Le sieur de Hauterive, frère du dit sieur de Châteauneuf, ayant appris que son frère était arrêté, s'enfuit promptement la nuit même en Hollande. Ce qui donna sujet de soupçonner qu'il y eut quelque chose de plus grand conséquence en cette affaire. Le marquis de Lunéville, leur neveu, et le chevalier du Jard furent envoyés à la Bastille.

Auparavant, la disgrâce de ces messieurs furent publiées et vérifiées en la cour de parlement de Provence les lettres patentes du roi, portant création de la charge de grand maître, chef et surintendant général de la navigation et commerce de France, en faveur du cardinal duc de Richelieu, lesquelles on peut voir au treizième tome du Mercure. 

 

***

 

Le Mercure François indique que le garde des sceaux Châteauneuf a été arrêté au soir du 28 février, Richelieu précise que l'affaire commença dès le 25 février : 

 

Richelieu Mémoires. Tome XIII (1633) 

Et parce que ces affaires ne pouvaient bien aller si, entre ses principaux ministres, il y en avait quelqu'un qui ne travaillât pas d'une égale fidélité avec les autres, ou qui eût des desseins particuliers pour son intérêt ou sa passion, qui ne reportassent pas entièrement à son service, ou qui lui fussent contraires, elle (sa majesté) se trouva obligée d'éloigner de son conseil le garde des sceaux de Châteauneuf, duquel elle avait dû mécontentement il y avait déjà quelque temps. En la conférence particulière que Sa Majesté eut avec le cardinal à Rochefort, à son retour de Brouage, elle lui fit beaucoup de remarques qu'elle avait faites pendant son absence de l'infidélité du dit sieur de Châteauneuf, et lui fit connaître la résolution qu'elle avait prise de le chasser, dont le cardinal la détourna autant qu'il put, la suppliant de trouver bon qu'on prit temps de bien examiner ses actions, vu qu'on ne pouvait procéder trop mûrement lorsqu'il était question de faire ou défaire un ministre. Mais il continua si opiniâtrement à suivre le train qu'il avait commencé, qu'enfin il n'y eut pas moyen d'en souffrir davantage.

Sa Majesté étant à Saint-Germain-en-Laye, lui envoya le 25 février redemander les Sceaux, et ensuite le fit arrêter prisonnier par le sieur de Gordes, capitaine des gardes de son corps, et le fit conduire le lendemain par le sieur de Lamont, enseigne de ses gardes écossaises, dans son château d'Angoulême. Sa Majesté honora de cette charge le sieur Séguier, président au Parlement de Paris, et fit garde des Sceaux de l'ordre du Saint-Esprit le sieur de Bullion. On avait fait le sieur de Châteauneuf garde des Sceaux à l'éloignement du sueur de Marillac, croyant qu'il n'aurait autre mouvement que celui que le commandement du roi lui donnerait, ou l'intérêt de son service, d'autant que jusque-là, il avait fait paraître n'avoir autre intention, et depuis quelques années était toujours demeuré attaché auprès du cardinal, servant avec beaucoup de témoignages d'affection et de fidélité. Mais dès qu'il se vit émancipé par l'autorité de sa charge, et en état d'agir seul lors ses inclinations, il avait tenu cachées auparavant par respect et par crainte, commencèrent à paraître. Il se jeta dans les cabales de la cour, particulièrement en celles des dames factueuses, dont la principale était la Duchesse de Chevreuse, l'esprit et la conduite de laquelle avaient été souvent désagréables aux rois, comme non seulement n'ayant jamais manqué à être de toutes les mauvaises parties qui avaient été faites contre son service, mais même en ayant quasi toujours été un très dangereux chef de partie.

Son intelligence avec elle passa si avant qu'il s'intéressa en ses passions dans l'Angleterre même, en laquelle il avait amitié avec le comte de Holland, et ensuite crédit avec toute sa cabale, ce qui produisit de mauvais effets à cet état, comme nous avons dit les années passées. Le dit Châteauneuf s'y attacha aussi, et sans considérer qu'en la charge où il était, il devait bien moins que nul autre entretenir ses pratiques dans une cour étrangère, il y écrivait continuellement, et faisait ou faisait faire par ses correspondants tous les mauvais offices qu'il pouvait au sieur Creston, grand trésorier d'Angleterre, parce que le comte de Holland était son ennemi, ne considérant pas que c'était celui seul qui tenait le parti du roi en ce pays-là, qu'il gouvernait son maître, et que c'était grandement préjudicié au service du roi que de l'offenser. Mais tout cela ne le touchait point, car il alla même jusqu'à ce point que d'essayer de discréditer l'ambassadeur du roi, le rendre désagréable à la reine d'Angleterre, et par elle au roi son mari, au contentement duquel, si quelque affaire se terminait en France au conseil de sa majesté, il en donnait l'avis de là quelque temps auparavant, disant qu'il la ferait passer de la sorte, en dérobant le gré qui en était dû au roi pour se l'attribuer, et autant encore l'entremise des bons offices de son ambassadeur.

Le roi d'Angleterre, qui eut avis de cette cabale, ne l'eut pas agréable, témoigna au comte de Holland le mécontentement qu'il en avait, la dissipa entièrement, et maintint son grand trésorier contre tous ses ennemis. Sa majesté, l'ayant fait arrêter prisonnier et envoyé à Angoulême, envoya aussi quant et quant à la Bastille le sieur de Leville, son neveu, et le chevalier de Jars, son confident, qui, à quelques mois de là, fut condamné à avoir la tête tranchée  pour la part qu'il avait prise en la cabale d'Angleterre, et avoir traité d'y faire passer la reine-mère et Monsieur. Mais sa majesté, lui faisant grâce, commut en sa peine de mort en une prison perpétuelle.

Le sieur de Hauterive, son frère, se sauva à la faveur de la nuit et se retira en Hollande. Le maréchal d'Estrée, qui avait de longue main une amitié particulière avec le dit sieur de Châteauneuf, sachant sa disgrâce, partit le 15 mars à l'improviste de Trèves, où il commanda les armées du roi, sans ordre ni permission de sa majesté, et se retira à Vaudrevange sur le soupçon qu'il prit que les sieurs de la Saludie et de Bussy-Lamet avaient ordre de l'arrêter, qu'il avait reçu par un courrier qui passa à Trèves, et qui ne lui avait point apporté les lettres comme aux autres. Il prit néanmoins un autre prétexte de sa retraite, et dit qu'il allait prendre des eaux, mais il l'avouait depuis à sa majesté, et lui envoya le 19 mars un gentilhomme pour lui demander pardon de cette action et lui dit ingénument les raisons qu'il lui avait fait faire. Sa majesté lui remit la peine qu'il méritait, et lui renvoya son gentilhomme avec lettres qu'il assurait de sa bonne volonté, et lui commandait de retourner à Trèves en sa charge. Madame de Chevreuse, qui était la cause de la perte du dit sieur de Châteauneuf, fut aussi quelques mois après éloignée de la cour, le roi commandant au duc de Chevreuse son mari, de l'envoyer en Touraine, en une maison qui était au feu duc de Luynès, où elle demeurerait jusqu'à ce qu'il eut agréable de la rappeler.

Les historiens ont retenu la date du 25 février comme le jour où Châteauneuf remis les sceaux, mais si le moment de son arrestation n'est pas précisé (à l'exemple de la narration de Richelieu) on suppose (la plupart du temps) qu'elle advient postérieurement : 

Claude (sic.) de Laubespine, marquis de Châteauneuf, eut les sceaux le 14 novembre 1630 qui lui furent ôtés le 25 février 1633 avec la liberté.

Jean-Joseph Expilly. Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, Volume 6. Liste des Chanceliers et des Gardes-Sceaux de France. 1770Page 698. 

https://books.google.cz/

Le 25 Février 1633, le sieur de la Vrilliere, secrétaire des commandemens, eut ordre du roi d’aller retirer les sceaux des mains de M. de Châteauneuf, lequel remit aussitôt le coffre où étoient les sceaux ; & M. de la Vrilliere l’ayant remis au roi, retourna demander à M. de Châteauneuf la clé du coffre, qu’il avoit pendue à son cou : il fut ensuite conduit à Angoulesme.

https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Diderot_-_Encyclopedie_1ere_edition_tome_7.djvu/549

Le 25 Février 1633, le sieur de la Vrilliere, secrétaire des commandemens, eut ordre du roi d’aller retirer les sceaux des mains de M. de Châteauneuf, lequel remit aussi-tôt le coffre où étoient les sceaux ; & M. de la Vrilliere l’ayant remis au roi, retourna demander à M. de Châteauneuf la clé du coffre, qu’il avoit pendue à son cou : il fut ensuite conduit à Angoulesme.

120Pierre Seguier, président au parlement, reçut les sceaux de la main du roi le dernier du même mois.

Article Garde des Sceaux de France, (Hist. & Jur.), vol. VII (1757), p. 495b–505a

https://enccre.academie-sciences.fr/encyclopedie/article/v7-732-63

Devenu suspect auprès du cardinal de Richelieu après le procès des maréchaux de Marillac et de Montmorency, il rendit les sceaux le 25 février 1633, fût arrêté et conduit au château d'Angoulême où il demeura dix ans prisonnier. Les sceaux lui furent rendus en 1650, il les garda jusqu'en 1651 qu'il se retira des affaires.

"On n'a pas su bien certainement la cause de sa disgrace."

Encyclopédie méthodique  : histoire. 1784. p.473

https://books.google.cz/books?

26 février 1633:

Traité d'alliance pour le maintien de la paix dans l'Empire, entre France et Duc de Saxe (Electeur), à Dresde.

Le traité est signé par mandat de Louis XIII - Franciae et Navarra Regismais  le texte signé par le Duc de Saxe continue de faire référence au Galliorum Regis - inclus dans un système l'opposant au Regis Romanorum

https://basedoc.diplomatie.gouv.fr/exl-php/util/documents/accede_document.php?1655120207230


26 février 1633:

 Traité d'alliance entre la France et l'électeur de Brandebourg : Francia et Navarra Rex

https://basedoc.diplomatie.gouv.fr/exl-php/util/documents/accede_document.php?1655122268102

26 février 1633: adoption de la police de l'alphabet moderne. 

Louis Barbedor exécuta un exemplaire de lettres françaises ou rondes, et Le Bé un exemplaire de lettres italiennes ou bâtardes. Le Parlement, après avoir examiné ces modèles, décida par un arrêt du 26 février 1633 « qu'à l'avenir on ne suivrait point d'autres alphabets, caractères, lettres et forme d'écrire, que ceux qui étaient figurés et expliqués dans ces deux exemplaires ».

http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=3106

28 février 1633: Les nouveaux sceaux sont confiés à Ségiuer.