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Philippe Auguste et l'Ordonnance-testament de 1190

6. 6. 2016

Cette page n'est plus actualisée,

les nouveaux contenus abctualisés sont disponibles à ces adresses:

https://www.fr-tul.cz/clanky/histoire-de-france/philippe-auguste-mythe-premier-roi-de-france.html

https://www.fr-tul.cz/clanky/histoire-de-france/1340----edouard-iii-plantagenet--premier-rex-franciae--.html

https://www.fr-tul.cz/clanky/histoire-de-france/1633--annee-terrible--.html

***

- Mythe du premier roi de France : la réponse des sceaux: Natalis de Wailly, 1843...

***

- 1340 : Edouard III, premier Rex Franciae...

- 1633 : année terrible, pour Charles de l'Aubespine et la Lorraine !

- Problèmes numismatique et linguistique

- 1632 : première carte de France ?

- Louis XIII : inventeur de la fabuleuse archéologie mérovingienne.

***

- Philippe II et l'Ordonnance de 1190 : du système féodal vers le système monarchique, l'alliance du roi et de la bourgeoisie parisienne...

- Sitographie et documents

- Philippe Auguste dans l'actualité, 24/04/2016

***

 

Philippe II, premier roi de France ?

  

conquetes_philippe_auguste.gif

Les Gaules sans les Plantagenêts:

La carte du domaine du Roi des Francs et de ses vassaux en 1223

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_II_de_France#mediaviewer/Fichier:Conquetes_Philippe_Auguste.gif

 

Le mythe de la France éternelle voudrait que, sous le règne de Philippe II...

né en 1165 à Paris et décédé en 1223 à Nantes, Philippe II dit Philippe Auguste est le septième roi de la dynastie des Capétiens. Fils héritier de Louis VII et d'Adèle de Champagne, Philippe Auguste reste l'un des monarques les plus admirés et étudiés (sic!) de la France médiévale en raison de sa longueur de règne, de ses importantes victoires militaires ainsi que des progrès essentiels accomplis pour affermir le pouvoir royal et mettre fin à l'époque féodale....

https://www.doc-du-juriste.com/droit-public-et-international/histoire-et-philosophie-du-droit/dissertation/ordonnance-testament-philippe-ii-auguste-organisation-gouvernement-royaume-administration-domaine-480285.html

...« Entre 1150 et 1250 environ, la royauté française s'installe et s'enracine dans ses rites et son idéologie. Le roi des Francs devient le roi de France »

http://www.fdn.fr/~rebours/clovis.htm

 

On observe aussi ce mythe dans la littérature en anglais ou en polonais

King of France, and the first to be called by that title

https://www.wikidata.org/wiki/Q34428

Od panowania Filipa II Augusta tytuł przybrał formę Król Francji (Roi de France)

https://pl.wikipedia.org/wiki/W%C5%82adcy_Francji

 

En colportant cette légende du premier Roi de France, les docteurs et autres professeurs d'histoire font preuve d'un étrange paradoxe dans leur méthodologie. Comme si leur mémoire déclarative se distinguait par son efficience, alors que leur mémoire procédurale demeurerait inerte.

C'est un argument d'autorité, rendu anonyme par l'habitude, qui est implicitement employé.

Plein d'admiration pour un ancien professeur d'histoire, dont la figure structure désormais la propre représentation inconsiente de l'historien, on répète le mythe, sans même s'astreindre à la disicipline de la connaissance directe, issue de la seule étude des documents.

Pourtant, on répète, dans une bel exemple de dénégation, comme indépassable et évident, le principe inébranlable de la méthode expériementale:

"L’histoire ne peut se faire sans documents, et les documents ont tranché : c’est Philippe Auguste (1165-1223). Pourquoi ? Parce qu’il est le premier à être qualifié, dans ses actes officiels des années 1190, de rex Franciae, et non plus seulement de rex Francorum"

http://www.maveritesur.com/laurent-avezou/non-clovis-n-est-pas-le-premier-roi-de-france/671

On peut répondre, autant ironiquement que dialectiquement, à cet aphorisme de la méthodologie expérimentale par trop naïve:

"L'idéologie ne peut se faire sans documents, et les documents ont tranché : c’est Philippe Auguste..."

 

Le document qui donnerait corps à ce changement légendaire de titre, est communément appelé l’Ordonnance-testament de 1190:

qu'il fait rédiger [.] pour organiser la régence [pendant l'absence du roi parti en croisade] considérée comme « la première Constitution de l'histoire capétienne ».

https://www.lhistoire.fr/classique/%C2%AB-philippe-auguste-%C2%BB-de-john-baldwin

Même si des transcriptions peu sérieuses font état de "roi de France",

https://docs.school/histoire-et-geographie/histoire-medievale/dissertation/ordonnance-philippe-auguste-9461.html,

en réalité, ce document, librement disponible en ligne et universellement accessible, ne laisse apparaître nulle part le  titre mythique. Au contraire, il y est fait usage du traditionnel "roi des Francs":

In nomine sancte et individue Trinitatis. Amen. Philippus Dei gracia Francorum rex.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k114540f/f460.image.r=%22testament%20de%20philippe%20auguste%22?rk=42918;4

 

Les "spécialistes" de la version mythologique ne s’accordent vraiment, ni sur la nature du document, ni sur la date exacte de l’apparition supposée du titre Rex Franciae sous le règne de Philippe II Auguste (titre qu'on imagine nécessairement en latin !):

 « d"Alain Derville, né en 1924, agrégé d'histoire, docteur ès lettres, professeur à la Faculté des Lettres puis à l'Université de Lille III dans son livre La société française au Moyen Âge, 2000, p. 264 dit que "dès 1200, Philippe Auguste abandonna le titre de roi des Francs (rex francorum) par celui de roi de France (Rex franciæ)". Marie Thérèse Jones-Davies, professeur à l'Université Paris Sorbonne dans Langues et nations au temps de la Renaissance p. 39, dit que "Cette titulature devint officielle en 1181 lorsque Phillippe-Auguste déclara : Philippus Dei gratia Franciae rex (Philippe roi de France par la grâce de Dieu)". Alain de Benoist dans La ligne de mire, p. 62, dit que : "l'expression rex Franciae n'apparaît qu'au XIIIe siècle sous Philippe Auguste après la défaite de Muret" (le 12 septembre 1213).  »

http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Philippe_II_de_France

Citant Colette Beaune, Naissance de la nation France, les rédacteurs de l'article Francie renforcent encore ce sentiment de confusion générale baignant l'apparition supposée du titre de Roi de France, qui serait le fait de Saint-Louis (Louis IX) :

C’est en 1254 que Rex Francorum laisse la place à Rex Franciæ.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Francie#cite_ref-Naissance_de_la_nation_France_43-2

 

A l'époque de Philippe Auguste:

Il faut cependant relever que les traités et conventions de paix signés entre les vassaux ou alliés et le royaume de France mentionnent sans exception Philippus rex Francorum, Philippe roi des Francs ou des Français, à la différence par exemple de Richard roi d'Angleterre (rex Angliæ – en usage depuis Henri II – 1154 – fils d’Henri Ier, créateur du système Tally Stick). »“

http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_II_de_France

 

Ce désaccord, entre les "spécialistes" et cette constante de la mention du roi des Francs dans les traités diplomatiques, pourrait renforcer cette remarque formulée par Pierre Dortiguier, citant un auteur anonyme des Monumenta Germaniae Historica, à la 10ème minute de sa conférence sur les approches récentistes :

les archives seraient truffées de faux, implantés, d'époque en époque, par des clercs académiques au service du clan encore encore au pouvoir des siècles plus tard (mais n'ayant accès qu'à leurs propres archives "nationles".)

C'est donc sur la base d'archives falsifiées que la légende s'est créée, colportée de génération en génération par des "savants"...peu scrupuleux dans l'étude directe des documents accessibles.

1181-1285 : à partir de 1190, le sceau de Philippe Auguste est gravé de la mention en latin : Rex Franciæ, roi de France1, mais la titulature latine rex Francorum reste par ailleurs en usage jusqu'à la Révolution.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_monarques_de_France#Titres_officiels

référence : Jean-Paul Meyer,Les Fils de L'An 2000 Essai [archive], 1998, p. 61

En effet, cette affirmation des rédacteurs de Wikipédia, reprenant celle de J.P. Meyer et prétendant que le titre de "rex franciae" apparait sur le sceau du roi dès 1190, est en totale contradiction avec l'inventaire des sceaux royaux effectué par Natalis de Wailly dans son article sur une collection des sceaux des rois et des reines de France. 1843. On peut lire à la page 479 de cet article, que les rédacteurs de Wikipédia se gardent bien de référencer  :

Philippe II. Philippus. Di. Gra. Francorum Rex. Au contre sceau une fleur de lis épanouie. 1219

http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1843_num_4_1_451718

 

Le testament de Philippe II, rédigé en 1222, fait toujours mention de "Francorum rex":

http://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/testament-olographe-de-philippe-auguste-donne-a-saint-germain-en-laye_parchemin_1222?force-download=65372

 

Philippe Auguste, de son propre aveu, aura été, jusqu'à sa mort...

 

...Roi des Francs.

che-19-montrond1836chapitre10philippe2.gif

PHILLIPVS DEI GRATIA FRANCORUM REX

Sceau et contre-sceau de Philippe II Auguste
(dessin quelque peu idéalisé d’un manuel de diplomatie de 1759)

http://www.corpusetampois.com/che-19-montrond1836chapitre10.html

 

On pourrait tenter de comprendre cette origine du mythe du premier roi de France dans l'article Fleur de Lis  de l'Encyclopédie. Histoire. Tome I (p.69) :

Comme les rois de France n'ont point eu d'armes avant le XIIème siècle, les fleurs de lis n'ont pu être employées qu'après ce temps-là. Phillipe-Auguste est le premier qui utilisa la fleur de Lis seule au contre-sceau de ses chartres.  

https://books.google.cz/

Cependant, tout comme les deux lions soutenant le roi, la fleur de Lis était déjà bien présente sur le sceau du Roi des Francs au moins depuis le règne de Robert le Pieux vers l'an Mil.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_II_le_Pieux#/media/Fichier:Sceau_de_Robert_II_le_pieux.jpg

Du point de vue de l'hisoitre de la numismatique, c'est à l'époque de Philippe Auguste qu'une partie de la légende est gravée, pour la première fois en français, sur certaines de ses monnaies:

La langue des légendes monétaires royales fut à quelques exceptions près le latin jusqu'en 1789. Seuls quelques deniers de Philippe Auguste (1180-1223) frappés en Picardie et en Artois vers 1190-1200 portèrent le nom de l'atelier en ancien français (Arras, Péronne, Moustereul pour Montreuil-sur-Mer)

http://classes.bnf.fr/franc/nav/droite/dte_chev.htm

Sans doute, le mythe trouve également sons origine dans une volonté de gommer la différence séparant Philippe de Richard, roi d'Angleterre (rex Angliæ depuis le roi Jean, 1199 ou Henri II, 1154 ?), pour mieux souligner les ressemblances entre son ordonnance et celles des Plantagenêts.

Mais plus encore, ce mythe tire certainement sa force dans le jeu qu'il sera fait autour de la fonction de Garde des Sceaux. Inaugurée par Philippe Auguste...

[qui] fit élever Guérin dès 1201 à la dignité de garde des sceaux, chargé de conserver les sceaux et les archives royales, pendant la vacance de la chancellerie, il avait été chargé par le roi de garder la matrice des sceaux royaux, qui permettait de garantir l’authenticité des documents officiels du royaume. Cette tradition a traversé les siècles : l’actuel ministre de la Justice continue de conserver, dans son bureau, la presse servant à établir le sceau officiel de la République, qui date de 1848.

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Garde_des_sceaux_de_France

https://fr.wikipedia.org/wiki/Garde_des_sceaux_de_France#Sous_l'Ancien_R%C3%A9gime

 

...c'est Charles de L'Aubespine, en 1633, qui l'incarnera le plus héroïquement.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_de_L%27Aubespine

 

***

Edouard III Plantagenêt, premier Rex Franciae ?

Dans le contexte de concurrence entre les souverains des deux côtés de la Manche pour le contrôle des Gaules,  c'est Edouard III Plantagenêt, cherchant à se rallier les Flandres au dépend de Philippe de Valois, qui adopte le titre de Roi de France et devient Rex Angliae et Franciae et Dominus Hiberniae (1340). Ses successeurs resteront King of France jusqu'en 1801.

Encyclopédie. Histoire. Tome I. Article Artevelle. p.428

https://books.google.cz/books?id=zokPAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

 

French territory once again became the subject of dispute after the death of the French King Charles IV in 1328. Edward III claimed the French Throne, arguing that it was to pass to him through his mother Isabella, Charles IV's sister. In France, however, it was asserted that the Throne could not pass to or through a woman. Edward III began to use the title "King of France" (dropping "Duke of Aquitaine") after 1337. In 1340 he entered France, where he was publicly proclaimed King. In 1360, however, he agreed to relinquish his title to the French claimant. Though he stopped using the title in legal documents, he did not formally exchange letters confirming the renunciation with the French King. In 1369 Edward III resumed the title, claiming that the French had breached their treaty.

Henry V invaded France, but agreed to the Treaty of Troyes, whereby he was recognised as the Heir and Regent of France, in 1420. He died in 1422, to be succeeded by his infant son, who became Henry VI. Shortly after his accession, Henry VI also inherited the French Throne. By the 1450s, however, England had lost all its territories in France, with the exception of Calais. The claim to the title of "King of France" was nonetheless not relinquished until the creation of the United Kingdom of Great Britain and Ireland in 1801, by which time the French monarchy had been overthrown by the French Revolution.

https://en.wikipedia.org/wiki/Style_of_the_British_sovereign#English_sovereigns

 

Dans l'appareil critique accompagnant sa traduction de La Nouvelle Atlantide de Francis Bacon (Flammarion, Paris. Pp.139-140), Michèle Le Doeuff résume  la pomme de discorde franco-anglaise plus connue sous le nom de "loi salique."

En effet, depuis le XIVème siècle, les Anglais assurent que cette "loi" (qui stipulerait que "in terram salicam mulieres non succedant", que les femmes sont exclues de la succéssion de "la terre salique") s'applique seulement au canton de Sale, ou à une vieille ville du Rhin nommée Salem, ou à une région d'Allemagne située entre l'Elbe et la rivière Sala (Saale) - en tous cas pas à la France: car, si elle ne vaut que pour cette "terre salique", alors la prétention des souverains anglais à la couronne de France est légitime, Edouard III d'Angleterre étant petit-fils de Philippe IV de France par sa mère.

On comprend qu'en Angleterre personne ne se lasse de situer cette "terre salique" nimporte où, sauf en France. Au temps de Bacon (1562-1626), la question n'a pas perdu tout son relief : Jacques Ier puis son fils portent le titre de roi de Grande Bretagne et de France.

En 1600, Shakespeare (Henri V, I, 2) a donné un exposé magistral de ce point juridico-géographique : "il est clair comme le jour en été" que Henri V, héros de la pièce,  est roi de France. Sir Henri Wotton revient sur ce sujet: c'est une loi locale, applicable à la seule ville de Salem, et qui n'a jamais valu pour la France, ce que déjà un duc de Bourgogne a crié haut et fort, quand Philippe dit Le Long a été créé roi de France alors que le royaume aurait du revenir alors à Jeanne, fille de Louis le Hutin...Dans ses Apophtegmes, Bacon suit Hall, un auteur du milieu du XVIème siècle, et dit que la loi salique est tout simplement "une fiction" (Sp. t. VII, p. 151). Hall disait une fiction inventée pour priver les Anglais de leurs justes droits sur la France. 

***

1633, année terrible !

pour Charles de l'Aubespine et la Lorraine !

 

Il semble alors plus prudent de considérer que le changement de titre se soit effectué beaucoup plus tardivement que 1222.

L'hypothèse Saint-Louis, évoquée par Claudette Beaune, ne trouve sa confirmation ni dans la légende du sceau, ni dans celle de la monnaie royale (notamment l'écu d'or frappé en 1266) qui font usage du traditionnel Francorum Rex.

 

D'après l'inventaire de Natalis de Wailly,

Natalis de Wailly. Sur une collection de sceaux des rois et des reines de France.. In: Bibliothèque de l'école des chartes. 1843, tome 4. pp. 484-485.

doi : 10.3406/bec.1843.451718
https://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1843_num_4_1_451718
Consulté le 31 août 2020

ce titre de  Francorum Rex, dont il est  encore fait mention par le sceau royal jusqu’en 1633, ne sera définitivement abandonné que par Louis XIII:

 

Passant pour l'une des figures les plus énigmatiques de la royauté française...

 

https://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-xiii/

...l'existence de son mystérieux Garde des Sceaux, au destin digne d'un roman de Stendhal, brille pourtant de son absence dans certaines mémoires de la narrative:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Garde_des_sceaux_de_France#Sous_l'Ancien_R%C3%A9gime

 

Louis XIII. LUDOVICVS XIII DEI GRATIA FRANCOR"Vm REX Au contre-sceau, l'écu de France, timbré d'une couronne et supporté par deux anges assis. 1616.

https://www.persee.fr/docAsPDF/bec_0373-6237_1843_num_4_1_451718.pdf

Ce problème des sceaux de Louis XIII, plonge dans l'embarras, inconsciemment (?), les sigillographes professionnels. Alors que les sceaux de la première époque sont parfaitement décrits...

 I - [1612 - 1627]

Le roi est assis sur un trône, sous un pavillon fleurdelisé dont deux anges écartent les courtines. Ses pieds reposent sur deux lions couchés dos à dos sur une estrade. Il porte une couronne sommée d’une fleur de lis et un manteau. De la main droite il tient un sceptre terminé par une fleur de lis et de la gauche une main de justice. Un cartouche situé à ses pieds porte la date de 1610.

Légende théorique: 
[LVD]OVICVS XIII [DEI GRA]CIA (un point) FRANCORV[M REX]
Langue de la légende: latin

http://www.sigilla.org/fr/sgdb/sceau-type/12864

... les sceaux de la seconde époque (dont la datation diffère de celle établie par Natalis de Wailly) pourraient passer pour des objets non indentifiés par les observateurs, qui malgré toute leur compétence, restent victime d'un inconscient historique non psychanalisé, les poussant à confondre le latin et le français !
 
II - [1621 - 1628]
Le roi est assis sur un trône, sous un pavillon fleurdelisé dont deux anges écartent les courtines. Il porte une couronne sommée d’une fleur de lis et un manteau. De la main droite il tient un sceptre terminé par une fleur de lis et de la gauche une longue main de justice. (Les deux lions ont disparu ?)
 
Légende théorique: […] DIEV (un point) RO[…]
Langue de la légende: latin (sic !)
http://www.sigilla.org/fr/sgdb/sceau-type/12865

 

D'une manière générale, la précision des descriptions et des catégorisations ne semble pas être le premier souci des rédacteurs du site Sigilla.org, (tout comme le premier Louis XIII, François Ier, FRANCORVM . REX, y est aussi référencé comme Roi de France...déterminer la date du changement, Roi des Francs / Roi de France tel qu'elle apparait dans la catégorisation employée par Sigilla.org, relêve d'une psychanalise de la connaissance historique)

 

L'inventaire de Natalis de Wailly nous donne une légende complète :

Louis XIII. LOVIS XIII PAR LA GRACE DE DIEV ROY DE FRANCE
et de Navarre. Dans le bas du sceau on lit : 1633.

https://www.persee.fr/docAsPDF/bec_0373-6237_1843_num_4_1_451718.pdf

 
Sans pour autant remarquer la nouveauté de la titulature, le site HeraldicAmerica ne manque pas de confirmer la nouveauté de la langue :
 
pour la première fois en français sur un sceau royal LOUIS XIII PAR LA GRACE DE DIEU ROI DE FRANCE.


http://pages.infinit.net/cerame/heraldicamerica/etudes/louis13.htm

 

Quels documents "historiques" viendraient soutenir l'idée d'une existence du tire de Roi de France avant 1633 ?

 

Les problèmes numismatique et linguistique

Effectivement, l'étude des monnaies royales mène églement à des résutats qui, même renvoyant à une époque assez proche, ne pointent pas directement sur cette date fatale de 1633.

Je n'ai pas encore réussi à trouver de monnaie de Louis XIII portant une légende en latin du type Francorum Rex. En général, il est fait mention, en français, du Roi de France comme le montre ce double tournois daté de 1616: 

LOVS XIII . R . DE . FRAN . ET . NAVA . A .

LOUIS XIII . Roi . DE . FRANCE . ET . NAVARRE . Atelier de Paris

https://www.saivenumismatique.fr/monnaies_r1/monnaies-royales-francaises_c49/louis-xiii-1610-1643_p189/g-5-double-tournois-buste-enfantin_t2767/1613-a-ttb_article_9549.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ateliers_mon%C3%A9taires_fran%C3%A7ais

Du point de vue de la numismatique, c'est sous le règne d'Henri IV (roi de Navarre en 1572 et de "roi de France" de 1589 à 1610) que le changement, autant linguistique que titulaire, se laisserait observer. La légende de cet écu d'argent, frappé à La Rochelle et daté de 1590, utilise encore le Rex latin:

HENRICUS . IIII . D . G . FRANC . ET . NAVAR . REX .

HENRI . IV . DEI . GRACIA . FRANCORUM . ET . NAVARRAE . REX .

http://www.comptoir-des-monnaies.com/product_info.php/coin-henri-iv-14-ecu-1590-la-rochelle-vf3035-silver-sombart-4686-p-491407

Ce double tournois, en cuivre et daté de 1603, porte une légende en français désigant le Roi de France:

HENRI . IIII . R . DE . FRAN. ET . NAVA . A (inversé) .

HENRI . IV . ROI . DE . FRANCE . ET . NAVARRE . ATELIER DE PARIS .

http://www.comptoir-des-monnaies.com/product_info.php/henri-iv-double-tournois-p-30644

Notons cependant que le principe d'économie ne semble pas avoir été le guide directeur des graveurs de la légende. En place d'un A. facilement identifiable, ils ont préféré recourir à la mention complète Atelier de Paris. D'autre part, le traditionnel par la grâce de Dieu y est absent.

Ce principe d'économie dans la légende est en revanche parfaitement respecter par le célébrissime Louis d'or, monnaie frappée pour la première fois par...Louis XIII à partir de 1640 !

louis_xiii_gold.jpg

https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_(monnaie)#Louis_XIII_(1610-1643)

Le tableau présentant l'évolution de la contre-partie en or de la livre Tournois montre que sans attendre 1640, la période de stabilité monnétaire commença peu après 1633:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_(monnaie)#/media/Fichier:Contre_valeur_en_or_pur_de_la_Livre_Tournois.jpg

 

En plus de ces étrangetés numismatiques, que pensez de cette autre incohérence concernant l'ordonnance de Villers-Cotterêt (1539) sur l'usage du français et des langues maternelles du royaume en lieu et place du latin dans les décisions de justice et d'administration ?

Alors que dans le préambule, le législateur François Ier y prend le titre de Roy de France, il devra nécessairement authentifier son document et lui confèrer autorité en y applicant son sceau...en latin ...mentionnant le quasi éternel...

...FRANCORVM . REX.

http://www.sigilla.org/fr/sgdb/sceau-type/2729

***

Malgré l'existence de ces documents, antérieurs à 1633 et qui auraient le don de plonger l'observateur dans une certaine perplexité, d'autres éléments désignent néanmois cette date comme une année charnière.

 

L'article Altesse royale (Encyclopédie. histoire.Tome I. Article Altesse royale. 1784. p.7) confirme qu'à cette date, on observe un changement général dans les usages des titulatures.

Altesse Royale : l'usage de ce titre commence en 1633.

https://books.google.cz/books?

 

On observe aussi un changement dans les usges des géographes.

Logiquement, sans Roi de France, il n'y a pas de France, mais des Gaules définies par Jules César.

 

La preuve par les cartes :

Source:

[Cédric-François] La Gaule a disparu il y a 3 siècles [SciencesCeFrLe]

от Седрик-Франсуа Леклерк

на Rutube.

Nova Totius Galliae Descriptio d'Oronce Finé (1538) :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Oronce_Fine#/media/File:UBBasel_Map_1538_Kartenslg_AA_123.tif

Nova Totius Galliae Descriptio de Gérard De Jode (1578) :

http://alteagallery.com/stock_detail.php?ref=15515&search=subject

Typus Orbis Terrarum d'Abraham Ortelius (1570) :

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/98/1570_Typus_Ortelius_mr.jpg

Gallia de Gerard Mercator (1589):

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b77114276

 

Nova Totius Geographica Regni Galliae Descriptio, d'Isaak Verbiest (1628):

sur cette carte d'avant 1633, Louis XIII apparait encore comme Roi des Gaules et de Navarre.

Ledovicus XIII D. G. Gallia et Navarrae Rex Christ

http://www.sothebys.com/en/auctions/ecatalogue/lot.71.html/2014/travel-atlases-maps-natural-history-l14401

 

Même si le moine Robert Gaguin en 1485 semble avoir ouvert la voie à l'assimilation entre la Gaule et la France moderne, c'est bien au plus tôt sous le règne de Louis XIII, que l'ancienne Gaule des rois des Francs disparait définitivement des cartes:

 

Charte de la France de François de La Guillotière : (1613)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b7200263k

Carte géographique des postes qui traversent la France : dédiée... / [par N. Sanson d'Abbeville] (1632)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8490759k/f1.item.zoom

***

Un premier roi de France, usant d'une nouvelle titulature, frappant une nouvelle monnaie et inaugurant une nouvelle période de stabilité monétaire, garantissant l'immuabilité d'une nouvelle langue, grâce à la nouvelle Académie Française qu'il fonde en 1635, prendra sans doute grand soin de donner un nouveau nom au territoire sur lequel il étend son aurorité.

Ces synchronicités des usages, qui s'imposent à l'esprit dans leurs logiques causales, poussent naturellement à se demander si une ordonnance ou une monnaie ornée d'une légende se référant à un Roi de France avant 1633, ne serait pas un faux.

Il n'est surtout pas à exclure que le second Louis XIII lui-même, soit à l'origine de la diffusion des premiers faux.

***

Adoptant une stratégie comparable à celle mise en oeuvre par Henri III premier Rex Franciae, afin de revendiquer la Lorraine et d'y affirmer son autorité, le Francorum Rex, devait se parer d'une nouvelle légitimité sur les territoires du nouvel Etat.

Mais pour accomplir ce coup d'Etat / coup d'éclat diplomatique, le futur Roi de France requerrait la complicité, de gré ou de force, du Garde des Sceaux, garant de la matrice des anciens sceaux royaux qu'il fallait physiquement détruire et effacer des mémoires.

 

Le contexte du changement :

Marie-Catherine Vignal Souleyreau résume la séquence de la narrative autour de 1633:

L’année 1633 est marquée par d’indéniables progrès diplomatiques et territoriaux, grâce auxquels Richelieu dote le monarque d’ambitions spatiales à la mesure de la tâche accomplie depuis 1624. Son autorité bien assise, il entend assujettir les duchés de Lorraine et de Bar et imposer sa médiation aux protagonistes de la guerre de Trente ans. Tandis que les sceaux, enlevés au marquis de Châteauneuf, sont attribués à Pierre Séguier, le marquis de Feuquières impose l’arbitrage de la France à la ligue d’Heilbronn. La création du parlement de Metz, la prise de Nancy et le traité de Charmes débouchent sur la saisie féodale du Barrois et sur l’occupation provisoire des États du duc Charles IV.

https://www.researchgate.net/publication/281972033_Richelieu_a_la_conquete_de_la_Lorraine_correspondance_1633

 

Le 15 janvier 1633 - Création du Parlement de Metz par Edit royal

 

http://www.kronobase.org/chronologie-categorie-Louis+XIII+de+France.html

 

Le 25 février 1633 - Le garde des sceaux Charles de L'Aubespine est emprisonné pour trahison (accusé d'espionage au profit de Charles IV de Lorraine.) Louis XIII lui reprit les sceaux le 25 février 1633. Les sceaux seraient confiés à Séguier (surnommé Châteauneuf) le 28 février 1633.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_de_L%27Aubespine

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_S%C3%A9guier

Charles de L'Aubespine avait été nommé Gardes des sceaux en 1630 après la Journées des Dupes.

http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/L_Aubespine.pdf

https://gw.geneanet.org/arnac?lang=fr&n=de+l+aubespine&oc=0&p=claude

Devenu suspect auprès du cardinal de Richelieu après le procès des maréchaux de Marillac et de Montmorency, il rendit les sceaux le 25 février 1633, fût arrêté et conduit au château d'Angoulême où il demeura dix ans prisonnier. Les sceaux lui fûrent rendus en 1650, il les garda jusqu'en 1651 qu'il se retira des affaires.

On n'a pas su bien certainement les causes de sa disgrace.

Encyclopédie méthodique  : histoire. 1784. p.473

https://books.google.cz/books?

 

On peut sans doute éclairer ces obscurités des causes historiques par l'hypothèse d'un coup d'état mené par Louis XIII.

Il ne pouvait mener à bien son projet, sans exiger de leur Garde, la remise des Sceaux. Faute d'être complice, Charles de L'Aubespine se montra fidèle à sa fonction et à l'Etat qu'il servait. Les garants de la continuité des intérêts de l'Etat finirent par l'en remercier. Il fut libéré à la mort du second Louis XIII, en 1643, et rétabli dans ses fonctions en 1650/51.

 

1633 - Le duc de Lorraine entra en Lorraine avec une armée et s'empara de Nancy par capitulation.

Trésor de numismatique et de glyptique. 1836

https://books.google.cz/books

1633 - En septembre, les troupes françaises envahirent pour la troisième fois le duché de Lorraine pour y rester jusqu'en 1637

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_IV_de_Lorraine

 

1633 - LOUIS XIII - PREMIER ROI DE FRANCE ?

sceau-de-louis-xiv.jpg

Le fils reposant sur deux lions couchés dos à dos - 1643

https://sceau.hypotheses.org/592

 

***

 

Toujours à la même époque, Louis XIII "restaure" le tombeau de Clovis, invente l'archéologie mérovingienne et inaugure la narrative de la fabuleuse dynastie :

http://www.fr-tul.cz/clanky/histoire-de-france/Clovis-byzantine-rex.html

 

***

 

Conclusion (?) :

En plaçant ce changement de titre sous le règne de Philippe Auguste par une narrative officielle postérieure, on prétend ainsi perpétuer une tradition imaginaire de l'unicité de l'Etat. Le nouveau et premier Roi de France devait légitimer, par une tradition reconstruite de toutes pièces, son Coup de force mené au dépends de la noblesse.

(L'analyse "récentiste" et "nationaliste" de Fomemko et Nosovskiy, s'appuyant notamment sur la biographie d'Anne de Kiev et de l'évangéliaire de Reims, suppose que c'est un nouvel Etat libéré du joug "russe" que cherche à légitimer le nouveau Roi de France - Mais cette invention "récentiste" de Fomemko, dûment observée dans les problèmes astrophysiques soulevés par Robert Newton, et une fois psychanalysée de la paralaxe nationale de la lecture de l'histoire, ces inventions de dynastéries antérieures, pourrait aussi s'interpréter, comme une volonté d'oubli de la France des Maures)

En terme de luttes de classes, le nouveau rapport de force, instauré par Philippe Auguste, marque un conflit entre le roi, allié de la Bourgeoisie, et les autres clans constituant la puissance de la noblesse.

Dans la narrative, cette nouvelle politique venait continuer celle menée par d'Henri IV et Sully, qui commencèrent à donner une unité économique au royaume.

Louis XIII allait lui donner une nouvelle unité autant linguistique que titulaire à la province qu'il avait fait renommer pour l'occasion. Il légitimera son coup de force de 1633 grâce aux inventions de sa nouvelle archéologie mérovingienne.

Autant qu'en recourant aux récits folkloriques et légendaires, de-là l'histoire, le pouvoir tire toujours du fictif la figure de nouveaux ancêtres...

prétendus historiques...

...et de longue date.

 

***

 

L’héritage de Philippe Auguste

et l'Ordonnance-testament de 1190 : contre le féodalisme

 

Ordonnance Testament de Philippe II Auguste sur l'organisation du gouvernement du royaume et l'administration du domaine royal, 24 juin 1190

Thèmes abordés

Philippe II Auguste, testament, administration du domaine royal, Capétiens, Louis VII, pouvoir Juridique, système judiciaire, baillis, règlementation ecclésiastique, élections ecclésiastique

Résumé du document

« PHILLIPVS DEI GRATIA FRANCORUM REX » est l'inscription qui entoure le sceau de Phillippe II le désignant par la grâce de Dieu roi des Francs Né en 1165 à Paris et décédé en 1223 à Nantes, Philippe II dit Philippe Auguste est le septième roi de la dynastie des Capétiens. Fils héritier de Louis VII et d'Adèle de Champagne, Philippe Auguste reste l'un des monarques les plus admirés et étudiés de la France médiévale en raison de sa longueur de règne, de ses importantes victoires militaires ainsi que des progrès essentiels accomplis pour affermir le pouvoir royal et mettre fin à l'époque féodale.

Sommaire

  1. Un roi prévoyant assurant la primauté du pouvoir Juridique

    1. Une répartition du pouvoir calculée

    2. Une refonte du système judiciaire 

  2. Nouvelles règlementations et organisations assurant la pérennité du royaume

    1. Une organisation financière dicté

    2. Une nouvelle règlementation ecclésiastique au seins du domaine royal

 

https://www.doc-du-juriste.com/droit-public-et-international/histoire-et-philosophie-du-droit/dissertation/ordonnance-testament-philippe-ii-auguste-organisation-gouvernement-royaume-administration-domaine-480285.html

 

Elle peut passer pour une première ébauche de constitution, elle fixe les règles de conduite des affaires du royaume pendant l’absence du roi parti en croisade.

« Les mesures édictées dans ce texte, et renforce considérablement les moyens de contrôle de l’administration royale dans le domaine, devaient être provisoires. Mais Philippe Auguste se garda bien de les abroger à son retour de la Croisade en 1192. Elles furent néanmoins difficiles à imposer, d’autant plus que l’expansion spectaculaire du domaine royal sous son règne rendit beaucoup plus vaste, en quelques années, le territoire à administrer. Le renouvellement de ces prescriptions par saint Louis en 1254 témoigne d’une application imparfaite, et en particulier de l’essor de la corruption chez les baillis et les prévôts. Mais le fait que l’ordonnance de 1254 s’applique à tout le royaume – l’ensemble des territoires des vassaux du rois (ndlr) - hormis la Bretagne et l’Aquitaine témoigne aussi du fait que les mesures de Philippe Auguste constituèrent un outil efficace pour accroître le pouvoir royal, qui se place à la veille de ses premiers grands succès. »

http://dreillard.vip-blog.com/vip/article/3129797,Ordonnance-%E2%80%93-testament-de-Philippe-Auguste.html

 

Paris – capitale de la France – fait construire le mur d’enceinte. Transfert le trésor royal de l’île de la Cité au Temple (rive droite – ordre des Templiers) - Philippe Auguste bâtit un système comptable et fiscal, ancêtre de la Chambre des Comptes, où les agents royaux venaient trois fois l’an déposer les revenus de la Couronne. Les Comptes sont contrôlés par 6 Bourgeois de Paris (1190).

Accroissement (multiplié par 5) la surface du domaine royal.

Mène une lutte acharnée contre les Anglais (Plantagenêt: Richard Coeur de Lion – Jean sans terre) et l’empereur Barberousse (Bouvines 1214)

1182 - Expulsion et confiscation des biens des juifs.                

– 1208-1229 – Innocent III - Croisade contre les Albigeois Arnaud Amaury, le légat du pape, à qui on demandait comment différencier les cathares des bons catholiques de Béziers pour les épargner, déclara « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les Siens. » - Sylvain de Montfort (1202 : 4ème croisade des Vénitiens vers Constantinople)

 

L’administration judiciaire – La justice du Roi supérieure à la justice des Seigneurs

1195/1201 - Inaugure la fonction de « garde des sceaux » (toujours en usage aujourd’hui – ministre de la justice), chargé de la garde des textes législatifs et des divers décrets promulgués par le roi.

La fonction de garde des sceaux fut créée par Philippe Auguste. Le , Philippe Auguste affronte Richard Cœur de Lion aux abords de la forêt de Fréteval (près de Vendôme). Richard lui inflige une cuisante défaite, à l'issue de laquelle le roi de France perd ses équipages, son trésor et ses archives. Philippe Auguste fut contraint de reconstituer ses archives et confia cette mission à frère Guérin, qui créa le trésor des Chartes où furent déposés à partir de 1195 les registres et archives particulières de la couronne royale. Philippe Auguste fit élever Guérin dès 1201 à la dignité de garde des sceaux, chargé de conserver les sceaux et les archives royales, pendant la vacance de la chancellerie ; il obtiendra le titre de chancelier en 1223, sous Louis VIII.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Garde_des_sceaux_de_France#Sous_l'Ancien_R%C3%A9gime

Cas royaux. — On appelait cas royaux les crimes ou délits (le meurtre, le rapt, l'homicide et la trahison.) dont la connaissance était réservée aux magistrats royaux. Les baillis eurent soin de les multiplier pour annuler les justices seigneuriales.

(Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France

Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899 cité par http://www.blason-armoiries.org/institutions/c/cas-royaux.htm)

 

L’administration des finances

« Les historiens admettent que les premières mesures d'organisation des finances datent du règne de Philippe Auguste. »

« Le roi innova financièrement pour accroître les rentrées du trésor. Il supprima beaucoup de prestations et de corvées, de livraisons en nature. Il affranchit même certaines villes du service d'Ost. Il mit en place des taxes fixes au rendement plus prévisible permettant ainsi l'établissement d'un véritable budget. »

http://fiscafrance.free.fr/phil_augus.htm

En nommant des officiers chargés de la collecte de impôts, Philippe Auguste reprend le contrôle sur les finances sur les prévôts qui jusque là jouissaient d’une large indépendance puisqu’ils achetaient leur charge.

« Les receveurs généraux et les receveurs particuliers des finances, chargés de la collecte de la plupart des impôts directs sont titulaires d'un office. Nommé par le roi, "l'officier" est révocable : son pouvoir, qu'il détient du roi, est limité dans le temps et dans l'espace. »

http://fiscafrance.free.fr/dates_02.htm

 

Le trésor du temple : Le roi part en Palestine, qui va surveiller le trésor royal (constituer par les impôts féodaux) pendant son absence ? Les Bourgeois de Paris !

L’ordonnance de 1190, inspirée elle aussi par la croisade, commande que les revenus soient portés au Temple de Paris trois fois par an. Il est aussi dit que Adam, un clerc royal, chanoine de Noyon, est instruit d’avoir à enregistrer les comptes ainsi rendus.

Dans l'ordonnance il est écrit : « Chaque receveur aura ses clefs des caisses où est déposé notre avoir au Temple, et que le Temple en ait une ». Ce sont les six bourgeois dont nous avons parlé précédemment (T.A.E.R.B.N), assistés de Pierre le Maréchal, et non les régents qui sont chargés de contrôler les comptes financiers trois fois par an au Temple. Chacun d’eux possèdent les clés des coffres où l’argent est entreposé, plus une clé du Temple. À partir de cette date et jusqu’à sa suppression au XIVe siècle, le Temple sera le seul Trésor royal.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ordonnance-Testament_de_1190#La_renonciation_aux_aides_pour_la_croisade

 

Dans le système féodal de la vassalité, les impôts sont irréguliers, ils varient selon les circonstances ; Le vassal doit aussi assurer une aide financière : l'aide aux 4 cas (en France et Angleterre) ; le vassal doit donner de l'argent ou des cadeaux à son seigneur lorsqu'il marie sa fille aînée, lorsqu'il adoube son fils aîné, lorsqu'il part à la croisade et lorsqu'il est fait prisonnier et qu'il doit une rançon.

Le roi en tant que suzerain, possède essentiellement une autorité militaire sur ces vassaux. Ces derniers sont contraints de lui fournir une aide financière dans certains cas particuliers : pour constituer une dot lors du mariage de sa fille, assurer les frais de la cérémonie d’adoubement de ses fils, préparer les croisades (dîme Saladine – 3ème croisade de 1189), et éventuellement payer la rançon permettant de libérer le roi fait prisonnier.

Les vassaux sont également soumis au devoir de conseil. Le vassal peut devenir plus puissant que le suzerain, ce qui entraîne des conflits que le système féodal de vassalité ne sait pas régler (exemple des Plantagenêt et des Capétien)

 

Le système féodal et la vassalité

Les seigneurs n’entretiennent pas entre eux une relation égalitaire, mais constituent une structure hiérarchique dans laquelle ils se définissent en tant que « suzerain » et « vassal ». Cette relation de vassalité engage des individus entre eux qui se prêtent serment l’un à l’autre.

« Le contrat peut se résumer à l'auxilium, c'est-à-dire l'aide, et au consilium, le conseil (et non "concilium").

Les devoirs du vassal envers son seigneur sont d'abord des interdictions : le vassal ne doit pas nuire à son seigneur, à sa famille et à ses biens. Obligations somme toute assez vagues.

Le vassal doit l'aide militaire à son seigneur : lorsque celui-ci est attaqué, le vassal doit venir avec ses armes pour le défendre. Le vassal est aussi chargé de la garde du château (estage) et de l'escorte de son seigneur. Quand le seigneur attaque un autre, le service militaire (ost) ou (host) est limité à 40 jours. Mais le vassal reste évidemment aux côtés de son seigneur si le conflit dépasse cette durée. Il sera dédommagé en argent au-delà de 40 jours de combat.

Enfin, le vassal est astreint à fournir des conseils à la demande de son seigneur : il doit participer aux assemblées féodales, aux cours de justice du seigneur ainsi qu'aux fêtes liturgiques. L'ensemble des vassaux d'un seigneur est ainsi soudé par ces temps forts. »

« Les dépenses du vassal sont donc considérables : il doit acheter et entretenir un cheval et des armes ; il doit pouvoir se nourrir et assurer un certain genre de vie. C'est pour répondre à ces exigences que le seigneur peut donner un fief à son vassal. Ce fief est en général une terre qui rapporte des revenus au vassal (redevances). Le fief est pris sur les terres ou les revenus du seigneur.

Le seigneur doit également protéger son vassal contre les ennemis que ce dernier pourrait avoir et lui rendre bonne justice. »

http://fr.wikipedia.org/wiki/Vassalit%C3%A9

La féodalité constitue « un système politique dont l'autorité centrale partage dans les faits le pouvoir souverain avec des principautés, des fiefs ou des fédérations, gouvernés par des seigneurs. »

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9odalit%C3%A9

 

Du système féodal vers le système monarchique

«Le roi ne doit prêter hommage à personne. Ducs, comtes, vicomtes, barons peuvent se prêter hommage entre eux, mais pas le roi envers eux. Châtelains, vassaux, citoyens et vilains sont soumis à ceux que nous avons nommés ci-dessus et tous sont sous la main du roi.»

Source : Anonyme, Livre de justice et de plet, I, 16, 1, vers 1260.

 

1214 la bataille de Bouvines :

 

Pour la première fois, chevaliers et milices communales unies derrière leur roi,  combattent ensemble sous la même bannière

«Pendant ce temps arrivèrent avec la bannière de Saint Denis les légions des communes qui s’étaient avancées presque jusqu’aux maisons. Elles accoururent le plus promptement possible vers l’armée du roi où elles voyaient la bannière royale qui se distinguait par les fleurs de lys(…). Les communes étaient donc arrivées, principalement celles de Corbeil, d’Amiens, de Compiègne, de Beauvais et d’Arras. Elles pénétrèrent dans les bataillons des chevaliers et se placèrent devant le roi lui-même.»

Source : Guillaume Le Breton [chapelain du roi de France, présent lors de la bataille], La Philippide[Vie de Philippe Auguste], XIIIesiècle.

http://www.clg-montesquieu-evry.ac-versailles.fr/IMG/pdf/Feodaux_souverains_premiers_Etats.pdf

 

***

Philippe auguste dans l'actualités :

Paris - Archéologie : la découverte qui embarrasse l'Institut de France

Des travaux ont permis de découvrir une nouvelle tour de l'enceinte de Philippe Auguste.

Modifié le - Publié le | Le Point.fr
La découverte d'une nouvelle tour de l'enceinte de Philippe Auguste (fin du XIIe siècle) est un événement suffisamment rare pour être célébré. Habituellement, quand l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) effectue ce genre de fouille, elle convie la presse pour fêter l'événement. Mais, dans le cas présent, silence total. C'est en passant par hasard rue Mazarine, où un panneau plaqué contre un bâtiment de l'Institut de France indique l'existence de la fouille, que nous avons découvert le pot aux roses.

 

http://www.lepoint.fr/culture/paris-archeologie-la-decouverte-qui-embarrasse-l-institut-de-france-24-04-2016-2034529_3.php#

 

***

Sitographie et documents :

Sur une collection de sceaux des rois et des reines de France.

Natalis De Wailly - Bibliothèque de l'École des chartes -1843
https://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1843_num_4_1_451718
 
L'ordonnance-testament de 1190
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k114540f/f460.image.r=%22testament%20de%20philippe%20auguste%22?rk=42918;4
 
L'ordonnance de Villers-Cotterêt (1539):
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8609556f

Le collège Montesquieu d'Evry produit un document très riche, présentant de nombreux sceaux royaux, tous font mention du "Roi des Francs" : Francorum Rex :

http://www.clg-montesquieu-evry.ac-versailles.fr/IMG/pdf/Feodaux_souverains_premiers_Etats_-_II.pdf

Des cartes montrant l'expansion du domaine royal :

http://www.ac-grenoble.fr/college/heyrieux.prevert/guppy/img/HG/royaume/pouvoir_royal.html

Françoise Gaspari. L'écriture des Actes de Louis VI, Louis VII et Philippe Auguste. p.74

https://books.google.cz/books?id=HRWdw689SeQC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

L'article Roi de France sur Wikipédia:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Roi_de_France

L'article Francie sur Wikipédia:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Francie

 

Première mise en ligne : 18/11/2012

Dernière mise à jour : 22/09/2020

 

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