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Le coup d’État du 13 mai 1958

15. 10. 2013

1946 - Débat: Ferhat Abbas, Albert Camus, Jean Amrouche, Kaddour Sator... :

Publikováno 26. 10. 2013

 

1958 - Alexandre Gerbi :

Histoire occultée de la décolonisation franco-africaine, Imposture, refoulements et névroses

Publikováno 5. 7. 2013

De Gaulle, s’il avait besoin de se réclamer du projet de l’intégration (c’est-à-dire de l’égalité et de la fraternité dans l’ensemble franco-africain, par delà les races et les religions) pour justifier renversement du régime et prendre le pouvoir, le même De Gaulle ne voulait en réalité à aucun prix de cette égalité qui, à ses yeux, aurait conduit à la « bougnoulisation » et à l’islamisation de la France. Cette vision, d’inspiration barrésienne (l’expression « Je me suis toujours fait une certaines idée de la France » est empruntée à l’auteur de La Terre et les Morts), guida sa politique de « dégagement » d’Algérie et d’Afrique pendant la période. Cette volonté de dégagement, officiellement pour des raisons financières mais plus fondamentalement pour des raisons civilisationnelles (et religieuses…), le Général l’avoua d’ailleurs dans ses Mémoires d’Espoir (Plon, 1970), mais aussi, notamment, à Alain Peyrefitte qui livra des verbatim très éclairants à ce sujet dans C’était De Gaulle (Fayard, 1994).

En d’autres termes, Michel Onfray pense, comme Charles de Gaulle, que le projet d’unir dans une République fraternelle et égalitaire « Européens » et « Arabo-Berbères », chrétiens et musulmans, relevait d’un rêve naïf et impossible (voire périlleux…). Un rêve qui, comme je l’ai montré dans mes travaux (notamment Histoire occultée de la décolonisation franco-africaine, L’Harmattan, 2006, et La République inversée, L’Harmattan, 2011), fut conçu en particulier par Claude Lévi-Strauss et Jacques Soustelle, qui formaient, à l’époque, l’avant-garde de l’école anthropologique française. Ces deux hommes, ethnologues d’envergure internationale, furent en effet les véritables cerveaux de la Révolution de 1958 dont de Gaulle tira les ficelles et fit mine de vouloir prendre la tête, afin de mieux la trahir… Dans ses confidences à Peyrefitte, De Gaulle livra d’ailleurs le fond de sa pensée : « Ceux qui prônent l’intégration [en Algérie] ont une cervelle de colibri, même s’ils sont très savants ! » Lévi-Strauss et Soustelle comptant, on le comprend, parmi les « cervelles de colibri » en question…

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-ignorance-ou-l-hypocrisie-crasse-147486

Alexandre Gerbi :
Depuis soixante ans, une rhétorique bien huilée, relayée par la droite comme par la gauche (politiques, historiens, intellectuels), a permis d'occulter les causes fondamentales, civilisationnelles et racialistes, de l'abandon des territoires de l'Outre-Mer africain. Il est vrai que pareils motifs n'étaient guère avouables d'un point de vue républicain. Habilement, comme l'avait bien anticipé Germaine Tillion dans son remarquable ouvrage L'Algérie en 1957, l'alibi de l' « anticolonialisme » au nom du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes », orchestré à l'époque par Washington, Moscou et l'ONU, a été endossé par l'Elysée, qui l'a mis sans cesse en avant à l'aide de ses relais médiatiques et intellectuels. En réalité, les indépendances organisées par le Général appuyé par les puissants réseaux états-uniens et soviétiques en France, avaient pour but essentiel, du point de vue gaullien, de préserver le « corps français » des périlleux mélanges que l'octroi de l'égalité politique, revendiquée par la plupart des élites ultramarines, eût entraînés. Ces indépendances, souvent de façade, ont également permis d'organiser le néocolonialisme, avec à la clef la paupérisation des masses africaines (Germaine Tillion parlait de « clochardisation »), en même temps que leur basculement, presque toujours, dans des régimes dictatoriaux et antidémocratiques (également annoncés par Germaine Tillion). Avec pour corollaire une explosion démographique qui, couplée à la misère de masse, et, ce qui est plus enfoui encore, l'amour refusé de l'ancienne patrie française, a conduit d'innombrables Africains et Arabo-Berbères à venir chercher dans l'ex-métropole un salut économique et social qu'ils ne trouvaient plus chez eux.

http://fusionnisme.blogspot.com/

 

Ferhat Habbas : "Les Français d'Algérie sont des Algériens" - "Les Algériens sont chez eux en France"

6 août 2009 - Ajouté par thebounif2000

Albert Camus :

Dans ses Chroniques algériennes parues dans Combat en mai 1945, Camus notait :
 
« Sur le plan politique, je voudrais rappeler aussi que le peuple arabe existe. Je veux dire par là qu'il n'est pas cette foule anonyme et misérable, où l'Occidental ne voit rien à respecter et à défendre. Il s'agit au contraire d'un peuple de grandes traditions et dont les vertus, pour peu qu'on veuille l'approcher sans préjugés, sont parmi les premières. Ce peuple n'est pas inférieur, sinon par la condition de vie où il se trouve, et nous avons des leçons à prendre chez lui, dans la mesure où il peut en prendre chez nous. ». Pléiade, p. 942.
 
Dans son avant-propos des Chroniques algériennes, Camus notait également :
 
« Pour trouver la société humaine, il faut passer par la société nationale. Pour préserver la société nationale, il faut l’ouvrir sur une perspective universelle. Plus précisément, si l’on veut que la France règne en Algérie sur huit millions de muets, elle y mourra. Si l’on veut que l’Algérie se sépare de la France, les deux périront d’une certaine manière. Si, au contraire, en Algérie, le peuple français et le peuple arabe unissent leurs différences, l’avenir aura un sens pour les Français, les Arabes et le monde entier. » Ibid. p. 896.
 
Onze ans plus tard, en janvier 1956, dans son Appel pour une trêve civile en Algérie, Camus annonçait, envisageant la victoire du FLN :
 
« (…) nos deux peuples alors se sépareront définitivement et l’Algérie deviendra pour longtemps un champ de ruines (…) je ne puis me résigner à la voir devenir pour longtemps la terre du malheur et de la haine. » Ibid., p.998.
 
Et Camus de conclure, dans Algérie 1958 :
 
« (…) le gouvernement français doit faire savoir nettement (…) qu’il est disposé à rendre toute justice au peuple arabe d’Algérie, et à le libérer du système colonial (…). On peut donc imaginer une déclaration solennelle (…) proclamant : 1) Que l’ère du colonialisme est terminée ; que la France, sans se croire plus pécheresse que les autres nations qui se sont formées et ont grandi dans l’histoire, reconnaît ses erreurs passées et présentes et se déclare disposée à les réparer ; 2) Qu’elle refuse cependant d’obéir à la violence (…) ; qu’elle refuse, en particulier, de servir le rêve de l’empire arabe à ses propres dépens, aux dépens du peuple européen d’Algérie, et, finalement, aux dépens de la paix du monde. » Ibid., pp. 1014-1015.
 
Il précisait la nature du péril : « Pour le moment, l’empire arabe n’existe pas historiquement, sinon dans les écrits du colonel Nasser, et il ne pourrait se réaliser que par des bouleversements mondiaux qui signifieraient la troisième guerre mondiale à brève échéance. » Ibid., p. 1013.
 
http://fusionnisme.blogspot.com/
 

Bibliogrpahie - sitographie :

Indigénat (ségrégation/apartheid)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A9nat

Mai 1945 : manifestations et massacres de Sétif :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacres_de_S%C3%A9tif,_Guelma_et_Kherrata

1947, Insurrection de Madagascar : un massacre colonial

https://arretsurinfo.ch/1947-insurrection-de-madagascar-un-massacre-colonial-oublie/

Le coup d’État du 13 mai 1958

http://www.voltairenet.org/article8694.html

1961 - Alger le putsch

Maurice Vaisse - éditions complexe -1983 - ISBN 2 87027 115 8