Jdi na obsah Jdi na menu
 


Louis XIV : le corps du Roi...l'Etat c'est moi !

 

Le juge Gallot raconte l'affaire des poisons sur TV Vendée

I/3 -
L'affaire des poisons 1/3 par jeromeboyob

II/3
L'affaire des poisons 2/3 par jeromeboyob

III/3
L'affaire des poisons 3/3 par jeromeboyob

 

***

 

Profitant de la mort successive du Lieutenant criminel et du Lieutenant civil (les charges étaient héréditaires) Louis XIV crée en mars 1667 la charge de Lieutenant de police afin de séparer les fonctions de police et de justice qui jusque là étaient exercées par les mêmes magistrats. C’est pour des raisons d’efficacité que le roi a procédé à cette réorganisation.

En effet, Paris était réputée la ville la plus dangereuse d’Europe. Elle était confrontée à un terrible fléau : la cour des miracles. C’était une zone franche, une zone de non droit, située sur l’actuelle rue d’Aboukir, de laquelle les soldats du roi ou les huissiers n’osaient même pas s’approcher. Nicolas de la Reynie est nommé Lieutenant de police et reçoit comme mission de liquider cette forteresse abritant les voleurs et les assassins de la capitale.

 

Le corps du roi : en 1661 à la mort de Mazarin auprès duquel il a appris son « métier de roi », Louis XIV décide de se passer de premier ministre et de gouverner personnellement. Pour parvenir à ces fins, il se débarrasse de son ministre des finances, le surintendant Fouquet (peut être « le masque de fer ») accusé de détournement des fonds de l’Etat et de comploter contre le roi. C’est Colbert qui le remplacera.

Le roi ne convoquera plus les Etats Généraux (créés en 1302 par Philipe le Bel pour s’assurer le soutien populaire afin de passer outre une bulle papale qui voulait l’empêcher d’instaurer un impôt sur le clergé – début du gallicanisme - , les Etats Généraux étaient convoqués par le bon vouloir du roi. Ils seront convoqués une dernière fois par Louis XVI en 1789 !)

Le roi refusera aux Parlements le droit de discuter les affaires de l’Etat (suppression de fait du « droit de remontrance » : Les Parlements, qui avaient essentiellement un pouvoir de justice et fonctionnaient comme une cour d’appel, étaient également chargés d'enregistrer et de publier les actes royaux après avoir vérifié leur cohérence avec le reste du droit. Sans cet enregistrement, les actes royaux n’étaient pas applicables. En n’autorisant le « droit de remontrance » qu’après l’enregistrement des lois, le roi le vide de son contenu.

Le roi va domestiquer la noblesse et la rendre inoffensive en l’attirant à la Cour. Très marqué par le souvenir de la Fronde (pendant la régence de sa mère Anne d’Autriche, le Parlement de Paris dans un premier temps, puis les Grands du royaume, vont contesté fortement l’autorité du souverain royal) Louis XIV cherchent à soumettre la noblesse en lui distribuant ses faveurs. C’est en 1682 que la Cour s’installe à Versailles. En plus des Maisons du roi, on y compte plus de 4000 courtisans.

Une fois tous les concurrents réduits à l’impuissance, c’est donc le roi seul qui va incarner l’Etat – monarchie absolue. Une attaque contre la personne du roi devient dès lors une attaque contre l’Etat. La personne du roi devient une personne « sacrée. »

 

L’affaire des poissons (« les poudres de succession », « les bouillons de la rue Saint-Denis »): cette affaire qui va mettre en danger non seulement l’entourage royal (les morts mystérieuses de la belle-soeur de Louis XIV, Henriette d’Angleterre, celle de Hugues de Lionne, le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, celle du comte de Soissons…) mais aussi la personne même du roi, se déroule autour de la figure de trois protagonistes principaux, la marquise de Brinvilliers et son amant Godin de Sainte Croix, ainsi que La Voisin (Catherine Deshayes).

Le mari de « la Brinvilliers » ne s’intéresse que peu à la vie extraconjugale de sa femme, mais le père de la marquise voit d’un mauvais œil la relation entre sa fille et son amant, et fait enfermer ce dernier à la Bastille. En y côtoyant les faux-monnayeurs, spécialistes de l’usage des matières toxiques, Godin de Sainte Croix va être initié à l’art des empoisonnements et initiera par la suite sa maîtresse « la Brinvilliers. »

En 1673, Godin de Sainte Croix meurt accidentellement. On découvre alors sa garçonnière à Paris. Ce petit appartement regorge de fioles, de cornues, de poisons et tout l’équipement et produits nécessaires aux alchimistes (et des empoisonneurs…) On y découvre aussi les confessions de Godin qui y relate tous les méfaits commis avec la Brinvilliers et l’accuse d’avoir empoisonné son père, ses deux frères, une sœur et avait tenté d’assassiner sa fille. La marquise qui a vent de l’affaire s’enfuit à Londres puis à Liège. Elle sera jugée par contumace à la peine de mort (on brûlera son effigie.) Finalement elle sera séduite par un « exempt de police » déguisé en prêtre, le chevalier François Desgrez, qui l’attire hors du couvent où elle s’était réfugiée. Arrêtée, soumise à la question (torture), la marquise de Brinvilliers prévient les autorités qu’il existe d’autres empoisonneuses qui font partie de la haute aristocratie et qui pourrait menacer la vie du roi. Elle est exécutée en 1676 en place de Grève. Le bourreau de Paris lui tranche le cou d’un coup d’épée. Son corps est brûlé.

Quelques semaines plus tard, Madeleine Gueniveau dite la « demoiselle de La Grange » est arrêtée pour avoir, avec la complicité d’un ecclésiastique, l’abbé Nail, empoisonné le notaire avec lequel elle vivait en concubinage. A son tour, elle dénonce un réseau de connaissances qui lui ont fourni du poison et prévient qu’il existe un complot pour assassiner Louis XIV.

En janvier 1679, lors d’un dîner en ville, Marie Bosse se vante auprès de l’avocat Perrin d’avoir empoisonné des dizaines de personnes. Immédiatement, Perrin rapporte les déclarations de « la Bosse » à Desgrez qui finit par arrêter cette dernière. Lors des interrogatoires, « la Bosse » dénonce une quarantaine de ses collègues empoisonneuses (elle balance tout le monde !) qui a leur tour vont « balancer ». A la fin de l’enquête, on aura arrêté plus de 400 personnes, empoisonneuses et clientes qui avouent leurs crimes !!

Devant l’ampleur du phénomène, le roi décide de créer une chambre spéciale du Parlement de Paris pour juger ces affaires de poisons, « la chambre ardente. » Pour éviter un scandale qui pourrait faire chanceler la royauté, les enquêtes s’arrêteront quand on découvrira l’implication de certains membres de la haute aristocratie, la comtesse de Soissons, la duchesse de Vendôme et plus notamment Madame de Montespan qui cherchait à retrouver les faveurs du roi et à éliminer ses rivales.

Une quarantaine de ces empoisonneurs seront exécutés, certains seront condamnés à l’exil, les autres resteront enfermés dans des prisons royales jusqu’à la fin de leur vie, la dernière des empoisonneuse mourra en 1725.

Par un Edit de 1682, Louis XIV réglementera la vente des produits dangereux. Cette réglementation est toujours en vigueur.

 

24. 7. 2012

 

Komentáře

Přidat komentář

Přehled komentářů

Zatím nebyl vložen žádný komentář