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Charles de L'Aubespine, marquis de Châteauneuf

15. 5. 2016

- Jules Michelet (1798 - 1874) évoque Charles de l'Aubespine, marquis de Châteauneuf, garde des sceaux (1580 - 1653) in Richelieu et la Fronde (1858)

- Le 28 février 1633 (sic.) par le Mercure François (Tome 19)

Richelieu Mémoires. Tome XIII (1633) 

- le 25 février 1633

-  Nominations des Gardes des sceaux : 1605  - 1651

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Jules Michelet : Richelieu et la Fronde (1858)

CHAPITRE V

JOURNÉE DES DUPES.—VICTOIRE DE RICHELIEU SUR LES REINES ET MONSIEUR
De novembre 1630 à juillet 1631

- il lui fallut du temps pour se décider à donner les sceaux à Châteauneuf, un homme énergique et capable que lui désignait Richelieu.

CHAPITRE VII

COMMENT RICHELIEU PROFITA DES VICTOIRES DE GUSTAVE
1632

Louis XIII interrogea fort La Porte pour savoir ce que faisait la reine, si M. de Châteauneuf, le garde des sceaux, y allait souvent, et s'il y restait tard, s'il n'allait pas ordinairement chez madame de Chevreuse, etc.
 

CHAPITRE VIII

RICHELIEU, CHEF DES PROTESTANTS—SES REVERS—LA FRANCE ENVAHIE
1633-1636.

- En janvier 1633, quand on le rapporta à Bordeaux, et que Louis XIII alla dix lieues au devant du malade, il paraissait très-fort. Il frappa ses ennemis, frappa ses faux amis. Mais maintenant quels seront les vrais? Nous avons vu comment le P. Joseph l'avait trahi à Ratisbonne. Montmorency, naguère ami à Lyon dans la crise de 1630, a tourné et péri. Châteauneuf, son ami à la Journée des dupes, mais depuis gagné par les dames, a dansé pour sa mort; il le fait arrêter.

- En janvier 1633, pour l'affaire Montmorency, il lui faut proscrire cinq évêques. Il lui faudra bientôt agir contre le pape, qui approuve le mariage de Monsieur avec une Lorraine, qui accorde à l'Espagne les moyens de la guerre, l'argent de l'église espagnole, en refusant à Richelieu de faire payer le clergé français.

Richelieu ménagea au roi l'amusement d'achever l'affaire de Lorraine en entrant lui-même à Nancy.

La conquête fut menée comme une saisie judiciaire; le prétexte en justice, passablement grotesque, fut le rapt commis sur Gaston, un homme de trente ans, par la jeune princesse de Lorraine, qui en avait dix-huit.

En réalité, le roi était mené par la force des choses à se saisir de la Lorraine, comme chemin de l'Allemagne, où il devenait le chef réel du parti protestant.

 

CHAPITRE XVIII

L'AVÉNEMENT DE MAZARIN
1643

- Pour revenir à l'avènement, Mazarin commença dès lors l'éducation de la reine, enfermé toutes les soirées avec elle pour lui apprendre les affaires. La cour, la ville, ne jasaient d'autre chose.

La nouvelle de Rocroy, qui arriva deux jours après pour faire une fête publique, était à point pour Mazarin. Il se serrait sous les Condé. Il écrivit au jeune vainqueur qu'il ne serait que son chapelain, et ferait tout ce qu'il voudrait. Le vieux Condé, sa femme, lui rendaient le service d'exclure du ministère le seul homme qu'il craignît pour concurrent, le très-capable Châteauneuf, prisonnier si longtemps pour la cause de la reine. Lorsque madame de Chevreuse, l'ancienne amie de cœur, revint, proposa Châteauneuf, Mazarin répondit que la princesse de Condé ne laisserait jamais arriver celui qui avait fait couper la tête à son frère, M. de Montmorency.

 

- Pour faire accepter ce gouvernement de Trivelino principe, il y eut une profession de grâces extraordinaire, un débordement de faveurs, un déchaînement de prodigalités. Les admirateurs des faits accomplis appellent cela la détente naturelle du règne tendu de Richelieu; ils diraient presque légitime. Nul doute cependant que, si la reine n'eût pas pris son amant si bas, si elle n'eût pas appelé au suprême pouvoir ce bouffon italien, elle eût eu moins à faire et à donner pour se faire pardonner son choix. Châteauneuf, à meilleur marché, eût été chef du ministère. Il ne déplaisait pas aux ennemis de Richelieu, et il avait été jadis l'ami du grand ministre; il avait sa tradition.

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CHAPITRE XXV

TURENNE RELÈVE MAZARIN.—RÈGNE DE MAZARIN
1652-1657

Le cardinal de Retz, qui, dès septembre, a reçu le chapeau, est accueilli, caressé et choyé. La reine lui déclare que lui seul a mis le roi dans Paris (éloge vrai, il divisa la Fronde). Et lui seul aussi est frappé. Le 18 décembre, on le met à Vincennes. Alors Mazarin, rassuré, hasarde de rentrer à Paris (février 1653).

Ce qui rend dans tout cela l'initiative de Turenne bien étonnante, c'est que, seul à la cour, il s'obstina pour Mazarin. La reine était entourée de gens lassés et excédés de lui. Elle avait sous la main un homme digne et capable, Châteauneuf, qui l'eût remplacé. L'aimait-elle encore véritablement? Elle venait de sentir son ingratitude, sa perversité (dans la tentative de lui enlever le jeune roi par le goût des plaisirs honteux). Dès son premier voyage, elle avait paru vacillante. Combien plus au second! Par quoi la tenait-il? Très probablement par le mariage. Mangeuse et fort sanguine, sensuelle et dévote, le tempérament, les scrupules, la ramenaient à cet homme méprisé, odieux, dont elle avait besoin. Elle le dit nettement dans une lettre, comme les femmes n'en écrivent guère (V. Ravenel, Walckenaër, Sévigné, et Cousin, Hautefort). Elle y avoue «qu'elle n'en peut plus.... Et il sait bien de quoi.»

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Le 28 février 1633 par le Mercure François (Tome 19)

Page 3 (transcription automatique) :

Le commencement de cette année se passa sans autre chose de considération sinon un édit du roi portant création et établissement d'une cour de parlement en la ville de Metz et un règlement pour la milice et gendarmerie de France afin d'empêcher les grands désordres qui se commettaient sur le plat pays par les gens de guerre.

Il y eut bien quelques désordres à la cour, mais seulement au désavantage du marquis de Châteauneuf, lequel fut arrêté prisonnier le 28 février sur le huit heures du soir et envoyé à la citadelle d'Angoulême, où il est encore. Messire Pierre Séguier, président en la Grande Chambre au Parlement de Paris, fut nommé garde des Sceaux en sa place par sa majesté. Le sieur de Bullion fut pourvu de la charge de garde des Sceaux de l'ordre du roi, que le dit sieur de Châteauneuf avait aussi.

Le sieur Boutillier fut fait trésorier du même ordre, et tous trois reçurent le cordon bleu par la main de sa majesté. Nous avons fidèlement rapporté tout cela au dix-huitième tome de notre Mercure François. Ce changement donna sujet à plusieurs de songer à leur conscience.

Le sieur de Hauterive, frère du dit sieur de Châteauneuf, ayant appris que son frère était arrêté, s'enfuit promptement la nuit même en Hollande. Ce qui donna sujet de soupçonner qu'il y eut quelque chose de plus grand conséquence en cette affaire. Le marquis de Lunéville, leur neveu, et le chevalier du Jard furent envoyés à la Bastille.

Auparavant, la disgrâce de ces messieurs furent publiées et vérifiées en la cour de parlement de Provence les lettres patentes du roi, portant création de la charge de grand maître, chef et surintendant général de la navigation et commerce de France, en faveur du cardinal duc de Richelieu, lesquelles on peut voir au treizième tome du Mercure. 

 

***

 

Le Mercure François indique que le garde des sceaux Châteauneuf a été arrêté au soir du 28 février, Richelieu précise que l'affaire commença dès le 25 février : 

 

Richelieu Mémoires. Tome XIII (1633) 

Et parce que ces affaires ne pouvaient bien aller si, entre ses principaux ministres, il y en avait quelqu'un qui ne travaillât pas d'une égale fidélité avec les autres, ou qui eût des desseins particuliers pour son intérêt ou sa passion, qui ne reportassent pas entièrement à son service, ou qui lui fussent contraires, elle (sa majesté) se trouva obligée d'éloigner de son conseil le garde des sceaux de Châteauneuf, duquel elle avait dû mécontentement il y avait déjà quelque temps. En la conférence particulière que Sa Majesté eut avec le cardinal à Rochefort, à son retour de Brouage, elle lui fit beaucoup de remarques qu'elle avait faites pendant son absence de l'infidélité du dit sieur de Châteauneuf, et lui fit connaître la résolution qu'elle avait prise de le chasser, dont le cardinal la détourna autant qu'il put, la suppliant de trouver bon qu'on prit temps de bien examiner ses actions, vu qu'on ne pouvait procéder trop mûrement lorsqu'il était question de faire ou défaire un ministre. Mais il continua si opiniâtrement à suivre le train qu'il avait commencé, qu'enfin il n'y eut pas moyen d'en souffrir davantage.

Sa Majesté étant à Saint-Germain-en-Laye, lui envoya le 25 février redemander les Sceaux, et ensuite le fit arrêter prisonnier par le sieur de Gordes, capitaine des gardes de son corps, et le fit conduire le lendemain par le sieur de Lamont, enseigne de ses gardes écossaises, dans son château d'Angoulême. 

Marie-Catherine Vignal Souleyreau (2022) présente des acteurs différents prenant part à l'arrestation, mais c'est toujours Lamont qui surveille Châteauneuf à Angoulême : "Il est disgracié le 25 février 1633, arrêté par Marin Amelon de Boislorée, et emprisonné à la Bastille... Le marquis de Châteauneuf est emprisonné, comme le chevalier de Jars, et reste incarcéré pendant dix ans au château d’Angoulême, sous la surveillance de Robert de Lamont, qui rend fidèlement compte à Richelieu de l’évolution de l’état d’esprit du prisonnier tout au long de l’année 1633, et tente, d’ailleurs vainement, de lui soutirer des aveux de nature à précipiter sa perte."https://doi.org/10.58079/tphp

Sa Majesté honora de cette charge le sieur Séguier, président au Parlement de Paris, et fit garde des Sceaux de l'ordre du Saint-Esprit le sieur de Bullion. On avait fait le sieur de Châteauneuf garde des Sceaux à l'éloignement du sueur de Marillac, croyant qu'il n'aurait autre mouvement que celui que le commandement du roi lui donnerait, ou l'intérêt de son service, d'autant que jusque-là, il avait fait paraître n'avoir autre intention, et depuis quelques années était toujours demeuré attaché auprès du cardinal, servant avec beaucoup de témoignages d'affection et de fidélité. Mais dès qu'il se vit émancipé par l'autorité de sa charge, et en état d'agir seul lors ses inclinations, il avait tenu cachées auparavant par respect et par crainte, commencèrent à paraître. Il se jeta dans les cabales de la cour, particulièrement en celles des dames factueuses, dont la principale était la Duchesse de Chevreuse, l'esprit et la conduite de laquelle avaient été souvent désagréables aux rois, comme non seulement n'ayant jamais manqué à être de toutes les mauvaises parties qui avaient été faites contre son service, mais même en ayant quasi toujours été un très dangereux chef de partie.

Son intelligence avec elle passa si avant qu'il s'intéressa en ses passions dans l'Angleterre même, en laquelle il avait amitié avec le comte de Holland, et ensuite crédit avec toute sa cabale, ce qui produisit de mauvais effets à cet état, comme nous avons dit les années passées. Le dit Châteauneuf s'y attacha aussi, et sans considérer qu'en la charge où il était, il devait bien moins que nul autre entretenir ses pratiques dans une cour étrangère, il y écrivait continuellement, et faisait ou faisait faire par ses correspondants tous les mauvais offices qu'il pouvait au sieur Creston, grand trésorier d'Angleterre, parce que le comte de Holland était son ennemi, ne considérant pas que c'était celui seul qui tenait le parti du roi en ce pays-là, qu'il gouvernait son maître, et que c'était grandement préjudicié au service du roi que de l'offenser. Mais tout cela ne le touchait point, car il alla même jusqu'à ce point que d'essayer de discréditer l'ambassadeur du roi, le rendre désagréable à la reine d'Angleterre, et par elle au roi son mari, au contentement duquel, si quelque affaire se terminait en France au conseil de sa majesté, il en donnait l'avis de là quelque temps auparavant, disant qu'il la ferait passer de la sorte, en dérobant le gré qui en était dû au roi pour se l'attribuer, et autant encore l'entremise des bons offices de son ambassadeur.

Le roi d'Angleterre, qui eut avis de cette cabale, ne l'eut pas agréable, témoigna au comte de Holland le mécontentement qu'il en avait, la dissipa entièrement, et maintint son grand trésorier contre tous ses ennemis. Sa majesté, l'ayant fait arrêter prisonnier et envoyé à Angoulême, envoya aussi quant et quant à la Bastille le sieur de Leville, son neveu, et le chevalier de Jars, son confident, qui, à quelques mois de là, fut condamné à avoir la tête tranchée  pour la part qu'il avait prise en la cabale d'Angleterre, et avoir traité d'y faire passer la reine-mère et Monsieur. Mais sa majesté, lui faisant grâce, commut en sa peine de mort en une prison perpétuelle.

Le sieur de Hauterive, son frère, se sauva à la faveur de la nuit et se retira en Hollande. Le maréchal d'Estrée, qui avait de longue main une amitié particulière avec le dit sieur de Châteauneuf, sachant sa disgrâce, partit le 15 mars à l'improviste de Trèves, où il commanda les armées du roi, sans ordre ni permission de sa majesté, et se retira à Vaudrevange sur le soupçon qu'il prit que les sieurs de la Saludie et de Bussy-Lamet avaient ordre de l'arrêter, qu'il avait reçu par un courrier qui passa à Trèves, et qui ne lui avait point apporté les lettres comme aux autres. Il prit néanmoins un autre prétexte de sa retraite, et dit qu'il allait prendre des eaux, mais il l'avouait depuis à sa majesté, et lui envoya le 19 mars un gentilhomme pour lui demander pardon de cette action et lui dit ingénument les raisons qu'il lui avait fait faire. Sa majesté lui remit la peine qu'il méritait, et lui renvoya son gentilhomme avec lettres qu'il assurait de sa bonne volonté, et lui commandait de retourner à Trèves en sa charge. Madame de Chevreuse, qui était la cause de la perte du dit sieur de Châteauneuf, fut aussi quelques mois après éloignée de la cour, le roi commandant au duc de Chevreuse son mari, de l'envoyer en Touraine, en une maison qui était au feu duc de Luynes, où elle demeurerait jusqu'à ce qu'il eut agréable de la rappeler.

Les historiens ont retenu la date du 25 février comme le jour où Châteauneuf remis les sceaux, mais si le moment de son arrestation n'est pas précisé (à l'exemple de la narration de Richelieu) on suppose (la plupart du temps) qu'elle advient postérieurement (Richelieu sans plus de précision écrit "ensuite" pour séparer les deux séquences): 

En 1770 Jean-Joseph Expilly suppose les deux événements concomitants : 

Claude (sic.) de Laubespine, marquis de Châteauneuf, eut les sceaux le 14 novembre 1630 qui lui furent ôtés le 25 février 1633 avec la liberté.

Jean-Joseph Expilly. Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, Volume 6. Liste des Chanceliers et des Gardes-Sceaux de France. 1770Page 698. 

https://books.google.cz/

En 1784, l'Encyclopédie méthodique, sans préciser à quel point les deux événements sont éloignés l'un de l'autre, met l'accent sur le mystère qui entoure l'arrestation de Châteauneuf : 

Devenu suspect auprès du cardinal de Richelieu après le procès des maréchaux de Marillac et de Montmorency, il rendit les sceaux le 25 février 1633, fût arrêté et conduit au château d'Angoulême où il demeura dix ans prisonnier. Les sceaux lui furent rendus en 1650, il les garda jusqu'en 1651 qu'il se retira des affaires.

"On n'a pas su bien certainement la cause de sa disgrace."

Encyclopédie méthodique  : histoire. 1784. p.473

https://books.google.cz/books?

Dans un ordre de saisie de ses papiers daté du 26 février 1633, Louis XIII justifie ainsi la mis aux arrêts de Châteauneuf :

"Ayant été obligés pour bonnes considérations importantes à notre service d’ôter nos sceaux au sieur de Châteauneuf, ayant aussi été avertis qu’il entretenait des intelligences, pratiques et menées au préjudice de notre État..."

https://doi.org/10.58079/13jzg

 

En 1757, l'Encyclopédie de Diderot-D'Alembert, introduisant un nouveau protagoniste chargé de mettre le garde des sceaux aux arrêts (Après Gordes chez Richelieu, Boislorée chez Vignal Souleyreau), et donnait aussi une description minutieuse de l'ensemble de l'événement, en séparant nettement les deux séquences : 

Le 25 Février 1633, le sieur de la Vrilliere, secrétaire des commandemens, eut ordre du roi d’aller retirer les sceaux des mains de M. de Châteauneuf, lequel remit aussitôt le coffre où étoient les sceaux ; & M. de la Vrilliere l’ayant remis au roi, retourna demander à M. de Châteauneuf la clé du coffre, qu’il avoit pendue à son cou : il fut ensuite conduit à Angoulesme.

Pierre Séguier, président au parlement, reçut les sceaux de la main du roi le dernier du même mois.

https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Diderot_-_Encyclopedie_1ere_edition_tome_7.djvu/549

Article Garde des Sceaux de France, (Hist. & Jur.), vol. VII (1757), p. 495b–505a

https://enccre.academie-sciences.fr/encyclopedie/article/v7-732-63

"qu’il avoit pendue à son cou :" - Le même article expose dans le détails cette coutume traditionnelle :  

Les rois de la premiere & de la seconde race n’avoient qu’un seul sceau ou anneau, dont le chancelier ou le garde du scel royal étoit dépositaire. Pour le conserver avec plus de soin, & afin que personne ne pût s’en servir furtivement, il le portoit toujours pendu à son cou : cet usage avoit passé de France en Angleterre. En effet, Roger vice-chancelier de Richard I. roi d’Angleterre, ayant péri sur mer par une tempête, on reconnut son corps parce qu’il avoit le scel du roi suspendu à son cou.

Depuis que l’on se servit en France de sceaux plus grands, & que le nombre en fut augmenté, il ne fut pas possible au chancelier ou garde des sceaux de les porter à son cou ; il n’en a plus porté que les clés qu’il a toûjours sur lui dans une bourse.

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26 février 1633:

Traité d'alliance pour le maintien de la paix dans l'Empire, entre France et Duc de Saxe (Electeur), à Dresde.

Le traité est signé par mandat de Louis XIII - Franciae et Navarra Regismais  le texte signé par le Duc de Saxe continue de faire référence au Galliorum Regis - inclus dans un système l'opposant au Regis Romanorum

https://basedoc.diplomatie.gouv.fr/exl-php/util/documents/accede_document.php?1655120207230


26 février 1633:

 Traité d'alliance entre la France et l'électeur de Brandebourg : Francia et Navarra Rex

https://basedoc.diplomatie.gouv.fr/exl-php/util/documents/accede_document.php?1655122268102

26 février 1633: adoption de la police de l'alphabet moderne. 

Louis Barbedor exécuta un exemplaire de lettres françaises ou rondes, et Le Bé un exemplaire de lettres italiennes ou bâtardes. Le Parlement, après avoir examiné ces modèles, décida par un arrêt du 26 février 1633 « qu'à l'avenir on ne suivrait point d'autres alphabets, caractères, lettres et forme d'écrire, que ceux qui étaient figurés et expliqués dans ces deux exemplaires ».

http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=3106

28 février 1633: Les nouveaux sceaux sont confiés à Ségiuer.

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Nominations des Gardes des sceaux : 1605  - 1651

Article Garde des Sceaux de France, (Hist. & Jur.), vol. VII (1757), p. 495b–505a

  • 3 Janvier 1605 : Brulart de Sillery prête serment, mais c'est le chancelier Ponponne Believre qui garde les sceaux et refuse de s'en séparer. « Mais le roi étant arrivé à Tours, fit retirer les sceaux des mains du chancelier, pour les mettre en celles du garde des sceaux. »

  • Proche de Marie de Médicis, et partageant avec elle l'opinion de la nécessité d'un rapprochement avec l'Espagne, il essaye d'en convaincre le roi Henri IV, mais en vain. En 1610, juste après l'assassinat par Ravaillac, il fait déclarer régente Marie de Médicis, et écarte le prince du sang Henri II de Bourbon-Condé. Cependant, il entre en conflit avec Concino Concini qui finit par obtenir qu'il rende les sceaux le 28 avril 1616, à Tours

    Roland Mousnier, L'homme rouge, Paris, 1992, page 115. cité par

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Brulart_de_Sillery

  • Mai 1616 : Pendant que la cour étoit à Blois au mois de Mai 1616, le chancelier de Sillery ayant pressenti que le sieur du Vair avoit été mandé pour le faire garde des sceaux, il remit les sceaux au roi en présence de la reine sa mere, se contentant de supplier S. M. de lui laisser seulement ceux de Navarre, ce qui lui fut accordé. On voit par-là que l’on usoit encore alors de sceaux particuliers pour le royaume de Navarre, ce qui ne se pratique plus. Les sceaux de France furent donnés à Guillaume du Vair.

  • Le 25 Novembre suivant, il remit les sceaux au roi ; il ne laissa pas de faire présenter ses lettres de provisions à la chambre des comptes de Paris, pour valider les payemens qu’il avoit reçus de ses gages. Elles y furent registrées sans approbation de la clause de présider en toutes cours. Les sceaux lui furent rendus le 25 Avril 1617 ; il les garda jusqu’au jour de son décès, arrivé le 3 Août 1621, il les garda jusqu’au jour de son décès, arrivé le 3 Août 1621.

  • Le sieur Mangot garda les sceaux jusqu’au 24 Avril 1617 ; le maréchal d’Ancre ayant été tué ce jour-là, le sieur Mangot qui tenoit le sceau chez lui, fut mandé au louvre, où il remit les sceaux au roi ; le lendemain le roi les renvoya au sieur du Vair par le sieur de Lomenie secrétaire d’état, avec de nouvelles lettres de déclaration & de jussion datées du 25 du même mois.

  • Le chancelier de Sillery ayant été rappellé par le roi dans le même mois d’Avril 1617, pour présider dans ses conseils, le garde des sceaux du Vair lui laissa par honneur la réception des sermens des conseillers​ du grand-conseil...comme les guerres civiles qui affligeoient alors la France, obligerent le roi de faire plusieurs voyages dans les provinces les plus éloignées, le garde des sceaux suivoit & présidoit au conseil qui étoit à la suite de S. M. ...[le] grand sceau qui étoit près de S. M. L’union de la couronne de Navarre ayant été faire à celle de France, la charge de chancelier de Navarre fut supprimée ; il est probable que ce fut aussi alors que l’on cessa d’user d’un sceau particulier pour la Navarre.

  • 3 Août 1621 : Le garde des sceaux du Vair mourut le 3 Août 1621, étant à la suite du roi au siége de Cleirac. Le sieur Ribier, conseiller d’état, son neveu, s’étant trouvé près de lui, porta les sceaux à Sa Majesté, qui les donna à Charles d’Albert, duc de Luynes, pair & connétable de France, lequel étoit alors chef du conseil du roi. Il les garda jusqu’à son décès, arrivé le 15 Décembre suivant.

  • 15 Décembre 1621 : Après la mort du connétable, arrivée le 15 Décembre 1621, le roi tint le sceau en personne, & fit sceller diverses fois en présence de son conseil, jusqu’au 24 du même mois, qu’étant alors à Bordeaux, il donna les sceaux à Meric de Vic, Seigneur d’Ermenonville, conseiller d’état, & intendant de justice en Guienne.

  • 2 Septembre 1622 : Le sieur de Vic conserva les sceaux jusqu’à son décès, qui arriva le 2 Septembre 1622. Les sceaux furent portés au roi par l’abbé du Bec, fils du sieur de Vic. Le roi, en attendant qu’il eût choisi un autre garde des sceaux, commit verbalement les sieurs de Caumartin, de Preaux, de Léon, & d’Aligre, conseillers au conseil d’état ; & les sieurs Godard &​​Machault, maîtres des requêtes de son hôtel, qui se trouvoient alors à sa suite, pour, quand il faudroit sceller, se transporter au logis du roi, & vaquer à la tenue du sceau, ainsi qu’ils aviseroient pour raison. Lorsqu’ils y étoient arrivés, Galleteau, premier valet-de-chambre du roi, tiroit le coffret des sceaux hors les coffres du roi, & le leur portoit avec les clés : M. de Caumartin, comme le plus ancien, en faisoit l’ouverture, & tenoit la plume pour mettre le visa. Le sceau étant levé, on remettoit les sceaux dans le coffret, & on le rendoit audit Galleteau, avec les clés. Cet ordre s’observa jusqu’au 23 dudit mois.

  • Le 23 Septembre 1622, le roi donna la garde des sceaux à Louis Lefebvre, sieur de Caumartin, président au grand-conseil. Les lettres de provision de cet office énoncent qu’il étoit vacant par le décès du garde des sceaux de Vic, & contiennent les mêmes clauses que celles du garde des sceaux du Vair.

  • M. de Caumartin étant mort le 21 Janvier 1623, le même jour les sceaux furent apportés au roi par le président de Boissy, son fils aîné, accompagné de l’évêque d’Amiens, son second fils, & autres parens, le président de Boissy portant la parole. Le roi les fit mettre dans ses coffres par son premier valet-de-chambre,​ & le lendemain il les renvoya par le sieur de Lomenie, secrétaire d’état, au chancelier de Sillery, sans aucunes nouvelles lettres.

  • Le 2 Janvier 1624, le chancelier de Sillery ayant appris que le roi se disposoit à faire un voyage dans lequel sa santé ne lui permettoit pas d’accompagner Sa Majesté, il demanda d’être déchargé de la garde des sceaux, & les renvoya au roi par le sieur de Puisieux son fils, secrétaire d’état. Le roi les donna à son premier valet-de-chambre pour les mettre dans les coffres du roi, dont il avoit les clés.

  • Le 6 janvier 1624. Le 6 du même mois, le roi ordonna au sieur de la Ville-aux-Clercs, secrétaire de ses commandemens, d’expédier des provisions de garde des sceaux, le nom en blanc ; & le roi les ayant signées & visées de la main, les fit remplir de la personne d’Etienne d’Aligre, qui avoit été conseiller au grand-conseil, & étoit pour-lors conseiller d’état & finances, lequel prêta serment entre les mains du roi immédiatement après que ses provisions furent scellées.

  • Le 3 octobre 1624. Le chancelier de Sillery s’étoit retiré en sa maison de Sillery, suivant l’ordre qu’il en avoit reçu du roi le 4 Février 1624 ; il y mourut le premier Octobre suivant : le roi donna le 3 de nouvelles provisions de chancelier à M. d’Aligre, éteignant & supprimant l’office de garde des sceaux dont il étoit pourvû.

  • Le premier Juin 1626 le chancelier d’Aligre rendit les sceaux au roi, qui lui ordonna de se retirer en sa maison du Perche, où il demeura jusqu’à son décès. Les sceaux furent donnés le même jour à Michel de Marillac, conseiller d’état & surintendant des finances, lequel prêta serment entre les mains de S. M. - Toutes les grandes qualités & les services du sieur de Marillac n’empêcherent pas ses ennemis d’exciter le roi à lui ôter les sceaux, qu’il avoit lui-même souvent voulu remettre. Le 12 Novembre 1630, le roi envoya le sieur de la Ville-aux-Clercs, secrétaire d’état, retirer les sceaux des mains du sieur de Marillac, lequel fut conduit à Caen, puis à Lisieux, & enfin à Châteaudun, où il mourut le 7 Août 1632.

  • Le 12 Novembre 1630, le roi envoya le sieur de la Ville-aux-Clercs, secrétaire d’état, retirer les sceaux des mains du sieur de Marillac, lequel fut conduit à Caen, puis à Lisieux, & enfin à Châteaudun, où il mourut le 7 Août 1632.

  • Le 14 novembre 1630. Deux jours après que les sceaux eurent été ôtés​​au sieur de Marillac, le roi les donna à Charles de l’Aubespine, marquis de Châteauneuf, commandeur & chancelier de l’ordre du Saint-Esprit, conseiller d’état & finances.

  • Le 25 Février 1633, le sieur de la Vrilliere, secrétaire des commandemens, eut ordre du roi d’aller retirer les sceaux des mains de M. de Châteauneuf, lequel remit aussi-tôt le coffre où étoient les sceaux ; & M. de la Vrilliere l’ayant remis au roi, retourna demander à M. de Châteauneuf la clé du coffre, qu’il avoit pendue à son cou : il fut ensuite conduit à Angoulesme.

  • Le 28 février 1633. Pierre Seguier, président au parlement, reçut les sceaux de la main du roi le dernier du même mois. Ses provisions portoient érection & création en sa faveur d’un état & office de garde des sceaux, & toutes les autres clauses que celles des sieurs de Châteauneuf & de Marillac. Après la mort de M. le chancelier d’Aligre, arrivée en 1635, il fut choisi pour le remplacer, & prêta le serment accoûtumé le 19 Décembre 1635. Il obtint aussi des lettres d’érection de la baronnie de Villemor en duché. Lorsque Louis XIV. fut parvenu à la couronne, les sceaux furent refaits à l’effigie de S. M. par l’ordre du chancelier Seguier, lequel, après qu’ils furent achevés, fit rompre les vieux en plusieurs pieces, & les donna aux chauffes-cire, comme leur appartenant.

  • Le premier Mars 1650, le sieur de la Vrilliere secrétaire d’état, eut ordre du roi d’aller retirer les sceaux des mains du chancelier Seguier, le lendemain ils furent rendus au sieur de Châteauneuf, qui les avoit quittés en 1633. Ils lui furent redemandés par le sieur de la Vrilliere le 3 Avril 1651, & donnés le lendemain à Matthieu Molé, premier président au parlement de Paris, qui prêta serment le même jour.