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193 : l'année des cinq Empereurs

La mort de Commode

Dans le film de Ridley Scott Gladiator (2000), l'empereur dément Commode (Joaquin Phoenix) est tué dans le Colisée mortellement blessé par le général Maximus devenu gladiateur (Russell Crowe). Dans la scène finale, nous en sommes réduits à imaginer que le sage sénateur Gracchus (Derek Jacobi) et la belle princesse Lucilla (Connie Nielsen) deviendront régents de Rome jusqu'à ce que l’héritier Lucius Verus (Spencer Treat Clark) ait l'âge de gouverner. C’est magnifiquement ciselé, émotionnellement puissant et - historiquement – complètement faux.

Voici ce qui s'est réellement passé.

À la fin de 192, il était clair pour tout le monde à Rome que l'empereur Commode était dangereusement fou. Des complots ont commencé à se fomenter. Sa concubine favorite, Marcia, a versé du poison dans son vin, mais n’a réussi qu’à le faire vomir. Plan B: un lutteur nommé Narcisse l'a étranglé. Le lendemain matin (jour de l'An, 193), la garde prétorienne proclama empereur Pertinax, un ancien préfet de la ville (praefectus urbi). Le Sénat le confirma joyeusement et déclara le feu Commode ennemi public, révoqua ses décrets et fît abattre ses statues.

Ainsi commença l'année des Cinq Empereurs, une période chaotique qui allait permettre aux graveurs de monnaie de faire fortune et à la filière des monnaies romaines de devenir florissante. Certaines des pièces de monnaie romaines les plus rares ont été frappées au cours des mois qui suivirent.

Pertinax

Né dans le nord de l'Italie en 126, Publius Helvius Pertinax était le fils d'un esclave affranchi. Parce que son père a prospéré dans les affaires, le jeune Pertinax qui bénéficia d’une bonne éducation, devint professeur. Toutefois, à l'âge de 35 ans, il rejoint l'armée parce que le salaire y était plus élevé. Gravissant rapidement les échelons, se faisant remarquer par l'empereur Marc-Aurèle, qui en fit un sénateur et lui confia une série de commandements provinciaux. En 175, il a été consul (un titre en grande partie honorifique, mais qui accordait encore un grand prestige). La plupart des historiens s'accordent pour dire que Pertinax a été impliqué dans la mort de Commode, mais il a probablement vu cela comme un dernier recours pour sauver Rome et pas par intérêt personnel.

Considérant qu'il a régné pendant seulement 87 jours, sa monnaie est remarquable: six émissions d'or, 11 d'argent et 14 en bronze ou en cuivre à Rome, et plusieurs à Alexandrie y compris les types rares honorant sa jeune femme et son fils Titiana Pertinax junior. Il a augmenté la teneur en argent du denier de 74% à 87%. Son puissant, portrait barbu donne un sentiment de gravitas - terme latin intraduisible qui combine la gravité, l'autorité et le pouvoir d’imposer le respect.

Ce n'était pas assez pour empêcher qu’on le renversât. Le 28 Mars, Pertinax tenta de réprimer une mutinerie de la garde prétorienne. Il fut tué d’un javelot en pleine poitrine.

Sa tête, plantée à la pointe d’une lance, a été montrée à travers la ville jusqu’au camp par les soldats qui l'avaient tué. Ses restes, y compris sa tête, qu’on avait récupérée, ont été déposés dans la tombe du grand-père de sa femme. Et Julianus, son successeur, retrouva son corps dans le palais puis l’enterra avec tous les honneurs. [Historia Augusta, Life of Pertinax, 14:7-9]

Didius Julianus

Né dans une famille sénatoriale distinguée vers 133, Marcus Didius Julianus a grandi dans la maison de Domitia Lucilla, mère de Marc-Aurèle. Comme beaucoup des Romains de l’élite, il fit une carrière suivant le cursus honorum, assumant une série de fonctions et militaires de plus en plus élevées, pour assumer la fonction de Consul la même année que Pertinax. Il peut avoir été impliqué dans la mutinerie qui a conduit à la mort de Pertinax; les sources le dépeignent de manière uniforme comme une canaille et un lâche. Selon la légende, la garde prétorienne mis aux enchères l'empire, et Julianus offrit l'enchère gagnante à 25 000 sesterces pour chaque garde du corps. (l’équivalent de 6250 deniers d'argent, ou 250 pièces d'or aurei- plus de 10 ans de salaire régulier par homme!)

C'est une belle histoire, mais elle n’a probablement jamais eu lieu. Le seul autre «enchérisseur», Titus Flavius Claudius Sulpicianus (préfet urbain et père de l'épouse de l'empereur défunt) était inacceptable pour les gardes, qui craignaient qu'il ne tentât de venger Pertinax.

Julianus n'a pas tardé à émettre des pièces afin de promouvoir son règne impérial et d’honorer son épouse, Manlia Scantilla, et sa fille, Didia Clara. Sur un verso, il tient un globe et se proclame RECTOR ORBIS - ". Maître du monde." Peu confiant dans la loyauté de ses troupes, son type de verso le plus répandu est CONCORDIA MILITIUM- «Le consentement de l'armée. »

Comme ses ennemis se faisaient plus pressants, Julianus se désespérait. Tentant de concilier son principal rival, il fit ajouter le nom "Severus" à sa propre nomenclature sur les monnaies, même si dans le même temps il lança ses assassins afin de le tuer (sans succès). Honni par le sénat et le peuple de Rome, Julianus

...a été mené dans un appartement privé des bains du palais, et décapité comme un criminel de droit commun, après avoir conduit, amassant un immense trésor, un règne anxieux et précaire de seulement 66 jours. [Gibbon, le volume 1, chapitre 5]

La garde prétorienne ne reçu jamais l’argent que Julianus lui avait promis.

Pescennius Niger

Né en Italie entre 135 et 140, Gaius Pescennius Niger est passé au rang de consul en 190 Commode l'a nommé gouverneur de la Syrie en 191. Son cognomen, ou surnom, inhabituel signifie «noir», et est censé venir du fait qu'il avait la peau du cou très sombre. Quand la nouvelle de l'assassinat de Pertinax arriva, neuf légions de l'Est le proclamèrent empereur *.

Sa monnaie a été frappée à Antioche en Syrie, Alexandrie, en Egypte, et Césarée de Cappadoce ("Césarée" était un nom populaire de ville romaine; comme "Springfield" aux Etats-Unis). Frappées à la hâte afin de payer les troupes, les pièces ont souvent des inscriptions gaffées et de fabrication brute. Mais certaines sont impressionnantes, comme le rare tetradrachm d'argent d'Antioche, très rare. Pendant des siècles, les numismates ont cru que Pescennius n’émis aucune monnaie d'or, et les contrefaçons sont apparues dès le 17ème siècle. Environ une douzaine d’aurei, dont certaines sont uniques et dont beaucoup se trouvent dans des musées, sont maintenant considérées comme authentiques.

Un affrontement entre les légions de l’ouest de Sévère et les légions de l'est de Pescennius était inévitable. Après que son armée a été défaite à Issus (où Alexandre le Grand repoussa l'armée perse de Darius III en 333 avant notre ère), Pescennius fut capturé et décapité (Printemps, 194).

Clodius Albinus

"Peu de choses sont connues de sa personnalité, sauf qu'il avait une vision mélancolique et un sens de l'humour grossier, mais il était brave au combat et dur dans sa discipline" [Vagi, 1999, v. 1, p.264].

Decimus Clodius Albinus Septime, dont le cognomen fait référence à son teint très pâle, est né vers 140 à Hadrumète, en Tunisie. Il atteint le rang de consul en 187 et a été nommé gouverneur de Bretagne par Commode. Plus tard Septime Sévère fut proclamé empereur par ses légions en avril 193, il offrit rapidement à Albinus le titre purement honorifique de «César» (en théorie successeur désigné de l'empereur).

Sévère émit des pièces à Rome au nom d'Albinus portant le titre de César, mais le portrait est similaire à celui de Sévère lui-même, les graveurs ont sans doute manqué de portrait réaliste à partir duquel ils auraient pu travailler. Les monnaies gravées au nom d'Albinus au titre de César comprennent au moins cinq types en or (très rare), sept en argent et dix en bronze. Albinus se déclara empereur en 195 quand Sévère éleva son fils, le futur empereur Caracalla, au titre de César. Sa monnaie «impérial», frappée à Lugdunum (Lyon, France), est beaucoup plus rare que sa monnaie au titre de César et dispose d'un portrait très différent. Vaincu dans une grande bataille près de Lugdunum, il s'est tué pour éviter de se faire capturer.

Septime Sévère

 

Ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire, et à peu près tout de ce que nous savons de l'Année aux cinq empereurs est la version que Sévère a voulu nous léguer.

"Septime Sévère, originaire d'Afrique, qui a toujours su, alors qu’il passait progressivement tous les honneurs privés, cacher son ambition audacieuse, et qui n'a jamais été détourné de son cap par les séductions du plaisir, la peur du danger, ou les sentiments de l'humanité" [Gibbon, le volume 1, chapitre 5]

Né dans une influente famille en 145 à Leptis Magna en Libye, son ascendance était punique (et probablement berbère) du côté de son père et romain du côté de sa mère. Il fit une brillante carrière militaire, atteint le consulat en 190, puis est devenu gouverneur de Pannonie à la frontière du Danube.

Quand la nouvelle de l'assassinat de Pertinax fut connue, les trois légions basées à son quartier général dans la ville de Carnuntum acclamèrent Sévère comme empereur. Il marcha aussitôt sur Rome, ne fit qu'une bouchée de Didius Julianus, et bannit les traîtres Prétoriens après avoir exécuté les hommes qui avaient tué Pertinax. Il fit rajouté: «Pertinax» à son propre nom, pour honorer la mémoire de l'ancien empereur (il semble que l’élite romaine changeaient de nom à peu près aussi souvent qu’ils changeaint leur toge).

La monnaie des 18 ans de règne de Sévère est vaste en quantité et en variété, mais ses premières émissions de 193 comprennent un très bel aureus "Victoire" et une série de deniers afin d’honorer et de payer les 16 légions qui l'a finalement soutenu.

* Pour avoir une idée de la façon dont de nombreux soldats ont soutenu la prise du pouvoir Pescennius Niger, une légion se composait d'environ 6.000 hommes au sommet de leur forme.

References

Applebaum, Alan. “Another Look at the Assassination of Pertinax and the Accession of Julianus.” Classical Philology 102:2 (2007)

Bland, R., A.M. Burnett, and S. Bendall. “The Mints of Pescennius Niger in the light of some new aurei.” Numismatic Chronicle 147 (1987)

Bowman, A., P. Garnsey and A. Cameron (eds.) The Cambridge Ancient History, Volume XII: The Crisis of Empire, AD 193-337. Cambridge (2005)

Foss, Clive. Roman Historical Coins. Seaby. 1990

Gibbon, Edward. The History of the Decline and Fall of the Roman Empire, Volume 1. London (1776-1789)

Harrer, G. “The Chronology of the Revolt of Pescennius Niger.” Journal of Roman Studies 10 (1920)

Historia Augusta. (tr. David Magie) Loeb Classical Library. (1921)

Sear, David. Roman Coins and Their Values II. Spink (2002)

Vagi, David. Coinage and History of the Roman Empire (2 volumes). Coin World (1999)

van Sickle, C. E. “The Legal Status of Clodius Albinus in the Years 193-96.” Classical Philology 23:2. (1928)

 

http://www.coinweek.com/featured-news/193-year-five-emperors/

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Première mise en ligne : 5/10/2014 - dernière mise à jour : 28/10/2014

 

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