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Nabulione di Buonaparte - Chronologie

10. 5. 2015

-       1757 : anoblissement de la famille Buonaparte - le grand père de napoléon devient noble : « mieux vaut manger du pain sec et briller en société »

-         1768 : naissance de Joseph, frère aîné de Napoléon. La Corse, l’Etat de Gênes vend la Corse à la France, les militaires français débarquent. Changement radical de situation et début de la résistance.

-         Mai 1769. L’armée de Paoli est liquidée à Ponte Novu. Le père Bonaparte, Carlo, passe aux côtés des Français. Naissance de Napoléon (15 août)

-         1777,  Marboeuf, un temps chef des armées de Louis XV en Corse et chef de corps à la bataille de Ponte Novu, deviendra l’amant de Létizia Bonaparte et devient le protecteur de la famille. Il désigne Carlo Bonaparte comme représentant aux Etats Corses qui se réunissent à Versailles. Il obtient un certificat d’indigence, c’est l’Etat français qui prendra en charge l’éducation des enfants.

-     1778 : Joseph et Napoléon sont envoyés au séminaire à Autun, ville où le frère Marboeuf est archevêque. La même année Napoléon intègre une école militaire à Brienne (dans l’Aube en Champagne-Ardenne) où il restera 5 ans. Napoléon parle très mal le français, il est la risée de ses camarades (« La paille au nez » son nom corse est Nabulione di Buonaparte)

-         1784 : Napoléon, au grade de cadet gentilhomme, il intègre l’école militaire de Paris.

-         1785 : il sort 42ème/ 58 de sa promotion, Napoléon à 16 ans il est sous-lieutenant. Il intègre le second régiment de la Fère à Valence (artillerie).

-         Du 1er septembre 1786 au 30 septembre 1787 Napoléon est en congé (alors qu’il avait fait une demande de 6 mois !!) du 1er novembre 1787 au 15 juin 1788 il prend encore un congé de 6 mois. 9 septembre 1789, nouveau congé, il sera absent toute l’année 1790 et rejoint le régiment le 11 février 1791. 1er septembre 1791 nouveau congé de 3 mois, il ne reviendra jamais au régiment. A Valence il s’inscrit au Club des Jacobins. Mais en avril et juillet 1789 il participe à la répression d’émeutes de la faim à Seurre et à Auxerre (son régiment était alors basé à Auxonne en côte d’or). A cette époque, il signe sa correspondance Carlo de Bonaparte.

-         30 novembre 1789, la Constituante amnistie Paoli sur proposition de Mirabeau. Le 17 juillet 1790, Paoli rentre de son exil en Angleterre, sur la maison Bonaparte à Ajaccio est déployée une banderole où est inscrit « Vive Paoli, Vive la Nation »

-         1er avril 1792, il devient Lieutenant-colonel lors d’une élection au sein du deuxième bataillon des volontaires de Corse de la garde nationale et dans laquelle il obtient 522 des voix sur 492 inscrits et se déchaîne contre le colonel Maillard, un militaire catholique qui a organisé une procession au moment de Pâques, se revendiquant de Paoli, Napoléon lance ses troupes à l’assaut de la citadelle d’Ajaccio. Echec.

-         Mai 1792. Bonaparte, officier rebelle et déserteur s’en va à Paris pour tenter de régler sa situation.

-        13 juillet 1792, il est nommé Capitaine au 4ème régiment d’artillerie (l’armée manque cruellement d’officiers – nobles émigrés)

-         15 septembre 1792, il rentre en Corse pour escorter sa sœur Elisa (il a encore deux autres sœurs plus jeunes). A la veille des élections à la Convention, Napoléon va se déchaîner contre Paoli « réactionnaire ». Le petit frère Luciano, secrétaire du club des Jacobins de Sainte Maxime va écrire à la Convention pour dénoncer un complot imaginaire de Paoli. Le commissaire  en mission de la Convention envoyé en Corse, Christophe Saliceti va devenir le protecteur des Bonaparte contre Paoli.

-     22-25 février 1793, 1er combat de Napoléon, débarquement sur l’île de La Maddalena, entre Corse et Sardaigne (royaume de Sardaigne attribué à la Savoie depuis 1720). Il veut prendre l’île pour organiser une attaque par mer d’Ajaccio. Echec. Napoléon va accuser Paoli d’être responsable de la déroute.

-         11 juin 1793 la famille Bonaparte s’exile à Toulon pour échapper aux représailles des paolistes (« Ce pays (la Corse) n’est pas pour nous »). Ils arrivent le 13 juin. La famille vivra dans la plus grande misère.

-         26 juin 1793, grâce à la protection de Saliceti qui l’aide à intégrer le 4ème régiment d’artillerie basé à Nice, Napoléon touche un rappel de solde qui aidera la famille à survivre. Napoléon va initier sa légende que les Paolistes l’auraient persécuté pour la raison qu’il eut été un républicain.

-         Juillet 1793, Par compensation de ces persécutions imaginaires, il obtient d’être envoyé en mission. Il doit escorter entre Avignon et Nice un convoi de poudre qui vient de Paris. En pleine guerre civile (les Girondins ont été expulsés de la Convention le 31 mai 1783 et organise une guerre civile). Toulon et Marseille sont aux mains des fédérés. Napoléon, hésite lors de son voyage, va-t-il changer de camp (il se prétend Jacobin).

-         29 juillet 1793, à Beaucaire, près d’Avignon, il rédige « le souper de Beaucaire » dans lequel des personnages évoquent la situation de la France autour d’une table. Dans ce manuscrit, le militaire réaliste qui discute avec trois Bourgeois, prédit la victoire des Jacobins sur les Girondins et tente de convaincre les autres personnages de se rallier à la Convention. Le commissaire de la Convention, va utiliser le manuscrit de Napoléon pour la propagande Jacobine.

-         28 août 1793, le capitaine Bonaparte écrit au ministre de la guerre Bouchotte pour lui demander de l’avancement. C’est ce jour-là que Toulon est livré au Anglais. Bonaparte s’y arrête, cherchant la bonne aventure. Saliceti est le commissaire qui surveille l’armée et y fait intégrer le capitaine Bonaparte. Le commandant de l’artillerie sera blessé, pour le remplacer le commissaire Saliceti nomme Bonaparte commandant. Toulon sera reprise en décembre 1793 et Bonaparte cité comme un des héros de la reprise de Toulon.

-         19 janvier 1794 (ou le 22 décembre 1793 selon les sources) Bonaparte est nommé général de brigade toujours au 4ème d’artillerie à Nice sur proposition des commissaires Fréron et Barras.

-         2 avril 1794, Augustin Robespierre écrit à son frère Maximilien pour lui citer en termes élogieux le général Bonaparte.

-         15 juillet 1794, Bonaparte part en mission à Gênes, officiellement pour y acheter du blé, probablement en mission de repérage pour estimer si la ville peut être conquise. Pendant son séjour un informateur français fera parvenir le message suivant à l’Etat-major : « un million est en route pour acheter un général français. » Etait-ce Bonaparte ?

-         9 août 1794, ses amitiés avec les jacobins lui valent d’être brièvement consigné à domicile (arrêt de rigueur) après la chute de Robespierre le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794), une fois sa rentrée de mission. Mais Bonaparte change de camp, prétend n’avoir jamais été jacobin et bénéficie d’un non-lieu.

-         Avril 1795, en route pour Paris en passant par Marseille, sur les conseille de son frère il entre dans la franc-maçonnerie à Marseille (il découvre aussi que Pauline sa petite soeur est la maîtresse de Fréron , thermidorien de première importance. Arrivé à Paris il demande une nouvelle affectation au nouveau ministre de la guerre Aubry qui lui propose la Vendée. Bonaparte refuse, n’y voyant pas comment faire fortune. Il rêve des richesses de l’Italie. Souffrant d’éruption boutonneuses de syphilis (il prétend avoir attrapé la gale lors du siège de Toulon) il obtient un certificat médical et ne part pas en Vendée. Il commence à gérer la fortune de la femme de son frère Joseph.

-       Juillet 1795, il pose en vain sa candidature pour devenir officier instructeur de l’armée turque.

-         Août 1795, il est nommé au service topographique de l’armée.

-         15 septembre 1795, il est mis en disponibilité sans solde.

-    5 octobre 1795, le 13 vendémiaire an IV, Barras lui demande de réprimer l’insurrection royaliste contre la Convention nationale. La canonnade de Saint-Roch — où les boulets ont été remplacés par de la mitraille plus « efficace » — disperse les forces royalistes, faisant de nombreuses victimes. Quelques jours plus tard, Bonaparte est promu général de division, puis nommé commandant de l’armée de l'Intérieur, succédant à Barras qui devient l’un des cinq membres du Directoire. Il s'installe à Paris, à l’hôtel de la XVIIe division, rue des Capucines.

Napoléon - série TV de 2002 - réalisée par Yves Simoneau, avec Christian Clavier dans le rôle de Napoléon. 

-       29 Février 1796, Bonaparte, l’ex Jacobin, fait fermer manu militari le club du Panthéon qui était la résurgence des Jacobins

-         9 mars 1796, Il épouse, le 9 mars 1796, Joséphine de Beauharnais (Marie Josèphe Rose Tascher de La Pagerie), une créole, amie et ancienne maîtresse de Barras, très amies des financiers et que Bonaparte fréquente depuis le mois de novembre.

-         12 mars 1796, son mariage lui permet d’obtenir sa promotion de général en chef de l’armée d'Italie. C’est à se moment là qu’il francise son nom. Il repart à Nice et prend son commandement le 27 mars. Cette campagne d’Italie consiste en principe à ouvrir un simple front de diversion alors que deux autres armées font route vers Vienne en passant par l’Allemagne. Alors que la guerre commencée par les Girondins pouvait encore se justifier en 1792 par une propagande de l’esprit républicain, après le 9 thermidor, la seule façon de motiver les soldats est de leur faire miroiter les richesses à conquérir. C’est ce que fera très bien Bonaparte. La campagne d’Italie de 1796 / 97est une série impressionnante de victoires, Montenotte, Castiglione, le pont d’Arcole, Rivoli pour n’en citer que quelques unes (plus tard, à Saint Hélène, Napoléon avouera que dans chaque Etats-majors ennemis, il y avait un homme qu’il avait acheté). La campagne se termine par le siège de Mantoue et finit par expulser les Autrichiens de l’Italie. Dans une lettre au Directoire, Bonaparte écrira que tout ce passe bien, et envoie très rapidement « une douzaine de millions », l’imprécision du compte permet aux Directeurs comme Carnot et Barras de se servir au passage.

Bonaparte mène sa propre politique en Italie, il rançonne les Ducs de Modène et de Parme et n’attaque pas le Pape malgré l’ordre du Directoire, mais lui soustrait 21 millions pour lui assurer sa protection. La stratégie du Directoire était d’échanger l’Italie contre la rive gauche du Rhin. De son propre chef Bonaparte entame les négociations de paix avec l’Autriche et fonde deux Républiques Cisalpine plus tard la Cispadane (en supprimant la République de Venise âgée de 800 ans) et la République Ligurienne (Gênes). Bonaparte imagine trouver refuge si les choses tournaient mal en France.

-         18 octobre 1797 – Signature du traité de Campo-Formio qui conclut victorieusement la première campagne d'Italie de Napoléon Bonaparte en mettant fin à la guerre qui opposait la France à l’Autriche depuis le 20 avril 1792. La première coalition est dissoute, la Grande-Bretagne restant la seule à ne pas déposer les armes.

-         26 octobre 1797 -le Directoire nomme Bonaparte chef de l’armée d’Angleterre.

-         Décembre 1797. Bonaparte, le héros de la paix, rentre à Paris. Talleyrand d (qui est rentré après le 9 Thermidor) y est ministre des relations extérieures (affaires étrangères) depuis juillet 1797. Une grande manifestation est organisée dans la cour d’honneur du Luxembourg. Bonaparte et Talleyrand y feront un discours. Bonaparte lance une menace glissée dans son discours « j’espère que la France sera bientôt assise sur de meilleures lois organiques. »

-      23 février 1798, Bonaparte remet ses plans de bataille au gouvernement dans lesquels il affirme qu’il est impossible d’attaquer frontalement l’Angleterre, et propose un mouvement tournant qui passe par...l’Egypte et qui couperait la route des Indes ! Talleyrand trouve l’idée allèchante, la France a perdu ses colonies et pourrait les remplacer en Orient (on suppose que Talleyrand est en fait acheté par les Anglais, le 22 février avait convoqué l’ambassadeur de Prusse et lui avait révélé le plan de Bonaparte et ajouté savoir que les Anglais n’interviendrait pas et le laisseraient passer)

-         Avril 1798, création de l’armée d’Orient

-         4 mai 1798, coup d’Etat du 22 Floréal contre les Jacobins.

-         19 mai 1798, Bonaparte quitte Toulon avec le gros de la flotte française et parvient à échapper à la poursuite de la flotte britannique de Nelson. Les Français s’emparent d'abord de Malte, le 10-11 juin 1798, pour assurer les communications ultérieures entre la France et l’Égypte. Il y laisse une garnison de 3 000 hommes sur place

-     1er juillet 1798 Napoléon débarque en Egypte, à Alexandrie. Après une courte résistance, la ville est prise le lendemain. Bonaparte y laisse trois mille hommes et se dirige vers l’est, en longeant le delta du Nil jusqu’au fleuve qu’il remonte ensuite en direction du Caire.

-     13 juillet 1798, Le premier véritable combat de la campagne d'Égypte a lieu à Chebreiss où les cavaliers mamelouks sont défaits, grâce à l’artillerie.

-      21 juillet 1798, à la bataille des Pyramides de Gizeh, Bonaparte bat à nouveau l’armée des mamelouks, soldats du Sultan turc terrorisaient l’Egypte. Bonaparte dira aux Egyptiens :  « je viens vous délivrer » alors qu’il ne faisait que s’y substituer.

-         24 juillet 1798, Bonaparte et son armée entrent en vainqueurs au Caire.

-        1er et 2 août, la flotte française est presque entièrement détruite à Aboukir par la flotte de l'amiral Nelson. Désormais, les Britanniques sont maîtres de la Méditerranée et Bonaparte et ses 38 000 hommes sont prisonnier de sa conquête.

-     Septembre 1798, formation de la deuxième coalition, comprenant la Grande-Bretagne, la Russie, l'Autriche, la Turquie, les Deux-Siciles, quelques princes allemands et la Suède. Dans l’année qui suivra la coalition chassera la France d’Italie, envahira la Suisse et menacera la France. La Patrie en danger entraînera un sursaut Républicain sous la forme néo-jacobine. Abolition du remplacement militaire, emprunt forcé pour financer la guerre, mise en place de l’impôt progressiste. Les délégations aux fournisseurs militaires – le complexe militaro-industriel comme on dirait aujourd’hui – supprimées. On évoque la remise en place du Maximum du prix des denrées de première nécessité. Mise en place d’un contrôleur financier auprès des généraux. Le droit sacré de la propriété redevient un thème des discussions politiques.

-  21 octobre 1798 Révolte populaire contre les Français. Cette révolte est impitoyablement réprimée par les troupes françaises. Le calme revient et Bonaparte rétablit la situation en décrétant finalement une amnistie générale, non sans avoir fait couper bon nombre de têtes, exhibées à la foule terrorisée, et canonner la Grande mosquée Al-Azhar.

-         10 février 1799, Bonaparte quitte le Caire avec son armée et se dirige vers la Syrie, rêvant de suivre les traces d’Alexandre. Il bat les Turcs aux combats d’El-Arich et de Gaza.

-         7 mars 1799, la ville de Jaffa est prise et pillée par les Français. Napoléon ordonne l'exécution de quelque deux mille cinq cents prisonniers albanais qui sont fusillés ou égorgés faute de munitions. C’est à ce moment-là que la peste apparaît dans les rangs français.

-     19 mars – 28 mai 1799, Bonaparte met le siège devant Saint-Jean d’Acre. Mais l’artillerie de siège qui devait arriver par cabotage a été détruite par les Britanniques. Acre reste imprenable malgré les assauts répétés. Bonaparte est contraint de refluer. Lors de son retour vers l’Egypte, en passant par Jaffa, Bonaparte fait achever les 200 soldats français atteints de la peste pour ne pas laisser de prisonnier aux Turcs. En attendant, au Caire comme à Paris, Bonaparte fait parvenir des nouvelles de sa victoire.

-        Mai 1799, Seiyès qui était ambassadeur à Berlin, rentre en France pour y être nommer directeur.

-         18 juin 1799,  Coup d’Etat du 30 Prairial – revanche des néo-jacobins qui poussent 3 directeurs à la démission.

-      23 août 1799. Bonaparte déserte à bord de la frégate La Muiron, abandonnant au général Kléber une armée diminuée et malade.

-         9 octobre 1799, Bonaparte débarque à Saint-Raphaël entouré de ses Mamelouks. Il parade en se faisant passé pour le général victorieux de l’Orient. Il traverse la France jusqu’à Paris, il est accueil partout en triomphateur aux cris de « Vive la République »

-         9 novembre 1799 – 18 Brumaire – Coup d’Etat d’une conspiration qui réunit Seiyès, Talleyrand, Barras (dont on se débarrassera en l’achetant, Bonaparte craignait de devoir être son obligé car Barras a toujours été le protecteur de la carrière du général)  financé par les milieux d’affaires comme Madame de Staël, les banquiers Suisses comme Perregaux, Mallet et Ouvrard via Cambacérès, des industriels et les fournisseurs militaires. Ils ont besoin d’un militaire, c’est Bonaparte qui sera choisi. Le 9 novembre au matin, dans les assemblées (Conseil des Anciens, Assemblée des 500) des complices font courir le bruit qu’un « complot anarchiste » a été découvert par la police (pendant ce temps les agents de Fouché s’adressant dans les lieux publiques font croire que cette une « tentative contre-révolutionnaire » qui vient d’être démasquée.) Pour protéger les assemblée, on fait nommer Bonaparte gouverneur militaire de Paris. Le lendemain, les assemblées sont transférées à Saint Cloud afin des les mettre à l’abri du « danger anarchiste ». Mais dans la nuit, les députés jacobins s’étaient renseignés et s’étaient aperçus que le fameux « complot » n’existait pas. Le 10 novembre Bonaparte est convoqué devant le Conseil des Anciens qui veut lui demander des explications. Bonaparte surpris par les questions ne sait pas quoi répondre bafouille, il finit par réutiliser une phrase qu’il avait prononcé au Caire « n’oubliez pas que mes pas sont guidés par le dieu de la victoire et le dieu de la guerre » et s’écrie : « qui m’aime me suive ! », ce qui dans ce contexte ne veut rien dire. Bonaparte sort dans un état de panique et se précipite dans la salle où sont réunis les 500. Mais il est interdit de pénétrer dans l’assemblée sans une convocation, dès son entrée dans l’enceinte de l’assemblée les députés crient au scandale, ils descendent de leur banc et expulsent par la force Bonaparte. Il s’évanouit à moitié, il est transporté dans une petite salle du château, il est pris d’une poussée de fièvre, il se gratte frénétiquement les boutons et le voila avec le visage en sang. Son frère Lucien, président des 500 a alors une idée géniale : il prend Bonaparte ensanglanté et le montre aux grenadiers qui protègent les assemblée en leur disant qu’un complot venait d’éclater à l’intérieur de la salle et qu’on avait voulu tuer Bonaparte ! Les grenadiers se précipitent dans l’assemblée et dispersent les députés. En fin de journée, on a quand regroupé une cinquantaine de députés, on leur fait voter le plan des 3 Consuls (au lieu des 5 directeurs : Sieyès, Ducos et Barras démissionnent + Jean-François Moulin et Louis Gohier, - Sieyès, Ducos et Bonaparte deviendront les 3 premiers Consuls), . Les grenadiers rentrent à Paris en chant « Ah ça ira…. » croyant qu’ils avaient sauvé la République. Le soir même Bonaparte dîne chez le banquier et on rend leur « délégation » aux fournisseurs militaires (droit prioritaire sur les impôts) et dans les jours qui suivent abandon du projet d’impôts progressistes. A Paris on fait placarder des affiches sur lesquelles ont peut lire : « Français, vous reconnaîtrez dans ma conduite le zèle d’un soldat de la liberté, d’un citoyen dévoué avant tout à la République »

 4 décembre 1799 : Bonaparte impose aux commissions, chargées de rédiger la nouvelle constitution, de siéger dans son propre bureau du palais du Luxembourg (siège actuel du Sénat). La priorité pour Bonaparte est de se débarrasser d’un concurrent très dangereux : Sieyès qui était à l’origine du coup d’Etat et qui en avait réuni le financement. Sieyès avait pour plan une constitution qui nommerait un « Grand électeur » logé à Versailles et touchant une pension mensuelle de 3 millions de francs.

-        13 décembre 1799 : présentation de la nouvelle constitution devant les commissions qui doivent l’approuver. Mais Bonaparte doit réduire les risques et s’assurer que les commissions vont voter correctement. Bonaparte répète ce que Talleyrand avait fait avec Barras le 18 Brumaire au matin, il achète Sieyès en le couvrant d’or issu des fonds secrets du gouvernement et en lui offrant le domaine de Crosne (Essonne), puis Bonaparte va lui demander, en tant qu’ancien sur le départ à la retraite, de désigner les 3 consuls.

-         25 décembre 1799, promulgation de la constitution l’an VIII. Contrairement aux Constitutions républicaines précédentes on ne trouve pas de déclaration des droits et des libertés. Cependant certains droits sont affirmés dans les dispositions générales, comme l'inviolabilité du domicile pour rassurer la bourgeoisie, la sûreté des personnes et le droit de pétition. Les élections sont supprimées, les citoyens n'élisent pas de représentants mais se bornent à présenter des listes de notabilités. Ce sont des listes de candidats à partir desquelles les membres des deux Assemblées, les consuls et les fonctionnaires seront nommés ou élus par le Gouvernement ou par le Sénat. La constitution apparaît comme taillée pour Bonaparte. Napoléon Bonaparte est, fait rarissime, désigné explicitement par la Constitution comme premier Consul. Il y a toujours trois consuls (Bonaparte, Cambacérès, Lebrun) mais contrairement au Directoire, les deux autres n'ont plus qu'un pouvoir consultatif. Ses pouvoirs sont considérables. Il nomme aux principales fonctions publiques et il a un certain pouvoir d'initiative en matière législative. De même, le premier consul se retrouve doté de pouvoirs importants pour la diplomatie et en matière militaire. Du côté de la justice, suppression des jurys populaires. « L’ordre judiciaire doit être aux ordres du gouvernement. » Du côté de la presse, sur les 73 journaux parisiens qui existaient avant le 18 brumaire, il n’en reste que 13. Le thème principal de Bonaparte, son idéologie officielle est « la fusion », au dessus des partis, réunissant dans un unique front les anciens Girondins et les Royalistes. Il faut unir les « possédants » contre les Jacobins. Bonaparte, maître absolu de la France (officiellement une République encore pour 4 ans) part s’installer au palais des Tuileries. Mais il maintient l’illusion de la République, en gardant le calendrier républicain, en maintenant deux fêtes républicaines sur quatre. 10 août et 21 janvier disparaissent, mais 14 juillet et 22 septembre sont maintenus. En janvier 1800, le France décrète un deuil national lors du décès de Georges Washington.

-         13 février 1800, création de la banque de France :

         

-         13 février 1800, création de la banque de France.

Déclaration du banquier suisse Jean Frédéric Perregaux soumise à Bonaparte (6 février 1800) : « A celui qui a contribué si puissamment à nous rendre, et avec tant d’éclat, les caractères d’une nation guerrière, il appartient de faire connaître, que notre nation est aussi appelée à se faire admirer et respecter par les effets d’une bonne économie  politique. Libre par sa création qui n’appartient qu’à des particuliers, la banque, que je propose de créer, ne négociera avec le gouvernement que lorsqu’elle y rencontrera ses convenances et le complément de ses sûretés. Néanmoins, cette banque s’appellera « la banque de France », mais elle ne sera à aucun degré une banque gouvernementale. Elle sollicite du premier consul la promulgation d’une loi qui, sans peut-être paraître s’occuper nominativement de notre établissement, consolidera son existence. »

La banque de France (BDF) sera chargée en échange de rémunération de payer les dettes de l’Etat (rentes et pensions) – Bonaparte crée les « receveurs généraux », collecteurs d’impôts qui auront la possibilité de conserver par devers eux l’argent collecté, le temps de le faire fructifier. En échange de quoi, ils versent des cautions non plus à l’Etat mais à la BDF – en 1803, la BDF deviendra la seule habilitée à émettre du papier monnaie.

A propos de cette création de la BDF, Nicolas François Mollien écrira dans ses mémoires – au sujet des receveurs: « C’était sans doute la première fois qu’il arrivait à un gouvernement de donner de l’argent à une banque d’escompte pour exploiter un privilège lucratif au lieu d’en demander à ses actionnaires pour prix de ce privilège. » - à propos de l’émission du papier monnaie : « Dans le soucis de n’ôter aux banques aucune source de profit, le premier consul va jusqu’à autoriser au bénéfice de la banque dit de France le partage d’une des première prérogatives de l’état celle de fabriquer une monnaie. Et en outre, la monnaie métallique que fabrique l’Etat, lui coûte à lui Etat, au moins le prix de l’or et de l’argent. Tandis que le privilège inouï accordé à l’établissement Perregaux, Mallet et compagnie, consiste en que cette banque, pure association d’intérêt, aura le droit de fabriquer une monnaie qui ne lui coûte rien.»

(Quand le présent éclaire le passé) François Mauriac, 1966 : « Ce que le général n’a pas fait, et ce qu’il ne dépendait pas de lui de faire, c’est d’obliger à lâcher prises ces mains, ces quelques mains, oui ce petits nombre de mains, qui tiennent les commandes secrètes de l’Etat, qui assurent les immenses profits de quelques uns, qui font de chacun de nous les têtes d’un troupeau exploitable, exploité »

-   8 Mars 1800, Bonaparte, qui a besoin d’éclat et craignant des troubles (la situation intérieure de l’économie n’est pas encore stabilisée) fait une déclaration : « Le premier Consul a promis la paix, mais c’est à vous Français de l’imposer. Votre premier Consul vous jure de ne combattre que pour le bonheur de la France et le repos du monde.» La guerre reprend contre l’Autriche et la deuxième coalition, suivant la même stratégie que lors de la première campagne. Deux armées qui doivent prendre en tenaille l’Autriche, l’une passe par l’Allemagne, l’autre, qu’on va appeler « armée de réserve » passera par les Alpes pour envahir le nord de l’Italie (18/20 mai, passage du Saint-Bernard qui amènera à la victoire de Marengo, 14 juin 1800).

-     5 juin 1800, à Milan il déclare : « je suis décidé à punir de mort quiconque fera la moindre insulte à notre commune religieuse. La France a rouvert les yeux à la lumière et ne demande qu’à renouer des liens étroits avec l’Eglise de Rome et son illustre chef. » Bien qu’il soit, comme une très grande partie de la noblesse de l’époque, très anti-clérical, Bonaparte mène une politique de rapprochement avec le Vatican. Cette politique de « l’alliance du sabre et du goupillon » s’explique au moins par trois points. D’abord, Il cherche toujours un rapprochement politique avec les royalistes et cherche à se substituer aux Bourbons en tant que protecteur de la religion. La religion, la peur de l’enfer, permet de convaincre les croyants de rester politiquement sage. Le clergé permet également de surveiller les autres, les incroyants. L’église et son clergé deviennent ainsi des auxiliaires de police (« une gendarmerie sacrée. ») En devenant protecteur de la religion catholique, Bonaparte cherche aussi à améliorer son image dans les territoires conquis de la Rhénanie et de la Cisalpine où la grande majorité des populations est catholique. Il prépare donc un Concordat (toujours valide en Alsace-Moselle).

La Révolution française a mis fin aux privilèges du clergé catholique. La nationalisation des biens de l'Église a sa contrepartie dans la Constitution civile du clergé. Mais l'opposition du pape Pie VI conduit à une scission entre une Église constitutionnelle et une Église réfractaire qui refuse de prêter serment. Cette dernière est assimilée par les révolutionnaires à la contre-révolution royaliste et se trouve victime de la politique anticléricale et du mouvement de déchristianisation. Quant à l'Église constitutionnelle, elle périclite dès lors que la Convention décide de ne rémunérer aucun culte (décret du 21 février 1795). Le concordat est un compromis, bref (39 articles), parfois très vague. D’emblée, « la religion catholique, apostolique et romaine sera librement exercée en France » (article 1). Archevêques et évêques sont nommés par le gouvernement mais reçoivent l’institution canonique du pape. Le texte stipule en outre qu’il « sera fait par le Saint-Siège, de concert avec le Gouvernement, une nouvelle circonscription des diocèses français ». En échange de l’abandon des biens ecclésiastiques vendus depuis 1790, le « gouvernement assurera un traitement convenable aux évêques et aux curés » (article 14). Mais plusieurs dispositions témoignent de la subordination de l’Église vis-à-vis de l’État. Évêques et prêtres doivent prêter serment de fidélité au gouvernement (article 6 et 7), et doivent faire réciter à la fin de l’office divin le Domine salvam fac Rem publicam, de la même manière que, sous l'Ancien régime, on chantait le Domine, salvum fac regem. Pendant tout le temps du régime concordataire (1801-1905), la nomination des évêques procède d’une négociation complexe entre les autorités civiles et les autorités religieuses. Les évêques sont nommés sur proposition du ministre chargé des Cultes (lié au ministre de l’Intérieur le plus souvent) – choix où interviennent les recommandations d’hommes politiques et des évêques déjà en place – après l’accord préalable du nonce apostolique.

En 1802, Chateaubriand publie « le génie du christianisme » Cette mise aux pas de l’Eglise aura un effet catastrophique sur les vocations religieuses. Pendant le Consulat et l’Empire il y aura moins d’ordination que pendant l’année qui précède Brumaire (par exemple dans le diocèse de Metz, sur 100 cures vacantes, il y a 10 ordinations)

-  Dans l’optique de cette « fusion nationale » que Bonaparte cherche à créer, il doit maintenant régler l’affaire de Vendée qui s’était soulevée depuis 1799. Il mènera une double politique de fermeté et de violence (assassinat des meneurs de la révolte) et de négociations en mettant en avant la communauté de la noblesse (clan des possédants.) Le problème essentiel pour le pouvoir absolu de Bonaparte, ce sont les Républicains jacobins. Fouché, ministre la police et ancien jacobin, va mener la chasse aux complots jacobins. Aujourd’hui encore, il est difficile de savoir si tous ces complots étaient réels ou imaginaires. Septembre, octobre et n février ovembre 1800, trois complots sont éventés par Fouché. Il commence à préparer l’opinion à cette idée d’un premier Consul nommé à vie, mais l’opinion publique, encore très républicaine, s’oppose à ce projet qui aboutira en 1802.

-  Noël 1800, alors que Bonaparte se rend à l’opéra, passant par la petite rue Saint Nicaise, une machine infernale (un tonneau de poudre allumé sur une charrette) est lancée contre le premier Consul, celui-ci y échappa, car la bombe fut lancée quelques secondes trop tard. Par contre, il y eut 22 morts, de nombreux blessés et 46 maisons de la rue du côté de la rue Saint-Honoré furent détruites ou rendues inhabitables. Les responsables sont des Chouans, qui seront arrêtés. Néanmoins, Bonaparte prétend qu’il s’agit d’un attentat organisé par les Républicains. Cambacérès dira « quelque soit les auteurs de l’attentat, les Jacobins nourrissent des dessins criminels, il faut en finir avec eux ! » Fouché présentera un rapport le 1er janvier 1801 dans lequel il présente 130 noms de Républicains à « abattre ». 6 Républicains les plus influents seront fusillés ou guillotinés, 68 seront déportés aux îles Seychelles, le reste sera exilé à Cayenne. 32 tribunaux d’exception seront mis en place. Le Tribunat sera épuré, Bonaparte (violant sa propre constitution qui prévoyait un tirage au sort) désignera personnellement les tribuns qui doivent sortir et faisant entrer ceux qu’il cherche à acheter la bienveillance. Bonaparte cherchera aussi à se concilier les ouvriers, il abolit un décret qui interdisait de se promener dans le jardin des tuileries en habit de travail.

- 9 février 1801  : Traité de Lunéville:  suite aux victoires de Napoléon à Marengo () et de Moreau à Hohenlinden le 3 décembre de la même année, d’où s’ensuit l’armistice de Trévise avec les Autrichiens le . Il marque la fin de la deuxième coalition. Un an plus tard, l’Angleterre doit signer la paix d’Amiens (mars 1802).

 

 

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Carte (1805) de Karl Ernst Adolf von Hoff qui se propose d’illustrer, de façon très générale, les proportions des pertes essuyées par les États allemands dans le traité de Lunéville - source : http://www.cairn.info/revue-geneses-2007-3-page-4.htm

 

-  Mai 1802 : rétablissement de l’esclavage et du remplacement militaire «(supprimé par les Jacobins de 1799),

-   4 août 1802, par plébiscite, Bonaparte devient Consul à vie. En signant la paix d'Amiens avec l'Angleterre le 25 mars 1802, puis le concordat avec le pape le 8 avril suivant, Bonaparte s'acquiert une immense popularité dans le pays. Il veut en profiter sans tarder pour renforcer son pouvoir et le pérenniser.

Son entourage, en particulier le vicomte François de Chateaubriand et le marquis Louis de Fontanes, le persuadent d'instaurer une nouvelle légitimité dynastique pour clore la Révolution et couper court aux complots royalistes. L'un et l'autre sont reconnaissants au Premier Consul d'avoir rétabli la paix religieuse... mais ils se fâcheront plus tard avec lui et rallieront Louis XVIII.

Le 6 mai 1802, l'assemblée du Tribunat, dévouée au Premier Consul, demande un témoignage de reconnaissance nationale à son égard. Le Sénat, réticent et influencé par Sieyès, se contente de le réélire pour dix ans... Bonaparte, déçu, ne se satisfait pas de ce cadeau.

Finalement, le Conseil d'État décide de consulter le peuple par plébiscite. Une immense majorité de citoyens se prononcent en faveur du Consulat à vie: plus de 3.500.000 oui contre 8.374 non (dont ceux de La Fayette et de quelques républicains).

Il faut dire que le scrutin n'est pas secret. Chacun signe sur un registre, soit celui du oui, soit celui du non. Il est prévu de brûler les registres après le scrutin pour éviter des représailles...

Il ne reste plus qu'à mettre en forme la volonté populaire en modifiant la Constitution. C'est chose faite avec le sénatus-consulte du 16 thermidor An X (4 août 1802), aussi appelé «Constitution de l'An X». Il fait de Bonaparte un Premier Consul à vie, accroît ses pouvoirs déjà immenses et lui donne qui plus est le droit de désigner son successeur !

Bonaparte devient un monarque absolu sans en avoir le titre, avec plus de pouvoirs que Louis XIV lui-même ! (http://www.herodote.net/2_aout_1802-evenement-18020802.php)

18 mai 1804 (couronné le 2 décembre): Napoléon Ier devient l’empereur des Français. Britanniques pour déclarer une nouvelle fois la guerre à la France en 1803, et pour soutenir l’opposition royaliste à Bonaparte. Des agents royalistes, dont Jean-Charles Pichegru, sont débarqués clandestinement en France et se mettent en rapport avec Georges Cadoudal et Jean-Victor Moreau. Le complot est rapidement éventé et ses membres arrêtés. Pichegru meurt étranglé dans sa cellule ; les autres sont jugés et condamnés. Cadoudal est exécuté, Moreau banni. Mais le complot fait aussi une victime collatérale : le duc d’Enghien, prince Bourbon. Le Premier Consul le fait enlever en territoire étranger, juger sommairement par une commission militaire et exécuter, à la suite de déclarations recueillies auprès de Cadoudal après son arrestation. L’exécution qui se déroule à Vincennes ne suscite pas d’autres protestations que celles du Royaume-Uni, de la Russie et de l’Autriche.

2 décembre 1804. Napoléon se couronne Empereur.  À proprement parler, l'Empire naît à la demande du Sénat. Steven Englund se rallie à l'opinion selon laquelle il s'agissait, initialement, de « protéger » la République. Le Consulat abattu, l’ordre se serait effondré avec lui. L'Empire, lui, était une institution scellant la pérennité des valeurs républicaines. Napoléon Bonaparte pouvait mourir : l'hérédité du titre était censée protéger le pays des bouleversements et de la perte des acquis révolutionnaires. C’est ainsi que les monnaies impériales portèrent la mention « Napoléon Empereur - République française ».

(http://fr.wikipedia.org/wiki/Napol%C3%A9on_Ier#Du_Consul_.C3.A0_l.E2.80.99Empereur)

3 mai 1803 – vente de la Louisiane aux Etats-Unis.

16 mai 1803 - rupture de la paix d'Amiens, à la suite de l'occupation du Hanovre. Le Royaume-Uni déclare la guerre à la France et rétablit le blocus des côtes françaises et pour soutient l’opposition royaliste à Bonaparte.

29 février 1804 : Complot contre le 1er Consul est découvert. Des agents royalistes envoyés par l’Angleterre, dont Jean-Charles Pichegru, sont débarqués clandestinement en France et se mettent en rapport avec Georges Cadoudal et Jean-Victor Moreau. Le complot est rapidement éventé et ses membres arrêtés. Pichegru meurt étranglé dans sa cellule ; les autres sont jugés et condamnés. Cadoudal est exécuté, Moreau banni. Mais le complot fait aussi une victime collatérale : le duc d’Enghien, prince Bourbon. Le Premier Consul le fait enlever en territoire étranger, juger sommairement par une commission militaire et exécuter, à la suite de déclarations recueillies auprès de Cadoudal après son arrestation. L’exécution qui se déroule à Vincennes le 21 mars 1804 ne suscite pas d’autres protestations que celles du Royaume-Uni, de la Russie et de l’Autriche.

18 mai 1804 (couronné le 2 décembre): Napoléon Ier devient l’empereur des Français.

Le 2 décembre 1804 - Napoléon se couronne Empereur à Notre Dame de Paris en présence du pape. À proprement parler, l'Empire naît à la demande du Sénat. Steven Englund se rallie à l'opinion selon laquelle il s'agissait, initialement, de « protéger » la République. Le Consulat abattu, l’ordre se serait effondré avec lui. L'Empire, lui, était une institution scellant la pérennité des valeurs républicaines. Napoléon Bonaparte pouvait mourir : l'hérédité du titre était censée protéger le pays des bouleversements et de la perte des acquis révolutionnaires. C’est ainsi que les monnaies impériales portèrent la mention « Napoléon Empereur - République française ».

(http://fr.wikipedia.org/wiki/Napol%C3%A9on_Ier#Du_Consul_.C3.A0_l.E2.80.99Empereur)

11 avril 1805 est signé le traité de Saint-Pétersbourg, craignant toujours les visées de Napoléon en Orient, la Russie s'allie avec le Royaume-Uni.

26 mai 1805  - Napoléon devient Roi d’Italie et continue ses annexions dans la péninsule italienne.

Le 16 juin 1805, l'Autriche rejoint la coalition, moyennant d'importants subsides britanniques. La Suède de Gustave IV les rejoint également le 30 octobre.

25 août 1805 – Départ de de la Grande Armée à Boulogne sur mer dont les exploits seront relatés par le Bulletin de la Grande Armée (dont Julien Sorel est friand.) Napoléon élabore alors des plans d’invasion  de l’Angleterre en partant de Boulogne sur mer où. Il fait construire une immense flotte de péniches de débarquement et implore ses amiraux d’attirer la flotte britannique loin de la Manche. Mais ces projets n’aboutiront jamais.

25 septembre 1805 : les troupes françaises sont alignées sur le Rhin, les coalisés se déploient ; Les Autrichiens se concentrent en Italie, dans le Tyrol et sur le Danube pour bloquer l’accès à Vienne. Britanniques, Suédois, Russes se réunissent en Allemagne du Nord pour marcher sur le Hanovre. Les Russes envoient deux armées pour renforcer l’armée autrichienne.

21 octobre 1805 – Victoire de l'amiral Nelson à Trafalgar. Cette victoire britannique impose la maîtrise absolue des mers par le Royaume-Uni.

26 décembre 1805 – Après les défaite d’Ulm (18/19 octobre 1805) et d’Austerlitz (2 décembre 1805 : 25 000 morts) l‘Autriche signe la paix de Presbourg (Bratislava). L’Autriche perd la Vénétie, la côte dalmate, des territoires en Allemagne au profit des électeurs de Bavière et de Wurtemberg.

« Le Royaume-Uni et la Russie poursuivaient la guerre. Le Royaume-Uni perdait son premier ministre, mort peu après l'annonce de la victoire d'Austerlitz (les Britanniques disent : Austerlitz a tué Pitt). »

http://fr.wikipedia.org/wiki/Troisi%C3%A8me_Coalition#La_rupture

1er janvier 1806 – Abolition du calendrier républicain.

30 mars 1806 – Joseph Bonaparte devient Roi de Naples, expulsion des Bourbons. Création du Grand Empire d’Occident.

12 juillet 1806 – création de la confédération du Rhin (les Français envahissent la rive droite du Rhin et menace l’Autriche et le titre d’empereur de François)

Août 1806 : formation de la quatrième coalition : La Prusse, la Russie, la Suède, la Saxe et le Royaume-Uni.

14 octobre 1806 – Bataille de Iéna qui ouvre la route de Berlin à la Grande Armée.

21 novembre 1806 – Depuis Berlin, Napoléon lance l’ordre du blocus continental.

7 février 1807 : Bataille d’Eylau – Les Russes se retirent dans l’ordre, c’est une victoire à la Pyrrhus, 50 000 morts pour rien.

Juillet 1807 - Les traités de Tilsit sont deux accords signés en juillet 1807 dans la ville de Tilsit par l'empereur Napoléon Ier après avoir remporté la bataille de Friedland. Le premier traité de Tilsit a été signé en secret le 7 juillet 1807 par le tsar Alexandre Ier et Napoléon, lors d’une rencontre sur un radeau au milieu du Niémen. Le second traité de Tilsit a été signé le 9 juillet 1807 avec le roi de Prusse, qui avait déjà accepté une trêve le 25 juin après avoir été pourchassé par la Grande Armée jusqu’aux limites de la frontière est de son royaume.

Ces traités mettent fin à la guerre de la quatrième coalition européenne contre la France aux dépens de la Prusse qui cède près de la moitié de ses territoires d'avant-guerre au profit d’États sous tutelle française

17 octobre 1807, 24 000 soldats français commandées par le général Junot franchissent les Pyrénées avec l'accord de l'Espagne et avancent en direction du Portugal pour faire appliquer le Blocus continental de Napoléon.

Au matin du 10 avril 1809, des éléments d'avant-garde de l'armée autrichienne franchirent l'Inn et entrèrent en Bavière.

5 / 6juillet 1809 – Bataille de Wagram (55 000 morts) contre la cinquième coalition.

14 octobre 1809 - traité de Schönbrunn très dur envers l'Autriche. La France recevait la Carinthie, la Carniole et les ports de l'Adriatique tandis que la Galicie était cédée aux polonais et le Tyrol aux bavarois. L'Empire d'Autriche perdait trois millions d'habitants soit environ 20 % de la population totale. L'empereur François acceptait également de payer une lourde indemnité, reconnaissait le frère de Napoléon, Joseph comme roi d'Espagne et réaffirmait son soutien au blocus continental.

15 décembre 1809 – Napoléon répudie Joséphine incapable de lui donner un héritier.

1er février 1810 – union avec Marie Louise d’Autriche, nièce de Marie-Antoinette. Les recrues lors des conscriptions en vue de préparée la campagne de Russie seront baptisées « les Marie-Louise » et combatteront aux côtés des vieux „grognards“

17 avril 1810 – création de l’armée du Portugal – campagne du Portugal jusqu’en mai 1811

21 mars 1811 : naissance de l’Aiglon, futur roi de Rome. Fait duc de Reichstadt (Zakupy), mort étrangement en 1832 et dont les cendres seront rapatriées aux Invalides en décembre 1940.

24 Juin 1812 – début de la campagne de Russie.

 

Les Russes d’abord massés à la frontière polonaise, reculent face à l’avance de la Deuxième Grande Armée (600 000 hommes de plus de dix nations européennes – dont le 12ème corps d’armée, 30 000 Autrichiens commandés par le Prince de Schwarzenberg en 1812.

7 septembre 1812- Bataille de la Moskova (Borodino) – La plus grande bataille de la campagne de Russie (250 000 hommes), c’est aussi la plus sanglante (80 000 victimes). La garde impériale n’intervient pas

14 septembre 1812 – entrée de Napoléon dans Moscou (le gouverneur Rostopchine avait fait évacuer puis brûler la ville)

http://en.wikipedia.org/wiki/File:Night_Bivouac_of_Great_Army.jpg

23 octobre 1812 – tentative de coup d’Etat du général Malet qui fait croire que Napoléon est mort en Russie, mais la fausse nouvelle est éventée dans la journée, Malet et ses complices sont arrêtés et fusillés le 29 octobre.

16 / 19 novembre 1812 : le passage de la Bérézina.

Janvier 1813 : Napoléon recompose son armée en appelant les classes de1814.

17 Mars 1813 : Profitant du désastre en Russie. La Prusse déclare la guerre à Napoléon (Guerre de libération en Allemagne et sixième coalition).

Mai 1813 : Campagne d’Allemagne bataille de Luzen et Bautzen, Napoléon reprend Dresde.

4 juin 1813 – Armistice de Pleiswitz est signé à la demande de la Prusse et de la Russie entre Napoléon et la Sixième Coalition. Prévu jusqu'au 20 juillet, il sera prolongé au 10 août 1813. Napoléon qui n’a pas réussi à recomposer sa cavalerie ne peut profiter de ses victoires militaires.

14 juin 1813 : Signature du traité de Reichenbach, L’Angleterre rejoint la coalition. Traité auquel adhère la Russie le lendemain, dans lequel l'Angleterre s’engage à verser 2 millions de livres (deux tiers à la Russie, un tiers à la Prusse), en échange d'un engagement de ces deux pays à ne pas conclure de paix séparée.

2 juillet 1813 : Wellington achève la campagne d’Espagne et chasse les derniers soldats français de la péninsule.

Aout 1813 – reprise de la campagne, les troupes austro-prussiennes attaquent Dresde – défaite à Ulm, les Français se livrent.

16/19 octobre 1813 – Bataille de Leipzig (la bataille des Nations) le corps d’armée des Saxons déserte ce qu’il reste de la Grande Armée (l’Armée du Rhin): 100 000 morts.

2 novembre 1813 les troupes françaises repassent le Rhin. Alors que les Anglais ont commencé à envahir les Landes.

4 décembre 1813, les coalisés réunis à Frankfurt font une proposition de paix à la France si elle se débarrasse de Napoléon et son prêtes à lui reconnaître ses conquêtes de 1792/1793.

23 décembre 1813, les troupes autrichiennes entrent en Alsace.

29 Décembre 1813 – Rébellion des chambres. Napoléon, qui a besoin d’argent et de soldats pour son armée, mène une politique financière contraire aux intérêts des notables qui l’ont mis au pouvoir en Brumaire. Abolition de la loi des remplacements. Mise en vente 130 millions de bons gagés sur les biens communaux (c’est du papier monnaie qui devrait être le monopole de la banque de France). Il veut payer les fournisseurs militaires en rentes d’Etat (emprunt forcé). Lors de la campagne de France, les villes se rendent à l’ennemi.

6 janvier 1814 – Défection de Murat, roi de Naples qui passe à la Coalition.

3/8 février 1814 – Congrès de Châtillon, Les Coalisés qui n’arrivent pas à s’entendre sur le successeur de Napoléon refont la proposition de Frankfurt en acceptant que Napoléon reste au pouvoir. Napoléon refuse (à Saint Hélène, il confiera qu’il s’agissait pour lui d’une erreur, il aurait du accepter)

30 mars 1814 les Coalisés occupent Paris. Les Cosaques entrent les premiers. Ils sont acclamés dans les quartiers bourgeois. Le sénat vote la déchéance de l’empereur. Puis ses maréchaux vont se rebeller et refuser de continuer les combats.

6 avril 1814 – Napoléon abdique, le 13 avril signature du traité de Fontainebleau qui fait de Napoléon le souverain de l’île d’Elbe avec une rente de 2 millions de livres par an. / Traité de Paris.

20 avril 1814 : scène des adieux et départ vers l’île d’Elbe sous les colibets et les huées des Français. Marie Louise refusera de s’y rendre et se fera allouer le titre de duchesse de Parme par son père François Ier et restera à la cour de Vienne accompagné de son fils, le duc de Reichstadt.

Pendant sa première année de règne, Louis XVIII monte sur le trône de France et multiplie les maladresses anti-républicaines. Il instaure le drapeau blanc à la place du drapeau tricolore, fait fermer les cafés pendant l’office, contraint les non croyants à parer d’ornements leur maison lors du passage de processions religieuses.

1er mars 1815 : Napoléon veut rejouer la carte jacobiniste, débarquement à Golf Juan les pins. « Le vol de l’Aigle. » Début des 100 jours. La première tentative pour contacter la garnison d’Antibes est un échec, Napoléon et son millier d’hommes s’enfuit vers Grasse. En route vers Paris (il arrivera le 20 mars), la troupe se gonfle derrière le drapeau tricolore. L’imagination populaire se souviendra de l’épisode de Laffrey sur la route Napoléon près de Grenoble. Bonaparte tiendra un double discours, jacobin avec les prolétaires qui l’accompagnent (son retour à Paris lui coûtera 250 000 francs), il se présente comme le sauveur des nobles.

18 juin 1815 – Bataille de Waterlo – oppose le commandant les troupes alliées (Anglais, Hollandais et Belges) Général Wellington, vétéran de la guerre d’Espagne (1803-1814), les troupes prussiennes commandées par Blucher  - et du côté français, le maréchal Ney – Grouchy

21 juin 1815 – Napoléon abdique en faveur du roi de Rome, Napoléon II règnera du 22 juin au 7 juillet. Le 29 juin le père part pour Rochefort (en Charente maritime au sud de la Rochelle) en espérant s’abarquer pour les Etats-Unis.

8 juillet 1815 Alors que Napoléon embarque finalement et rejoint l’île d’Aix, c’est Louis XVIII qui fait son retour sur le trône. Napoléon se résoud à demander asile en Angleterre et écrit au prince régent :

« Altesse Royale,

En butte aux factions qui divisent mon pays et à l’inimitié des plus grandes puissances de l’Europe, j’ai terminé ma carrière politique et viens, comme Thémistocle, m’asseoir au foyer du peuple britannique.

Je me mets sous la protection des lois, que je réclame de Votre altesse Royale, comme du plus puissant, du plus constant et du plus généreux de mes ennemis. »

Napoléon se livre aux Anglais le 15 juillet et monte à bord du Bellerophon, puis est transféré sur le Northumberland qui l’amène à Saint Hélène. Il y débarque en octobre 1815 placé sous la surveillance du gouvernement d’Hudson Lowe et confiera ses mémoires à la rédaction de Bertrand qui les note dans des cahiers.

5 mai 1821 – mort de Napoleon Bonaparte.

15 décembre 1840 – Louis Philippe, roi des Français, fait rapatrier la dépouille de l’empereur inhumé à l’hôtel des invalides (retour des cendres) . :

« Ciel glacé ! soleil pur ! Oh ! brille dans l’histoire !

Du funèbre triomphe, impérial flambeau !

Que le peuple à jamais te garde en sa mémoire

Jour beau comme la gloire,

Froid comme le tombeau »

Vicot Hugo. Les Rayons et les Ombres, 1840

 

7. 1. 2014

 

 

 

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