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Fonetická metoda Kodymova - 1938 / 1944

24. 5. 2026

 

Les nations face à la propaganda-abteilung !

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Manuel I : partie I. cours élémentaire (pp.17-95 /leçon I - XXV)

La leçon de cette première partie est organisée systématiquement suivant le même schéma :

1- Les bases de la prononciation (Základy výslovnosti)

2- La grammaire (Mluvnice)

3- Le texte didactique (dialogue) servant de corpus d'application au point de grammaire.

4- Le lexique (slovníček) du texte avec sa traduction. 

5- La traduction du texte. 

6- les paroles d'une chanson populaire (Il pleut bergère/ Au clair de la Lune... - toujours accompagnée de leur transcription phonétique et de la traduction.)

Leçon I 
p.22 Instruction pour l'apprentissage
Sous les lignes du texte en français, est indiquée sa prononciation marquée par nos lettres phonétiques (tchèque). Lisez lentement phrase après phrase en commençant par la transcription phonétique et ensuite le texte en français! Après l'article (le texte) on trouve  un lexique de tous les mots présents dans le texte, après le lexique on trouve la traduction en tchèque du texte. Essayez pourtant de comprendre le texte à partir du lexique. La traduction doit vous servir pour contrôler si vous avez compris correctement le texte. 
Les règles de prononciation des lettres, prises séparément ou de façon combinée, seront exposées plus tard. Efforcez-vous de vous faire rentrer dans le crâne l'orthographe française de tous les mots!
Pour l'apprentissage, nous recommandons de procéder comme suit :
1.Recouvrez d'un papier la transcription phonétique et lisez le texte français !
2. Recouvrez d'un papier le texte français, lisez la transcription phonétique et en même temps écrivez le texte français!
3. Retraduisez en français la traduction du texte en tchèque !
Efforcez-vous de prononcer suivant les règles que nous avons vues auparavant. La prononciation exacte et précise vous sera enseignée très bientôt par le professeur Fouché dans les bases de la prononciation (note : leçon II - leçon XXIV - leçon XXV commence avec "la grammaire") . N'oubliez pas qu'en français l'accent se trouve sur la dernière syllabe prononcée du mot. Dans la phrase, on trouve l'accent principal sur la dernière syllabe de la phrase. 
 

Dans la manuel I,

leçon III (p.30)-  dans l'édition de 1938 ont trouve : "Nous sommes à Prague, en Tchécoslovaquie." 

Dans l'édition de 1944 : "Nous sommes à Prague." Si la "Tchécoslovaquie" a disparu du manuel, elle n'a pas été remplacée (par le "Protectorat"/ "Bohème".)

Leçon XVIII (p.74)

- 1938 : "Le train pour Paris part tous les jours vers onze heures de la gare Wilson."

- 1944 : "Le train pour Paris part tous les jours vers onze heures.'

C'est en 1917, durant la Première Guerre mondiale, que Tomáš Masaryk créa le Conseil national tchécoslovaque avec Edvard Beneš et Milan Štefánik. Auprès des Alliés, Masaryk aux États-Unis, Štefánik en France, Beneš en France et au Royaume-Uni œuvrèrent pour faire reconnaître le projet tchécoslovaque en s'appuyant sur le « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » et sur le dixième des « Quatorze points » du président américain Woodrow Wilson.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tch%C3%A9coslovaquie

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Manuel II (pp.99-276 / leçon I. - L)

Les leçons sont construites sur le même modèle que dans le manuel précédent, seule la chanson a disparu, remplacée par des exercices de version et de thèmes. Les textes ont perdu leur transcription phonétique et sont plus longs que dans le premier manuel. Ils possède un caractère plus littéraire - même s'ils restent didactisés et non sont toujours pas des documents authentiques. Ils incitent à une analyse textuelle pour explicité un trait d'humour ou un caractère moraliste (calembour / proverbes). Un premier extrait de texte littéraire (authentique) apparait à la leçon XXI, signé par Charles Bigot. A la leçon XXII, on trouve un texte (Le pain) du Communard Jules Vallès; texte qui apparait à l'identique en 1944. Même Ernest Lavisse, le père de l'histoire positiviste et des Hussards noirs de la République, malgré ses prises de position très anti-allemandes après la première guerre mondiale, n'a pas été censuré (p.201, leçon XXXII), pas plus que le poème de Lamartine, plaidant pour accordée au colporteur juif un enterrement digne et pour accueillir dans la communauté sa veuve et ses enfants (leçon XXXVI p.207/208)

INTRODUCTION

Par ce cahier, nous commençons le deuxième niveau des leçons de français, qui fait suite au premier niveau.

Dans le premier niveau, qui comprenait 25 leçons, vous avez appris les bases de la grammaire sans lesquelles même la conversation la plus simple est impossible. Vous avez acquis les mots les plus nécessaires de la langue parlée dans les domaines les plus variés de la vie quotidienne. Vous avez appris à prononcer correctement les mots français dans le contexte des phrases et à distinguer avec précision les nuances subtiles des voyelles françaises. Dans toutes les parties de l’apprentissage de la langue — grammaire, vocabulaire et prononciation — nous avons toujours veillé à enseigner la langue vivante, telle qu’elle est réellement parlée aujourd’hui en France, et non une langue artificielle, façonnée pour les besoins des règles grammaticales. Parmi les mots que vous avez appris, il n’en est pas un seul qui soit exclusivement littéraire et qu’un Français n’utilise pas quotidiennement.

C’est sur ces bases solides que nous construisons ce deuxième niveau. Ici aussi, notre principe fondamental sera d’enseigner la langue vivante, celle de la France d’aujourd’hui. Nous élargirons progressivement et méthodiquement le vocabulaire par de nouveaux groupes de mots d’usage courant. En grammaire, nous consoliderons les connaissances acquises et introduirons de nouveaux phénomènes grammaticaux en tenant toujours compte des besoins pratiques. En ce qui concerne la prononciation, le professeur Fouché poursuivra son enseignement, approfondissant et complétant les connaissances déjà acquises, et conduira ainsi les élèves vers une prononciation française parfaitement correcte.

La langue vivante s’exprime avant tout à l’oral, mais pas exclusivement. L’homme moderne s’intéresse à toutes les formes de la vie culturelle : il lit des journaux, des revues spécialisées et des magazines, ainsi que des livres ; il écoute la radio, des conférences, va au théâtre, etc. Cela enrichit et forme également son langage. Par exemple, l’influence de la presse a contribué à diffuser de nombreuses expressions. Et puisque vous voudrez vous aussi comprendre les journaux, les livres, les conférences en français — et que, pour beaucoup d’entre vous, la lecture de revues constituera l’application pratique principale des connaissances acquises — nous ne nous limiterons pas, à ce niveau, à la langue parlée, mais nous inclurons également la langue écrite avec ses expressions et ses moyens grammaticaux. Toutefois, là encore, nous choisirons toujours les mots et les tournures les plus couramment utilisés.

La méthode restera globalement la même. Nous supprimerons toutefois la transcription phonétique de l’ensemble du texte, considérant qu’elle n’est plus nécessaire. À la place, nous indiquerons la prononciation des nouveaux mots dans le vocabulaire placé après le texte. Nous conserverons encore la traduction du texte comme exercice de rétroversion en français. En outre, nous ajoutons d’autres exercices destinés à renforcer l’apprentissage.

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Partie III  - Cours avancé

INTRODUCTION

Nous avons terminé le deuxième niveau des cahiers d’apprentissage du français et nous commençons le troisième niveau.

La matière grammaticale est désormais, dans l’ensemble, achevée, et il revient maintenant à la lecture d’entretenir dans l’esprit les connaissances grammaticales acquises et ainsi de les consolider. Dans cette troisième partie, la grammaire ne sera abordée qu’occasionnellement, dans la mesure nécessaire à la compréhension du texte.

Nous devons lire chaque texte attentivement et à voix haute. La prononciation des mots plus difficiles, ou de ceux dont nous savons par expérience que les Tchèques les prononcent mal, sera indiquée dans le vocabulaire placé après le texte. Lors de la lecture, il est aujourd’hui essentiel de ne pas relâcher l’exactitude de la prononciation que nous avons apprise, notamment pour les voyelles, et de ne pas prononcer les voyelles françaises comme des voyelles tchèques. Il pourrait facilement arriver qu’un Français ne nous comprenne pas. Nous devons toujours distinguer clairement entre les voyelles ouvertes et fermées (o, e, eu), prononcer le i de manière bien nette (presque comme le long i tchèque dans le mot « víno »), ne pas oublier l’arrondissement des lèvres pour o, ou, eu, bien prononcer u [ü] sans le confondre avec le i tchèque, etc. Ce sont là des points très importants. En revanche, ce ne sera pas grave si nous ne distinguons pas entre le a antérieur et le a postérieur, que même beaucoup de Français ne différencient pas bien et dont la confusion n’empêche pas la compréhension.

Nous devons lire à voix haute afin d’exercer les organes de la parole dans cette gymnastique des muscles buccaux, bien plus sollicités en français qu’en tchèque. Nous devons lutter, lors de la prononciation, contre notre propre tendance à la facilité — c’est en même temps un excellent exercice de volonté.

Nous lisons le texte attentivement. Nous observons les formes grammaticales, les tournures, nous prenons conscience des différences d’expression entre le tchèque et le français (nous attirons ici particulièrement l’attention sur l’infinitif français là où le tchèque emploie une proposition subordonnée), nous constatons ici un verbe à l’imparfait, là au passé simple ou au plus-que-parfait, ailleurs au subjonctif, et nous cherchons pourquoi ; en bref, nous nous efforçons de pénétrer l’esprit de la langue française. De cette manière, nous perfectionnerons notre connaissance et notre sens de la langue, si bien que les constructions et tournures françaises deviendront pour nous naturelles et familières.

Dans cette troisième partie des cahiers de français, nous mettons l’accent principal sur la connaissance de la France, du pays et de son peuple. Nous voulons familiariser le lecteur avec la culture française telle qu’elle s’est développée au cours des siècles, ainsi qu’avec ses principaux représentants. En littérature, nous commencerons par le XVIIIᵉ siècle, au cours duquel la civilisation française dominait le monde entier, où le français s’est répandu comme langue diplomatique et sociale dans tous les pays, et qui s’est achevé par la Grande Révolution.

Si l'introduction au troisième cours reste identique dans les deux éditions, elle devient plus surprenante dans la version de 1944, car elle correspond beaucoup moins à la réalité du contenu du cours. En effet, si les parties "prononciations de bases" restent inchangées (abordant les même problèmes phonétiques), les textes qui suivent cette première partie ont complétement changé d'une édition à l'autre. La leçon I présentait "la France" - le site -  accompagné d'une carte intitulé "La France", comme seond texte de la leçon I, on trouvait en 1938 une courte biographie de Voltaire 'en tchèque) présentant "Le monde comme il va" - Vision de Babouc. Dans l'édition de 1944, on trouve un texte intitulé "Jacques-Henri Bernardin de Saint Pierre" présentant une courte biographie de cet auteur, suivi d'un extrait de Paul et Virginie "La bonté de coeur de Virginie". et par un deuxième texte :"Enfance de Mozart" tiré de "Beyle, Vie de Mozart.

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Le manuel se termine par une dernière partie présentant des remarques finales : « závěrečné poznámky. »

 (édition de 1938 - cette partie disparait de la table des matières de l'édition de 1944, elle est remplacée par le manuel de phonétique Co má z fonetiky věděti ten, kdo se sám učí franštině qui apparait en début de méthode dans l'édition de 1938 - mais en réalité, cette partie apparait entre les leçons XXIII et XXIV du 3ème cours. Elle porte le titre "poznámky"sans le qualificatif "závěrečné

On peut supposer que cette "dernière partie" a d'abord été censurée et les auteurs, prétendant se conformer aux exigences de la censure, ont effacer ces remarques de la table des matières. Cependant, ils ont de toute évidence trouver la solution pour préserver cette partie en la cachant à l'intérieur du manuel. 

La partie "remarque" est identique dans les deux éditions, à l'exception de la première phrase : Náš kurs je u konce (1938) / Náš kurs se blíží ke konci. (1944)

Je vais chercher une raison plausible qui explique la volonté de censure de cette partie.

 

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RESUME DES REMARQUES (CONCLUSIVES)

Le cours se termine et l’élève assidu peut être satisfait d’avoir acquis une maîtrise large de la langue : prononciation, grammaire détaillée, vocabulaire utile et tournures idiomatiques, lecture et écriture. L’approche vise non pas un secours ponctuel mais une compétence complète et variée.

Principaux conseils et conclusions :

  • La langue ne se limite pas à quelques phrases utiles : il faut étudier des registres variés (conversation, presse, littérature, sciences).

  • Penser dans la langue et assimiler son « esprit » (locutions, usages culturels) sont essentiels ; les traductions littérales sont trompeuses.

  • Entretien permanent : révisions régulières et exercices quotidiens (mieux quelques minutes fréquentes que de longues séances irrégulières).

  • Moyens recommandés : radio, films sonores, journaux, romans légers, ouvrages spécialisés et historiques, contes et études des mœurs du pays — pour améliorer prononciation, compréhension et connaissance culturelle.

  • Connaître la culture et les usages du pays est indispensable pour une maîtrise pratique de la langue.

  • Encouragement final : continuer à pratiquer et diversifier les lectures ; le manuel doit rester un outil de référence pour progresser toute la vie.

En résumé : apprentissage approfondi, pratique constante, diversification des sources et immersion culturelle sont la clé d’une maîtrise durable.

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« Notre cours se termine. Le lecteur, qui s'est tenu à nos instructions (pokyny) et a étudié soigneusement (bedlivě) le contenu du manuel, peut se dire avec satisfaction, qu'il a accompli un travail conséquent pour sa propre éducation et qu'il a appris une langue, qu'il a choisi comme matière de ses études, l'apprentissage de la langue étrangère d'un ressortissant d'une autre nation. Nous avons porté des efforts particuliers à l'apprentissage (naučení) de la prononciation, nous nous sommes efforcés de présenter des exemples pratiques de grammaire (mluvnici) jusque dans leurs plus petits détails, nous avons choisi avec soin le lexique (slov) et nous avons fourni à l'apprenant un trésor (poklad) lexical, afin qu'aucun mot ou tournure ne lui manque pour les besoins de la vie quotidienne. Nous ne nous sommes absolument pas contentés de cet objectif. Nous avons montré la parole (mluva) populaire au travers de nombreux exemples tirés de lectures présentées au lecteur et choisies pour leurs aspects littéraires (soutenues/spisovné) et de spécialité (odborné). Le lexique et les tournures que nous avons fournis aux apprenants dépassent considérablement les besoins pratiques courants. Le but de notre cours n'était pas d'uniquement préparer l'apprenant à se mettre d'accord, en cas d'urgence, avec un étranger dans sa langue natale, mais nous avons voulu – et nous sommes convaincus d'y avoir pleinement réussi- lui fournir un enseignement (výuka) le rendant capable de s'exprimer sur tous les sujets, de lire tout et qu'il soit en particulier capable d'écrire dans la langue, qu'il a choisi d'étudier.

L'avantage d'un long (velké) manuel sur un petit, promettant d'enseigner (naučit) une langue à partir du « plus nécessaire », repose justement sur ce « plus nécessaire » qui n'est pas suffisant. Nous savons par notre propre expérience, qu'il est impossible de réduire la langue tchèque à quelques centaines de mots et quelques dizaines de phrases les plus courantes. Un tel bagage pourrait suffire à un étranger qui voudrait uniquement se faire comprendre chez nous. S'il veut résider en permanence chez nous, ou entretenir des relations suivies, lire nos livres et nos journaux, il doit en savoir beaucoup plus. Un observateur superficiel pourrait croire que notre langue (řeč) est partout la même, alors que la langue en usage pour la conversation est toute différente de la langue écrite des journaux et des livres. De plus, les langues (řeč) de nos livres se diffèrent les unes des autres. Notre langue sonne différemment dans les recueils de poésies, les romans ou les œuvres scientifiques.

La langue de Jirásek

(Alois,,il est l'un des premiers à signer, en mai 1917, le Manifeste des écrivains tchèques (https://cs.wikipedia.org/wiki/Manifest_%C4%8Desk%C3%BDch_spisovatel%C5%AF), une déclaration importante soutenant les efforts politiques en faveur de l'indépendance de l'État de la nation tchèque. Avec Izidor Zahradnik (futur ministre des chemins de fer), il a participé à la lecture de la déclaration d'indépendance de la Tchécoslovaquie le 28 octobre 1918 à 11 heures sous la statue de saint Venceslas. Le samedi 21 décembre 1918, il a salué le président Tomáš Masaryk en prononçant un discours à la gare Wilson de Prague après 13 heures, à l'occasion de son retour triomphal dans son pays. signataire en 1917 du manifeste des écrivains tchèques)

est différente de celle de Vančura

(Vadislav Vančura, (Rozmarné léto 1926 – národní umělec - 1946) exécuté le 2 juillet 1942 en représentailles de l'assassinat de Heydrich

Vančura entered the strong anti-Hitler cultural movement and started to write the book Obrazy z dějin národa českého (Pictures of the History of the Bohemian Nation); its first parts were published and then became a bestseller and symbol of resistance. On 15 March 1939 the rest of Czechoslovakia was occupied.

Vančura was a member of the Communist Party of Czechoslovakia since its founding. He was expelled from the party in 1929 for signing the Manifesto of the Seven, nonetheless he continued to support the Communist Party. During the German occupation of Czechoslovakia, Vančura joined a secret communist resistance group in Autumn 1939. On 12 May 1942, at 5:00 a.m., the Gestapo assaulted his house in Zbraslav, arrested him and tortured him in the Prague Gestapo headquarters. On 27 May 1942 a commando of the Czechoslovak Foreign Army based in Britain assassinated Reinhard Heydrich, Hitler's governor in Prague. As a result, there was a wave of reprisals: in the following weeks more than 2000 members of the Czech elite were executed. One of them was Vančura, executed by SS members in the military area Prague-Kobylisy on 1 June 1942 at 6:45 p.m. His body together with many others was disposed of secretly at Strašnice Crematorium / https://en.wikipedia.org/wiki/Vladislav_Van%C4%8Dura

 

la différence est grande dans la façon de s'exprimer, dans le choix du vocabulaire chez Dyk

(Vitor Dyk – écrivain nationaliste, dans les années 1910 – 1914 rédacteur de la revue samostatnost (indépendance), qui finit par être interdite, il travailla pour d'autres revues, Lidove Noviny, mais toujours pour y critiquer le système de gouvernement autrichien, « La crainte de son emprisonnement poussa même, en 1915, Masaryk, qui séjournait déjà alors en exil à l’étranger, à persuader Dyk, par l’entremise de Beneš, de quitter le pays. », il fut arrêté avec le rédacteur en chef de Lidove Noviny et emprisonné en 1916. Il signa par corresondance le manifeste des écrivains tchèques, relâché en mai 1917, il adopta des vues encore plus radicales. « Son activité politique commença en 1911, lorsqu’il devint membre du Parti progressiste des droits de l’État et se porta sans succès candidat, pour ce parti, dans la circonscription de Vinohrady au Conseil d’Empire. En 1918, il participa à la fondation de la Démocratie nationale tchécoslovaque (Československá národní demokracie ). Aux élections législatives de 1920, il obtint pour la Démocratie nationale un siège de député à l’Assemblée nationale. Aux élections législatives de 1925, il entra ensuite au Sénat pour ce parti. Il renouvela son mandat aux élections de 1929. Il resta au Sénat jusqu’à sa mort en 1931. Il fut alors remplacé par Jan Kapras.

Il était d’orientation droitière et nationaliste. Il compta parmi les plus marquants opposants de la Première République à la soi disant “politique du Château”, et surtout à ses artisans T. G. Masaryk et Edvard Beneš. Il écrivait à l’occasion dans la revue Vlajka, publiée par le mouvement Vlajka.

Son activité littéraire allait de pair avec son action politique ; l’exemple le plus frappant se trouve dans le livre Campagnes perdues (1914), où il résume son activité prosatique et lyrique d’avant et d’après élection durant les législatives de 1911, ou encore dans l’après guerre, lorsque sa lyrique visait surtout des attaques contre ses adversaires politiques. Le sacrifice de la création littéraire au pamphlet politique est perceptible, par exemple, dans le poème Sainte Alliance, où il critiquait la création à des fins opportunistes d’un cartel électoral. L’abus des vers pour combattre ses adversaires fut reproché à Dyk, par exemple, par F. X. Šalda. Selon lui, Dyk avait fait de la poésie la servante de la politique et il s’étonnait que, nationaliste corps et âme, il n’ait pas su adresser avant tout son activité poétique à la nation, mais qu’il l’ait surtout utilisée pour rendre les coups à ses adversaires politiques qui attaquaient le parti national démocrate dont il était membre. » https://cs.wikipedia.org/wiki/Viktor_Dyk

ou Čapek

 (In 1938, it became clear that the Western allies, namely France and the United Kingdom, would fail to fulfil the pre-war treaty agreements, and they refused to defend Czechoslovakia against Nazi Germany. Although offered the chance to go to exile in England, Čapek refused to leave his country – even though the Nazi Gestapo had named him "public enemy number two".[36] While repairing flood damage to his family's summer house in Stará Huť, he contracted a common cold.[31] As he had suffered all his life from spondyloarthritis and was also a heavy smoker, Karel Čapek died of pneumonia, on 25 December 1938.[34]

 Surprisingly, the Gestapo was not aware of his death. Several months later, just after the German invasion of Czechoslovakia, Nazi agents came to the Čapek family house in Prague to arrest him.[12] Upon discovering that he had already been dead for some time, they arrested and interrogated his wife Olga. She was later released and lived until 1968; she died onstage of a heart attack while performing one of her husband's plays.[37] His brother Josef was arrested in September and eventually died in the Bergen-Belsen concentration camp in April 1945 - https://en.wikipedia.org/wiki/Karel_%C4%8Capek).

 

Nous n'indiquons ces exemples que par hasard (namátkou). Celui qui est né en Tchécoslovaquie, qui fut éduqué dans nos écoles, ne prêtera aucune attention à ces différences tant qu'il ne s'y intéressera pas particulièrement. L'étranger qui a appris notre langue remarque ces différences brutalement (rázem). Nous percevons aussi ces différences quand nous commençons à lire des livres en langue étrangère. Celui qui n'a parcouru que les exercices consacrés aux « cas d'urgence », se rend compte rapidement que ce « plus nécessaire » ne suffit vraiment pas. Tout notre cours visait à produire un enseignement (výuka) vraiment suffisante.

Nécessité de toujours progresser dans son apprentissage (učení)

Notre devoir a pris fin, mais le devoir de apprenant (žákův) est loin d'être fini. Même en supposant que l'apprenant a étudié consciencieusement nos exercices, a suivi à la lettre (uposlechl) nos conseils, s'il ne persévère pas avant d'avoir acquis (osvojil) toutes les exercices éudiés (poučení) précédemment, nous sommes contraints de lui rappeler avec insistance qu'il ne convient pas de mettre de côté notre manuel. Nous conseillons l'apprenant, dans son intérêt le plus personnel, de toujours y revenir pour réviser les anciennes leçons, rafraîchir ses connaissances (vědomostí) autant que de les approfondir. Pendant le cours, même les meilleurs des apprenants, les plus doués et les plus consciencieux, peuvent oublier des petits riens. Chaque manque (mezera) dans les connaissances (ve vědomostech) peut devenir souvent la cause d'erreurs désagréables et pénibles. C'est pourquoi nous vous conseillons de toujours réviser le contenu expliqué dans le cours. Ce manuel doit devenir un conseiller permanent et indispensable, un guide langagier, vers lequel on retourne sans cesse. En se comportant ainsi, les leçons apprises remplissent pleinement leur mission et seront pleinement au bénéfice de l'apprenant (žáku). L'art né des exercices. C'est pourquoi il est nécessaire de s'exercer en permanence. Non seulement pour préserver les aquis (čemu jsme se naučili), mais aussi pour augmenter les savoirs (vědění). Vous êtes certainement convaincus, que vous savez (víte) tout ce qui a été présenté dans les pages précédentes et que vous le maîtrisez (dovedete) d'une façon impeccable. Si pourtant vous abordez de nouveau une leçon que vous avez déjà étudiez et que vous commencez à en recommencer les exercices, vous serez surpris par tout ce que vous savez encore, et par la façon dont vous allez tout mieux comprendre, et d'une façon différente. Utilisez alors notre cours comme un assistant permanent, l'ami (druh) de toute une vie. Vous verrez que dans quelques années, vous y trouverez toujours quelque chose de nouveau, que vous n'aviez pas remarqué auparavant.


 

On ne doit en aucun cas perdre l'habitude de l’exercice.


On apprend une langue avec peine et difficulté, mais on l’oublie aisément. Décidément plus vite qu’on ne l’apprend. Si nos efforts doivent avoir quelque valeur, nous devons nous occuper de la langue continuellement. Nous avons indiqué dans notre méthode d’étude que la base de tout succès est la régularité et nous avons conseillé avec insistance d’étudier régulièrement. Nous avons dit qu’il importe moins d’étudier chaque jour que d’étudier par périodes aussi régulières que possible. Lorsque l’objectif est de conserver ce qu’on a appris ou même d’en accroître la quantité, la régularité est également nécessaire ; ici toutefois il importe beaucoup que nous nous occupions de la langue apprise aussi souvent que possible, de préférence quotidiennement. Tout comme le musicien exerce jour après jour sa maîtrise, comme le sportif ne conserve sa forme physique et son agilité que par un entraînement constant, il faut, lorsqu’il s’agit d’une langue étrangère, s’y consacrer si possible quotidiennement. Dès que nous perdons l’habitude, nous devrons déployer beaucoup d’efforts pour retrouver des connaissances obtenues laborieusement, d’autant plus que notre but n’est pas de parler de façon hésitante et laborieuse, de lire ou d’écrire péniblement et constamment aidé du dictionnaire.

Ce serait toutefois une erreur totale de croire qu’il faut maintenir les connaissances à des intervalles plus fréquents mais de longues périodes. Cela ne nous demandera pas non plus trop de temps pour ces révisions. Quelques minutes suffisent amplement ; il vaut même mieux passer moins de temps mais plus souvent, que davantage mais en de longues périodes. Cela ne nous demandera pas non plus trop de travail et d’effort. Quand nous serons arrivés à la dernière leçon de notre cours, ce sera même assez facile et agréable, pourvu que nous ne commettions pas l’erreur dont nous ne pouvons trop mettre en garde : nous reposer sur nos lauriers et croire que nous sommes déjà entièrement instruits.

 

Il faut pénétrer l’esprit de la langue.


Si nous avons conçu notre cours aussi largement et si nous avons déjà averti en introduction contre les manuels qui promettent d’apprendre une langue en très peu de temps en sélectionnant ce qui est « le plus nécessaire », c’est parce que nous savons bien que celui qui apprend une langue étrangère n’est en rien aidé s’il n’apprend que quelques mots et les règles grammaticales les plus importantes. Les langues ne se différencient pas seulement par une grammaire et un vocabulaire différents. Chaque peuple s’exprime d’une manière particulière. L’étudiant de notre cours l’aura sans doute suffisamment constaté. Cette spécificité de l’esprit de la langue est précisément ce qu’il y a de plus difficile, mais tant que l’élève ne l’aura pas apprise, il n’arrivera à rien, même s’il connaît tout le dictionnaire par cœur et maîtrise la grammaire comme un professeur. Il y a beaucoup de gens qui ont appris des milliers de mots et connaissent très bien la grammaire. Et pourtant ces personnes ne savent pas construire une seule phrase sans que l’on voie au premier coup d’œil qu’il s’agit d’un étranger ; elles ne savent pas parler couramment et sont constamment en difficulté si elles doivent exprimer oralement ou par écrit quelque chose de plus complexe. Dans notre cours nous avons guidé l’étudiant non seulement pour qu’il apprenne le vocabulaire et la grammaire, mais nous avons surtout cherché à le familiariser avec l’esprit de la langue, ses particularités. Ce par quoi chaque langue se distingue du tchèque est ce qui importe le plus pour la connaître.

Les traductions littérales sont une impossibilité totale. Comparons seulement la façon dont nous exprimons la négation, et comment l’anglais, le français ou l’allemand l’expriment. Nous le verrons tout de suite, comment nous nous exprimons, et comment s’expriment d’autres peuples. Si nous traduisions littéralement leur négation en tchèque, cela donnerait des absurdités. Mais si nous voulions transposer notre façon de nous exprimer dans une autre langue, cela deviendrait encore une fois absurde. Il faut une pratique constante pour que, parlant ou écrivant en tchèque, nous sachions employer non seulement des mots tchèques et des constructions tchèques, et parlant dans une autre langue, employer non seulement ses mots mais aussi ses tournures. Cela n’est possible que si nous nous consacrons à cette langue de façon si assidue que nous serons capables de penser dans cette langue. Ce n’est que lorsque nous y parviendrons — lorsque nous cesserons de traduire intérieurement des phrases tchèques et que des phrases dans la langue apprise surgiront dans notre esprit aussi naturellement que des phrases tchèques — que nous pourrons dire que nous maîtrisons cette langue. Notre cours a fourni aux étudiants la matière nécessaire pour atteindre ce but. Mais pour parvenir réellement à ce niveau, un entraînement et des répétitions permanentes sont nécessaires.

 

Particularités linguistiques.


Les langues ne diffèrent pas seulement par les mots et les formes grammaticales, mais aussi par diverses locutions typiques de chacune. Très souvent, les manuels évitent ces particularités, au détriment des élèves. Celui qui ne s’efforce pas de connaître ces éléments commettra très facilement des erreurs, comme on les reproche si fréquemment aux traducteurs d’ouvrages étrangers en tchèque. Ne connaissant pas toujours parfaitement l’esprit de la langue, ils rendent littéralement en tchèque les mots des auteurs et rendent l’œuvre incompréhensible. Donnons un exemple. Dans la traduction d’un roman très répandu, on lit que X avait des criquets dans la tête. Avoir des criquets dans la tête est une chose étrange et mystérieuse. Si l’on consulte un bon dictionnaire, on constate que dans cette langue le même mot désigne les criquets et les caprices. Dans cette langue on dit effectivement de quelqu’un qui a des caprices qu’il a des criquets. Nous, en revanche, ne disons pas cela, et il n’est donc pas possible d’utiliser cette métaphore. Éviter cette erreur n’est toutefois pas si difficile. Il est plus grave de savoir que certaines locutions courantes chez nous sont incompréhensibles pour un étranger. Nous ne pouvons pas les traduire mot à mot dans une langue étrangère, il faut les remplacer par d’autres expressions idiomatiques. Cela ne nous apprennent évidemment aucune règle grammaticale, mais seulement la pratique constante.

 

Particularités linguistiques et particularités de la vie.


Les particularités de chaque langue découlent des particularités de la vie de chaque peuple. C’est pourquoi la connaissance d’une langue, une connaissance parfaite bien sûr, est la clé pour connaître d’autres peuples ; sans cette connaissance, nous n’apprendrons aucune langue vraiment parfaitement. Chaque nation a des usages sociaux différents, et ceux-ci se reflètent dans sa langue. L’étude linguistique qui ne serait pas associée à l’effort de connaître parfaitement le peuple dont on apprend la langue resterait superficielle et aurait peu de valeur. C’est pourquoi nous avons consacré dans nos leçons tant de place à la description du pays et de ses mœurs, sachant que c’était aussi important que d’exposer des formules grammaticales.

Chaque peuple a des formes d’adresse différentes. Chez nous, la forme simple d’appel et de titre, comme elle se pratique chez les grands peuples occidentaux, ne s’est pas encore implantée, car nous vivons trop sous l’influence allemande. Aux étrangers qui viennent chez nous, nos formes sociales paraissent souvent excessivement respectueuses, pour qu’ils constatent ensuite que, dans certains domaines, nous négligeons justement ce que eux considèrent comme un impératif absolu de politesse sociale. Une parfaite maîtrise d’une langue inclut également la connaissance complète de toutes les formes et usages. Nous avons cherché à instruire l’élève à ce sujet autant que possible. Nous lui avons montré que ni les formes d’adresse ni les usages épistolaires ne sont les mêmes à l’étranger qu’ici. En rappelant cela, nous ne prétendons pas juger ce qui est meilleur ou plus juste. Chaque pays a ses mœurs et nous devons nous y conformer.

Même si nous avons essayé d’instruire l’élève autant que possible à ce sujet, nous devons lui recommander vivement de continuer, par un nouvel apprentissage, à perfectionner les connaissances acquises.

 

Comment poursuivre l'étude d'une langue.


D'abord, comme nous l'avons déjà dit, il est nécessaire d'étudier encore et encore notre cours. De plus, il faut compléter les connaissances étendues que ce cours apporte par d'autres sources. Ce ne sera ni difficile ni coûteux et ce ne sera pas non plus un effort inutile, car outre le fait que nous perfectionnerons ainsi nos connaissances linguistiques, nous enrichirons aussi considérablement nos horizons et notre vie spirituelle. Connaître une culture étrangère est très important. Celui qui le fait vivra sans doute une transformation semblable à celle d'un habitant qui change soudain de lieu et se retrouve dans un endroit où tout est différent. Il apprendra à tout regarder sous un autre angle, il saura comparer et beaucoup de choses lui apparaîtront sous une lumière tout à fait différente. Sa vie intérieure s'enrichira.

 

La radio et le cinéma parlants comme maîtres de la prononciation.


À l'époque où nous n'avions pas la radio, apprendre la bonne prononciation était très difficile. Aucun professeur, même s'il était natif du pays dont nous apprenons la langue, n'aurait pu suffire. Si l'on regarde autour de soi, on voit que dans notre propre prononciation il existe de petites déviations que nous ne percevons pas, parce que nous connaissons notre langue maternelle trop bien pour que ces petites différences nous gênent. C'est différent pour l'étranger qui vient chez nous : il détecte immédiatement ces écarts. De même cela nous arrive à l'étranger. Nous constatons que nous ne comprenons pas également tous les locuteurs natifs. Même les personnes qui maîtrisent très bien une langue étrangère se plaignent que, par exemple, lorsqu'elles vont au théâtre, elles n'y comprennent presque rien. Il leur faut du temps pour que leur oreille s'habitue pleinement à la langue étrangère. Celui qui s'est habitué à la prononciation d'un seul professeur est surpris quand il découvre que tout le monde ne parle pas comme ce professeur.

Depuis que nous avons la radio, nous pouvons écouter la langue étrangère à tout instant, et pas seulement d'une seule personne. À la radio nous entendons des voix d'hommes et de femmes, graves ou fantaisistes, basses et aiguës, posées ou rapides ; tout cela nous offre un précieux substitut au séjour dans le pays étranger. Nous entendons aussi chanter dans la langue étrangère, ce qui a une valeur tout à fait exceptionnelle. Il arrivera certainement que si nous syntonisons une station étrangère, nous ne comprendrons pas beaucoup au début, même si nous comprenons tout ce que nous avons lu. Il ne faut pas désespérer : c'est seulement que notre oreille n'est pas encore habituée. Il nous arrive très souvent d'entendre une chanson tchèque sans comprendre pourtant beaucoup de ses paroles. D'autant plus cela peut nous arriver en entendant une voix inconnue dans une langue où nous ne sommes pas tout à fait chez nous.

Si nous écoutons régulièrement des programmes radiophoniques étrangers, notre oreille s'y habituera vite, surtout si nous alternons bien les émissions en langues étrangères afin d'avoir une programmation aussi variée que possible. Au début il est conseillé d'écouter surtout les informations et des conférences populaires sur des sujets facilement accessibles.

Le film sonore est aussi un très bon auxiliaire. Il faut toutefois garder à l'esprit que les voix des acteurs sont théâtrales, c'est à dire mises en scène. C'est comme au théâtre, où l'acteur ne peut pas parler aussi naturellement que dans la vie quotidienne. Comprendre tout peut nous poser un peu plus de difficultés, notamment là où il y a des numéros chantés, mais bientôt nous pourrons atteindre le but et alors le film sonore en langue étrangère deviendra un aide inestimable.

 

Les journaux sont une école de continuation.


De la même manière que la radio et le cinéma rendent un service remarquable à notre sens de la prononciation et consolident nos connaissances linguistiques, la lecture des journaux est l'aide la plus facile pour s'habituer à une lecture régulière et en même temps pour acquérir le degré suprême de connaissances sur le pays dont nous avons appris la langue.
Les journaux imprimés en grand tirage, destinés aux plus larges couches populaires, sont obligés d'écrire très clairement, d'éviter des formulations compliquées qui nous seraient inaccessibles. Les journaux ne peuvent non plus présupposer des connaissances particulières chez leurs lecteurs. C'est justement de ces connaissances sur le pays dont nous avons appris la langue que nous manquons, et c'est pourquoi les journaux nous seront fort utiles non seulement comme outil linguistique, mais aussi comme source d'information sur ce qui se passe dans ce pays et sur la manière d'y vivre.

 

Au début, choisissons des articles d'un caractère très général, ceux qui n'exigent pas plus que des connaissances linguistiques de base. Ainsi : des nouvelles sur des faits quotidiens mineurs, ou sur la Tchécoslovaquie, dont nous sommes nous mêmes bien informés. Ensuite, nous pourrons aller plus loin, jusqu'à être capables de lire un journal entier. Les plus difficiles seront les plaisanteries ; nous les comprendrons le moins, justement parce qu'elles utilisent des expressions typiques de cette langue ou présupposent une connaissance des mœurs et des usages qui nous manque. En revanche, les magazines illustrés, dont le texte explique les images, seront des auxiliaires indispensables. Se procurer ces journaux n'est ni difficile ni coûteux.

 

Lecture de divertissement.


Outre les journaux, la lecture de loisir mérite notre attention. Au début, nous recommandons une lecture légère. Dans une méthode linguistique très répandue, on conseille la lecture de la Bible comme première lecture. L'auteur de ce conseil part du principe qu'on peut avoir un exemplaire en tchèque sous la main, de sorte que cette lecture poserait peu de difficultés. Avant d'adhérer à ce conseil, il convient toutefois de mettre en garde : la Bible est une lecture trop difficile et, dans la plupart des traductions, son style est fort archaïque pour des raisons de tradition pieuse. La Bible n'est pas un manuel de langue ; on la lit pour d'autres motifs. Pour celui qui veut élargir et consolider ses connaissances linguistiques, la lecture légère est la plus appropriée. Un bon roman écrit simplement, plein d'action et peu chargé de réflexions, est ce qu'il y a de mieux à prendre. N'ayons pas peur des romans d'aventure et des polars populaires aujourd'hui. Il n'est pas nécessaire d'en lire des centaines ; quelques uns suffisent. Ils sont écrits dans un style simple, non compliqué, divertissants, leur vocabulaire est assez restreint, de sorte que leur lecture ne posera pas de difficultés majeures.

Cependant, nous ne nous en tiendrons pas là. Dès que nous constaterons que nous avons surmonté notre difficulté initiale — notre cours, avec ses extraits de lecture, nous y aura grandement aidés — nous nous lancerons dans la lecture d'œuvres de valeur littéraire. Veillons à varier les auteurs et nous verrons très vite que nous nous sentons tout à fait à l'aise dans cette langue.

 

Littérature savante.


Nous n'avons pas appris une langue étrangère seulement pour lire journaux et livres de divertissement. Nous voulons utiliser cette langue pratiquement ; nous devons donc bientôt nous intéresser aux ouvrages instructifs. Il est bon de choisir des livres qui se rapprochent de notre profession et de nos goûts. Lire un livre dans un domaine que nous connaissons bien et qui nous passionne permet non seulement d'élargir nos connaissances spécialisées — ce qui nous est bénéfique — mais aussi de comprendre beaucoup plus facilement le texte. Nous serons étonnés de la facilité avec laquelle cela nous viendra, et nous serons même bientôt tentés de surestimer nos connaissances.

Il est toutefois bénéfique d'étudier des livres d'autres domaines, car ils contribuent sensiblement à l'élargissement de nos horizons et enrichissent considérablement notre vocabulaire. Plus notre lecture sera variée, plus nous apprendrons. Faisons en principe de lire tout texte dans la langue étudiée qui nous tombe entre les mains.

 

Et le plus important : il faut lire sur le pays dont nous étudions la langue.

 

Nous avons exposé très en détail que, pour connaître une langue et pénétrer son esprit, il est nécessaire avant tout de connaître le pays, ses habitants, leur mode de vie et leurs coutumes. On apprend beaucoup par la radio et la littérature, mais encore davantage par les ouvrages consacrés précisément à la description de ce pays. Il s’agit surtout d’ouvrages historiques (ils n’ont pas besoin d’être strictement savants, de bons ouvrages populaires suffisent), que ce soient les histoires générales du pays ou des livres sur des périodes importantes de l’histoire du pays et de son peuple, des descriptions populaires du pays lui même, des livres sur ses usages (par exemple un bon guide de savoir vivre est un ouvrage fort intéressant, digne d’être étudié et comparé à ce que nous considérons comme bonnes manières chez nous), etc. Il est également bon de lire des contes et des légendes, car tant dans la littérature que dans la langue courante on rencontre sans cesse des allusions que ne comprend que celui qui s’en est familiarisé.

À certains lecteurs il pourra sembler que nous insistons excessivement sur ces points et que nous leur donnons plus d’importance qu’ils n’en ont. Il suffit pourtant, par exemple, de comparer nos coutumes de Noël (des plus simples et presque laïcisées aux plus traditionnelles) aux coutumes françaises pour comprendre que ce qui paraît n’être qu’un mince écart est en réalité une différence vraiment significative, dont la connaissance exige la même attention que l’apprentissage de la langue si l’on veut l’utiliser pratiquement. Beaucoup de cela — sans doute tout le nécessaire — nous l’avons expliqué dans notre ouvrage ; il est donc bon d’y revenir et de continuer à l’approfondir par de nouvelles lectures. Si l’on considère que les Français ont non seulement une langue différente et des usages différents, mais aussi une organisation de l’État différente de la nôtre, des mœurs, des divertissements et une vision du monde tout à fait distincts, on voit que l’on entre dans un univers entièrement autre où connaître les mots et les règles de la langue ne suffit pas. En bref : il faut poursuivre l’étude sans relâche.

Après ce que nous avons exposé ici, il deviendra compréhensible pour bien des élèves pourquoi nous avons inséré dans notre ouvrage tant d’articles et de dialogues visant à faire connaître la vie du peuple dont nous avons enseigné la langue. Nous avons voulu offrir à l’élève, qui nous a confié son apprentissage, un enseignement complet qui, autant que possible, remplace le séjour à l’étranger et le contact direct avec les natifs de la langue étudiée. Nous pouvons assurément dire, avec confiance légitime, que nous avons pleinement tenu la promesse faite à l’élève au début de notre cours. Nous souhaitons cependant lui être utile encore après avoir rempli cet engagement et l’avoir conduit jusqu’à l’objectif que nous nous étions fixé, à savoir l’apprentissage approprié de la langue étrangère. Nous avons jugé nécessaire de lui donner encore des conseils pour qu’il conserve ce qu’il a appris chez nous et l’étende ensuite pratiquement et sans difficulté, de sorte que le travail qu’il a entrepris et maintenant achevé devienne pour lui une bénédiction dans sa vie et contribue à son progrès existentiel. L’élève qui a suivi avec confiance le chemin que nous lui avons tracé pourra dire avec satisfaction qu’il a appris parfaitement ce qu’il voulait apprendre.