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Clovis le byzantin

L'indépendance très progressive des royaumes des Francs et des Burgondes...

De la fabuleuse existence des Mérovingiens

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500 – Baptême de Clovis (496 / 508?) , premier Roi nicéen des Francs.

Après s'être allié l'ensemble des tribus franques et vaincu les Alamans à la bataille de Tolbiac, après s'être converti au dogme nicéen...

"The Frankish king Clovis converted from Arianism to Catholicism at the end of the fifth century."

(Charles Freeman, A.D.381. p.177, cité par : http://www.unrv.com/forum/topic/9392-clovis-arian-christian-before-roman-catholic/)

 

...Clovis devriendra le principal allié de l'empereur byzantin Anastase Ier qui le nommera Consul des Gaules, déjà dévastée par le passage d'Attila.

"He was the most important Western ally of the Byzantine emperor Anastasius I...and honoured with an imperial consulship."

http://www.britannica.com/EBchecked/topic/122446/Clovis-I

En se convertissant au catholicisme, Clovis a renforcé sa position. Pour s'offrir son alliance, Anastase le nomme patrice et lui confère la dignité consulaire. Dès lors, Théodoric n'est plus légitime à convoiter la Gaule car le royaume des Francs est reconnu légitime à occuper cette terre par l'empereur romain d'Orient. De surcroît, Anastase envoie sa marine piller les côtes italiennes.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Anastase_Ier_(empereur_byzantin)#Relations_complexes_avec_les_royaumes_barbares_et_la_papaut%C3%A9

En épousant la Burgonde catholique Clothide, Clovis se laisse le champ libre pour accomplir la mission que lui a confiée l'empereur byzantin : imposer le dogme de Nicée à la Gaule afin d'y instaurer la paix éternelle. Georges Lusseaud résume la tension de la situation en ces terme :

Un problème capital se pose maintenant : les Gaules seront-elles dominées par les Wisigoths ariens et latinises, ou par l'ambitieuse ethnie des Francs Saliens, encore païenne, que soutient, l'épiscopat du nord de la Loire ?

Georges Lusseaud. Histoire religieuse des Gaules du Ier au VIème siècle http://orthodoxie.free.fr/histoire_eglise_des_gaules.htm

 

Georges Lusseaud qualifie les Francs Saliens de Clovis de « païen »" et d’« ambitieux », il renvoie sans doute plus à l'étymologie "paysanne" du premier adjectif, ou pour le deuxième, au caractère personnel du futur premier roi catholique des Francs.

Même si les centres urbains de grande importance sont plus fréquents au sud des Gaules, les légionnaires vainqueurs et les hommes libres du nord-est de l'empire ou des îles britanniques jouissaient des mêmes droits que tous les autres Citoyens de la République romaine depuis 212 et le décret de Caracalla.

A cette même époque du début du IIIème siècle, les peuples Alamanni, Francs, Burgondes, Wisigoths…intègrent la République romaine par le système des fœdus (fédération).

Autour de l’an 500, les Saliens sont parfaitement romanisés et de religion arienne.

« A noter que Clovis n'était pas païen mais arien, adepte de l'arianisme. Doctrine d'Arius, prêtre d'Alexandrie (320) qui niait le divinité du Fils et l'unité des personnes de la Trinité. Arius a été condamné au Concile de Nicée en 325 mais plusieurs empereurs l'ont soutenu et particulièrement chez les Germains. D'après le Larousse encyclopédique 1977.  »

http://users.swing.be/paroleactive/clovis.htm

Et Clovis, le plus ambitieux de leurs militaires, se convertira au culte nicéen pour obtenir le soutien…du sénat de la « Nouvelle Rome », non pas tant pour devenir Roi d'une nouvelle "nation" (Rex : chef d'une armée fédérée ayant passé un traité avec Rome - dans son hagiographie, Clovis est désigné comme Rex Bellorumsource), que pour bénéficier :

1- d’un titre militaire byzantin:

"He was the most important Western ally of the Byzantine emperor Anastasius I...and honoured with an imperial consulship."

http://www.britannica.com/EBchecked/topic/122446/Clovis-I

2- de la monnaie byzantine :

« . L'absence complète de textes mentionnant des règlements faits sur les monnaies, par les rois francs, donne à supposer qu'ils suivirent à la lettre, dans cette partie de leur administration, les anciennes lois impériales. Il est même probable que le premier monnayage des rois des Francs fut composé de numéraire servilement copié sur celui des empereurs.

 Ch. Lenormant a cru retrouver sur des quinaires d'or d'Anastase, au type de la Victoire passante, des lettres indiquant le nom de Clovis Ier et l'atelier d'Orléans (R.N., 1848, 181-212, etc.).

Sans admettre cette théorie, on peut déjà indiquer une série de monnaies, sous et tiers de sou d'or, depuis Childebert Ier. Les principaux ateliers qui ont émis ces monnaies sont Paris (pour Clovis II) et Marseille (pour Dagobert Ier et Childéric II).

Childebert Ier paraît avoir d'abord frappé des petits bronzes à son monogramme  »

http://www.sacra-moneta.com/Numismatique-medievale/Les-monnaies-merovingiennes.html

3- en échange d’une diplomatie byzantine...

« Le roi Clovis dit à ses soldats : « Je supporte avec grand chagrin que ces Ariens possèdent une partie des Gaules. Marchons avec l’aide de Dieu, et, après les avoir vaincus, réduisons le pays en notre pouvoir ».

Grégoire de Tours, Histoire des Francs (livre II, 103-104) cité par : http://icp.ge.ch/po/cliotexte/le-moyen-age/royaumes.barbares.html

...ouvrant un deuxième front gaulois de la reconquête catholique qui finirait par mener les armées de Justinien à réduire en cendres l'Italie de la réforme agraire:

L'autonomie des royaumes goths (arien) prit fin en 539 avec la reconquête de l’Italie par le général byzantin Bélisaire, sous le règne de Justinien. Les derniers actes officiels préparés par Cassiodore furent rédigés alors qu'il était à la cour du roi goth Witiges, qui fut chassé de Constantinople en 540. Dans les années qui suivirent, plusieurs souverains fantoches administrèrent la ville tandis que Bélisaire empêchait les Goths de reprendre pied en Italie (mais la péninsule devait tomber aux mains des Lombards (ariens) après la mort de Justinien).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jordan%C3%A8s

 

On observe d'une façon identique ces trois points en ce qui concerne le royaume de Bourgogne :

Sigismond se reconvertit au catholicisme (entendre : dogme de Nicée) , nommé d'abord patrice en 513, il devient roi à part entière après la mort de Gondebaud au printemps 516. À son avènement, il envoie une ambassade à l'empereur d'Orient Anastase, qui est interceptée par Théodoric ; l'empereur le confirme dans les dignités exercées par son père2, dont peut-être celle de Magister militum per Gallias. Lui-même se considère dans ses lettres comme le miles (soldat) de l'empereur3.

Sigismond s'efforce par ailleurs de faire disparaître l'arianisme de son royaume, conseillé par Avit qui paraît avoir été son grand inspirateur et qui, en 517 convoqua dans ce but le concile d'Épaone. Il rencontre une forte opposition des Burgondes

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sigismond_%28saint%29)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sigismond_(saint)

« Procope (Bello goth., III, xxxiii), nous apprend positivement que dans la première moitié du VIème siècle, aucune monnaie ne fut frappée par les rois barbares avant 544 »

http://www.sacra-moneta.com/Numismatique-medievale/Les-monnaies-merovingiennes.html

Tremissis ou tiers de sou d’or du royaume des Burgondes au nom de l’empereur Justin Ier et au monogramme du roi Sigismond.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sigismond_(saint)#/media/File:Tremissis_de_Sigismond_%C3%A0_la_titulature_de_Justin_Ier.jpg

 

Nommé et financé par Byzance, converti au culte de Byzance, au service de Byzance dans sa lutte à mort contre l’arianisme entamée en 447…il apparaît très hasardeux de vouloir imaginer une réelle autonomie aux royaumes fédérés franc et bourguignon dès les années 500. Il faudra attendre quelques générations :

« Les signatures de monétaires furent un moyen terme inventé par les rois mérovingiens pour se soustraire à la tyrannie de Constantinople. » Cartier fils. Revue numismatique (1855, 253).

«Sigebert Ier (561-575) a encore la Victoire [6], et une de ses monnaies, à Reims, porte le nom du monétaire Dace. Par conséquent, la Victoire céderait la place à la croix en principe après 575. » Serrure. Traité de numismatique du moyen âge Engel et Serrure (t. I, 1891).

Cité par A. Dieudonné .  Les monnétaires mérovingiens. In Bibliothèque de l’École des chartes. 1942. vol.103. pp.20-51 : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1942_num_103_1_449266

 

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De la fabuleuse existence des Mérovingiens :

La croyance en l'existence même de la dynastie mérovingienne repose sur une incroyable série de mythes et de légendes.

Les ancêtres revendiqués sont le fruit d'une construction totémique :

Une légende, relatée à une époque plus tardive — la chronique de Frédégaire4 (III, 9) en parle au VIIe siècle — entretient le doute quant à la réelle existence de Mérovée : sa mère, l'épouse du roi Clodion, déjà enceinte, fut séduite par une « bête de Neptune semblable au Quinotaure » alors qu'elle se baignait dans l'océan. Enceinte une deuxième fois, les deux sangs se mélangèrent pour donner naissance à une nouvelle dynastie dont les membres étaient investis de grands pouvoirs et d'une aura de magie et de surnaturel, caractéristique des Mérovingiens5.

https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9rov%C3%A9e

Le nom Faramond, qui renvoie aux racines franciques « fara » et « mund », signifiant respectivement « tribu » et « protection », peut signifier « protecteur de la tribu » voire « protecteur du pays ». Selon l'historienne Anne Lombard-Jourdan, ce nom ou ce surnom pourrait coïncider avec la fonction symbolique d'ancêtre mythique et de figure tutélaire assignée au premier roi des Francs.

Anne Lombard-Jourdan, Alexis Charniguet, Cernunnos, dieu Cerf des Gaulois, éd. Larousse, 2009, p. 99. Cité par https://fr.wikipedia.org/wiki/Pharamond#cite_note-3

 

Il s'avère que cette construction mythologique prend une ampleur démesurée et que les historiens n'ont de cesse de la dénoncer :

Faux Mérovingiens

L'appellation de Mérovingiens regroupe des personnages qui apparaissent parfois dans certaines généalogies des Mérovingiens, au sujet desquels il existe des controverses ou des doutes portant sur leur existence réelle ou sur leur appartenance à la dynastie mérovingienne.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Faux_M%C3%A9rovingiens

Quant aux archives archéologiques, le contexte de leur découverte laisse pantois...

C'est à l'époque de la création de la France (1633 - Louis XIII devient le premier Roy de France), qu'on "restaure" le tombeau de Clovis :

"Ce tombeau, composé d’un socle et d’un gisant, fut restauré en 1628 par les soins du cardinal-abbé de La Rochefoucauld qui le fit placé dans la chapelle axiale rectangulaire, au fond de l’église, dans un monumental ensemble baroque en marbre. C’est ce gisant qui fut transféré en 1816 à l'église abbatiale de Saint-Denis."

Un tombeau qui d'ailleurs, relève de la simple probabilité :

"On attribua donc logiquement ces trois sarcophages à Clovis, à la reine Clotilde, ainsi qu’à leur fille Clotilde. Les deux cercueils d’enfants, sans décor, furent attribués aux deux petits fils de Clovis, Théobald et Gunther (les frères de Clodoald, devenu saint Cloud) massacrés par leur oncle.
Mais Alexandre Lenoir reconnut qu’aucune inscription ne l’attestait. C’est en raison de la qualité de l’ornementation, et parce que c’était le but des fouilles et que l’emplacement correspondait au gisant du XIII°s avant le transfert de 1628, que le rapport remis à l’empereur conclut à la découverte probable des sarcophages de Clovis et de sa famille."

http://saintdenis-tombeaux.forumculture.net/t142-la-tombe-de-clovis-qu-est-elle-devenue

Louis XIV, héritier de l'oeuvre de son père (1601-1643), continuera de faire écrire le "roman national" en enrichissant le patrimoine archéologique :

"Le 27 mai 1653, à Tournai, un ouvrier, Adrien Quinquin, creusant les fondations d'un hospice à construire près de l'église Saint Brice, plante sa pioche dans une bourse pleine de pièces d'or. "L'éclat de ces métaux précieux frappa comme un éclair les yeux du pauvre sourd muet". Il venait de découvrir un trésor : une centaine de pièces d'or à l'effigie d'Anastase, empereur d'Orient, le triple d'abeilles en or et verres colorés, selon la technique des bijoux "cloisonnés" répandue à l'époque mérovingienne, des monnaies d'argent, une épée décorée selon la même technique, des boucles de ceinture et enfin une bague portant une inscription qui livre l'explication de cette richesse : CHILDIRICI REGIS. D'autres éléments auraient pu éclairer le contexte du tombeau de Childéric ler, roi des Francs Saliens, fils de Mérovée, père de Clovis, mort à Tournai en 481. La fouille continuée par l'ouvrier sourd muet "ne fut malheureusement pas suivie avec l'exactitude désirable"

http://saintdenis-tombeaux.forumculture.net/t248-le-tombeau-de-chideric-et-son-tresor-en-1655

Un maçon qui restera bien sûr muet comme une tombe. Inutile donc d'invoquer une malédiction à la Toutankhamon pour se débarrasser des témoins gênants...

L'histoire de cette heureuse découverte était déjà connue, elle n'est qu'un pastiche de la mise à jour de la tombe des sept dormants d'Ephèse :

"Et c'est en 418, qu'un maçon ouvre par hasard la grotte où sont enfermés les Sept Dormants. Ceux-ci se réveillent, inconscients de leur long sommeil. Aussitôt, l'empereur Théodose II accourt, et voit dans le miracle une preuve contre ceux qui nient la résurrection des morts."

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sept_Dormants_d%27%C3%89ph%C3%A8se

 

418 et la fondation du royaume de Toulouse des Goths ariens. Il est temps pour Théodose le nicéen de continuer la lutte contre l'arianisme et tous les autres...

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Première mise en ligne : 23/10/2013 - Dernière mise à jour : 08/06/2018

 

 

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